22/01/2013
Les échelles de l’ambassade américaine ?
Frasques à Tunis
Samedi matin à El Menzah V. Quelle surprise ce matin ! Je croyais voir ou entrevoir les échelles de l’ambassade américaine. Ces horribles échelles de la honte qui ont osé affronter la forteresse US au nez d’une police absente !

Non, ce n’est pas l’ambassade des USA aux Berges du Lac de Tunis.
Nous sommes dans un grand carrefour bordé de trois cafés huppés. Les berlines et limousines rivalisent de la série 160 à la série 163… et le monde parait merveilleux avec cette jeunesse en week-end qui vit sa joyeuse vie matinale.
En sortant de mon petit café habituel, où m’attend mon eternel capuccino, je découvre brutalement une énorme villa blanche, au fond de la place. La villa est si vaste qu’elle ouvre sur deux rues perpendiculaires…. Et là, au vu et su de tous les passants : un homme sur une échelle adossée au mur, haut de 3 mètres, de la belle villa.
Caramba ! Mais que fait-il ?
Sous l’échelle des petits projectiles s’entrechoquent et viennent se regrouper dans un vaste drap blanc !
Waw, la guerre du Mali ou la raffinerie algérienne de In Amenas font-elles des adeptes à Tunis ?
J’avoue ne rien comprendre, car la tête de l’homme-Sur-Echelle est complètement enfouie dans un gros arbre du jardin.
Je change de direction et m’approche du lieu de la tuerie aux projectiles verts et noirs…
Comme si de rien n’était, l’intrus continu sa sinistre besogne… à lâcher des projectiles des deux mains en les envoyant sur le drap blanc au sol…
S’il était le jardinier de cette belle demeure, son échelle serait à l’intérieure de la villa. Mais, là, comme un voleur qui n’a pas froid aux yeux il continu sa triste besogne.
Du coup, je m’empresse à constater les faits et à prier Bouddha pour trouver le Maître de céans !
A la rue perpendiculaire, juste face à Attijari Bank, une porte verte et une sonnette blanche avec interphone…
- « Qui c’est ? »
- « Euh… excusez-moi de vous déranger Jeune Dame, je me nomme XYZ et je souhaiterai vous parler ! »
- « Dites-moi cela par interphone ! »
- « Non je souhaiterais que vous veniez 30 secondes à la porte SVP ! »
Au bout de deux longues minutes la porte s’entrouvre. Un gros bonnet de fine laine rouge et des lunettes blanches. Le visage de l’octogénaire est souriant….
- « Monsieur, tout ce mur qui tourne est bien à vous et les arbres aussi ? »
- « Certes, c’est ma maison ! »
- « Est-ce que votre jardinier a une échelle noire tenue par des dizaines de ficelles et qu’il travaille dehors ? »
- « Oh non ! mon jardinier est absent depuis belle lurette »
Je prends le petit vieux par la main et lui fait faire le tour de sa maison. Arrivés au pied de cette sacrée échelle (non US) je ne peux m’empêcher de crier au Gugus, de descendre de suite de son échelle et de s’expliquer….avec le propriétaire de la maison devenu tout pâle et blanc !
-« Oh, mais je ne fais que cueillir quelques dizaines de kilos d’olives ! »
Non, ce n’est pas la Somalie… Mais Dieu ce qu’on peut s’y rapprocher hélas !
18:23 Publié dans EDITOS ET DIVERS | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
14/01/2013
Entre deuil et déception : 14/01
Silence on tourne !
Brûler et saccager les temples du pays dogon au Mali et un si glorieux mausolée à Sidi Bousaïd relève d'une même facture et d'une même main Noire qui tue! Silence on tourne !

Le wahhabisme poussé par le Quatar et l’Arabie Saoudite et de surcroit encadré par les US ne peut que saccager nos civilisations et nous enfoncer au cœur du 14e siècle.
A nouveau il n y a que deux remèdes
1/ Union de la société civile en un front commun contre l'obscurantisme. Rapidement !
2/ Que l'UE, tout comme la France commencent à AVOIR et à PRENDRE LE COURAGE de contrer les Piovras de ces abîmes infestes et vils !
La France, qui fut si longtemps... colonisatrice de l'Afrique, deviendra-t-elle le Libertador de ce continent pour assurer ses propres rivages, sa sécurité et ... son devoir ?
La France a accepté aujourd'hui "le sale boulot", certes gagnante sur certains plans, mais ici remerciée de vouloir ENFIN freiner l'avance lugubre de la Piovra sanguinaires qui prend pignon sur rue!
Le 10 millions d'armes parachutées sur la Libye (BhlBenSarko) sont hélas en train de paraître au grand jour et à semer Mort, Haine et désarroi !
En Tunisie, hélas, c’est lugubre.
Dans ce sens, que préparés pendant 30 ans Ils ont su affronter, arranger et gagner des élections avec à peine ¼ de la population en droit de voter.
Aujourd’hui, deux ans après, aucune force démocratique et libérale ne s’est suffisamment organisée et unie pour affronter l’Autre camp.
Avides de tout, voraces, coriaces et affamés ils sautent tout ce qui bouge et s’emparent du pays jusqu’à sa dernière ornière, dans un « j’menfoutisme absolu ».
Hier, voir dans ce même village de Sidi Bousaïd un célèbre mausolée sauvagement saccagé et des hôtes qataris encadrés de ministres, dîner en paix à quelques centaines de mètres est édifiant. A plus d’un titre.
Faut-il laisser la levure monter ?
Faut-il attendre que jeunesse se passe ou trépasse ?
Faut-il les laisser s’engloutir dans leurs centaines d’erreurs ?
Faut- attendre que l’évidence réveille la masse dormante ?
Pourtant, l’exemple du voisin Algérien (Fis, Gia et Aqmi) est édifiant et pourquoi le refaire ?
Peace in the World ?
17:06 Publié dans EDITOS ET DIVERS | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
16/11/2012
L’amour à la tunisienne ?
TU M'AIMES COMBIEN ?
Pour couper ce cercle infernal quotidien de « Politique-facebook-intox-info-réunions » je suis allé, hier soir, prendre un verre au Harry’s Bar de Tunis .Une petite heure de Voyage et d’évasion avec l’Autre… à la découverte d’autres facettes de notre petite Tunisie. Un flash de notre société.
Il est jeune, beau, sympa et barbu à l’italienne. Mon voisin, ou pilier de bar, est à sa 4e chope de 500 ml de bière pression et encore à son premier paquet de cigarettes. Il ne quitte pas son I-Pad et flotte dans ses rêveries… Il sort de son nuage et trinque à la santé de son voisin, à la gueule de métèque et de Pâtre grec, … Il lui parle de sa Tunisie et répond à toutes ses questions.

- : « Vous avez 30 ans, Webmaster en marketing, beau gosse et vous glandez dans ce bar, depuis deux heures dites-vous ? Vous n’avez donc pas une petite copine à la compagnie plus douce que cet endroit… ? »
- « Ah ! les Femmes ! Ah ! les Tunisiennes ! Ras le bol. J’en suis usé et fatigué »
- : « Parlez-moi donc de vos Tunisiennes qui vous fatiguent tant ? »
-
- « Il y a maintenant deux genres de filles au pays depuis cette sacrée révolution ratée. Les pseudo-foularées-nikabées qui se cachent et se la cachent, qui acceptent tout d’un mec et même un horrible « mariage orfi » ou « le droit de baise » et les autres ! »
Il se gratte la barbe, jeune de six jours, se paye une nouvelle rasade de bière blonde et du haut de son mètre 80 replonge dans un assourdissant silence et tristesse.
- : « Roufa, parlez moi des autres, la seconde catégorie de jeunes tunisiennes. »
-
- : « Elles sont fortes, clever, « haloufa », existantes, aguicheuses et aguichantes. En un tour de main elles feront de vous une marionnette ! »
- - : « A ce point ? »
- - « Dés le début, elle te poussera à l’inviter dans le meilleur resto de la banlieue et te fera ensuite passer par La Closerie, Sindbad ou le Madison… Au 5e tour, ou jour, elle daignera se donner à toi. Là, commencera une autre guerre. La jalousie féroce et animale.
Mais, après une année ou moins elle voudra que tu lui passe la bague au doigt. C’est sa famille qui deviendra un enfer. Sa mère voudra monter à ses voisines et amies, tout ce que le prétendant veut offrir comme cadeaux et soirées de mariage. Il faudra prévoir 25 000 dinars à jeter par la fenêtre pour plaire à ces corbeaux.
Je viens de rompre avec la dernière, belle blonde aux yeux verts et jeune cadre dans une grande banque de la place, car elle a refusé (sous le diktat de sa famille traditionnelle et bourgeoise » de troquer les festivités contre un voyage de noces de 15 jours en Malaisie.
- : « Tu disais pourtant qu’elles étaient libres comme le vent ces filles ! »
- : « C’est vrai, elles sortiront avec plein de mecs et la veille d’un mariage elles passeront par un gynéco pour une simple hyménoplastie ou hyménorraphie… Jamais les gynécos n’ont autant travaillé en Tunisie :p »
- : « Vous bossez, vous fuyez les femmes mais vous fumez et buvez à gogo ! Mais, que faites vous d’autre, vous militez dans un parti politique? Vous avez peur pour la Tunisie Monsieur l’ingénieur ? »
- : « Vous ne pouvez comprendre notre pays. Il faut vivre ici pour le comprendre. La Nahda a fait un véritable coup d’Etat pour prendre le pouvoir, épaulée par les Américains actionnant ici une autre force masquée. Plus d’un an après, c’est l’échec total : chômage vertigineux, inflation galopante et sécurité défaillante. Le moral est à zéro pour la majorité des Tunisiens et on attend, sans même savoir quoi attendre !
- Les salafistes les vrais sont très bien, et certains sont mes amis ! Mais les extrémistes ne le sont que pour besoin d’argent et de notoriété et sont la majorité de cette secte. 2 000 personnes qui font beaucoup de bruit. Le seul parti qui m’attire est celui de Hammam Hammami, tout est clair et net, mais il n’a que 5% des voix…»
Vous voyez monsieur, que je préfère non pas taquiner la Fille, la Muse ou l’Agora politique, mais ma dose de bière quotidienne pour fuir le présent !
Triste pays que celui qui voit ses jeunes s’embarquer dans un pareil naufrage. Quel Noé viendra sortir cette masse lettrée et perdue de sa léthargie et reconstruire le pays d’Hannibal et de Bourguiba ?
Ceci est une vision masculine de la société. Qu’en pensent les jeunes dames ?
18:23 Publié dans EDITOS ET DIVERS | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : mariage, biére, femmes, hommes, tunisie, islamisme
25/10/2012
El gawri hrab ! Orgued, taffi thaou !!
3 cadavres sur l’autoroute d'Hammamet ?
Galant, le soleil cède sa place à la lune naissante
Discret, le vent cède sa croisière à une douce brise
Comme un marsouin dans l’eau, notre voiture glisse sur la belle autoroute d’ Hammamet-Tunis !

...Péage. Arrêt de 30 secondes pour « gesticuler et avancer ma carte vers le guichet si mal placé »
Pour me dégourdir les jambes et l’esprit, je décide de parquer ma voiture près de la garde nationale et m’aventure ainsi dans une marche « oxygénante et vivifiante ».
Soudain un corps sur trottoir
Un petit trottoir en terre battue jouxte le parking et le sépare d’une petite forêt. Là, devant moi, une grosse couverture de laine, genre « batania » beige, enveloppe et cache le corps d’un homme. Point de ficelle autour mais tout est hermétiquement fermé.
Je me frotte les yeux, recherche la Lune et lui demande d’éclairer encore plus ce spectacle.
Soudain je me ravise. Je change d’avis et fais marche arrière.
3 secondes s’écoulent en un siècle ! *Que faire ?
Aller vers le corps ? Rentrer dans la forêt ? Aller vers la garde nationale voisine ?
Non. Rien. Trois blanches et vieilles Izuzu, centenaires peut-être, et roulant par miracle, se dévoilent à mes yeux, tout en…jouxtant le corpsCadavreDuSoir.
Revenant à mes premières amours. Je retrouve l’adrénaline de mes eternels 20 ans et remercie le bon Dieu de cette nouvelle aventure sur Autoroute !
Chassez-le, il revient au galop. Le voyageur.
4e seconde. L’heure est grave car un coquin nuage vient bousculer la lune et assombrit le lugubre paysage… le choix est pénible. Foncer vers la forêt me parait adéquat…
Soudain, une voix.
5e seconde. Je fonce sur la voix et trébuche sans le voir contre le corps-cadavre et découvre avec stupeur…. Deux autres corps étalés à proximité et tous aussi bien enveloppées dans de misérables vieilles couvertures de laine rougeâtre, brunâtre et maléfique.
Mon cœur s’arrête de battre et reprend son tempo en chamade !
La lune compatissante se débrasasse de son ennemi nuageux et me lance son dard lumineux !
Oui. Oui. Trois cadavres sont bel et bien étendus sur ce trottoir du parking de l’autoroute de Hammamet
Je rebrousse chemin sur deux mètres et entend soudain un dialogue de deux fantômes :
Le premier dit au second :
« El gawri hrab !, orguèd, taffi thaou !» ou « l’étranger et parti, motus, laisses passer !»
Donc, les meurtriers sont là et sont peut-être soulagés de ne pas devoir zigouiller le Voyeur du soir…
7e seconde : Sans réfléchir je repense à tant de pays en guerre que j’ai couvert pour tous les journaux qui voulaient bien de mes petites histoires de fidèle Reporter pigiste. Du Vietnam au Laos, en passant par le 146e coup d’Etat en Bolivie avec 9 heures de prison à l’aéroport, l’Equateur où je fus épargné par la marmite des indiens Jivaros les coupeurs de tête, le plus grand carnage du siècle au Rwanda, la guerre du Kosovo et celle de la voisine Bosnie Herzegovine, où mon compagnon allemand, Hans, fut fauché en ma compagnie par une balle perdue….et 1000 et une autre aventures avec la toute dernière, du mois passé, au fin fonds de Monrovia, au Libéria, en folie meurtrière….
Gracias a la Vida !
8e seconde. Ni un, ni deux. Me voici fonçant vers les voix fantômes sans réaliser le danger, pour leur demander des comptes. Un simple Donquichotte qui brasse du vent….
9e et dernière seconde :
Ils s’approchent. Hirsutes, livides, maigrichons, pouilleux et angoissés.
Ils me toisent et semblent implorer pardon…
Le second plus petit et plus hardis, se penche sur le premier cadavre, tire violement la couverture brune…. Et laisse paraitre ce que je ne pouvais imaginer !
Un misérable quadra, oublié par les Dieux et par les hommes qui ouvre les yeux cernés et hagards et qui me dit... Waww ! Un mort qui parle :
-« Monsieur, la vie est dure ! Ne dites pas à la police que nous sommes là »
-« Mais, mais…qui êtes-vous donc et que faites vous ici cette nuit ? »
- « Nous rentrons de Libye. On nous a tout volé à la frontière et on a tout perdu. On n’a plus rien pour nous refaire et on va tenter la ville de Tunis, à l’aube. Ici, on se repose en cachette en essayant d’oublier notre noire misère »
- « Mais, vous n’avez pas essayé de demander aide et protection à la police ou même à une association ou encore à un parti politique ? »
- « Voyons ! Ici, nous sommes aussi sinistrés qu’en Libye, nous le petit peuple. On a voté Nada et on a reçu la gifle de l’oubli, la gifle de la vie. Rien. Même Dieu semble nous oublier »
- « Je vous propose de venir de suite avec moi, je vais parler aux gens du péage et vous aller dormir dans leur salle d’attente pendant 2 ou 3 heures au chaud. »
- « Non Monsieur. Merci. Non… »
Sur la pointe des pieds, je m’éclipse et me retrouve 30 mètres plus loin, face à un jeune de 1m80 qui grille nerveusement sa cigarette face à sa Fiat bleue.
Je lui raconte la chose. Il sourit et me dit :
« je ne suis pas du tout surpris, je travaille dans une boite célèbre de transport et d’hôtellerie et nous voyons chaque jour ces oubliés du régime et du Bon Dieu. »
Que c’est triste Tunis au temps des espoirs morts et de la Révolution anéantie !
20:50 Publié dans EDITOS ET DIVERS | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note









