10.11.2011
Ni hôtel, ni passeport, ni visa : Vaya con Dios !
FORCER L’AEROPORT DE BANGUI ?
(Suite 1). Une fois à bord du vol Royal Air Maroc Casa/Bangui, au lieu d’être enfin heureux et rassuré d’être à deux doigts du but espéré, départ vers les Gorilles à dos argenté de la Centrafrique, ma mémoire, cette coquine, me joue de vilains tours de yoyo !

C’était il y a douze ans à la frontière terrestre entre le Benin et le Togo, à midi sous 40°C à… l’ombre. Un douanier au regard vitreux décide de me refouler et prétend ne pas pouvoir me délivrer de visa d’entrée à la frontière. Retour à la ville et faute d’Ambassade du Togo c’est l’ambassade du « ColonisateurEternelCommun : la France » qui me donna un laisser passer pour entrer au Togo. Deux jours de course folle…
Pour retrouver ma bonne humeur, en plein vol RAM, je repensais à ma chambre 136 quittée à l’aube ce matin, à l’hôtel Manzah à Tanger…. La suite même de Sir Churchill …. Une page d’histoire on life
Et une sacrée soirée avec une voisine en fête qui me kidnappa sur sa terrasse…Sacrée soirée …avec une dizaine de joyeux lurons du Maroc.
Cela fait quatre heures que notre avion fonce sur Bangui et que ces joyeux journalistes marocains font la fête Verre Sur Verre…. Dans deux jours leur équipe nationale sera en Centrafrique pour jouer aux 1/8 de finales de la CAF. Le pays les attend de pied ferme et cela sera en Centrafrique l’événement du siècle.
Que faire pour mon visa d’entrée, dans un pays policier, pauvre, fermé et entièrement sous la loi du Seigneur Président, du CFA et de la France ?
Je fais rire l’hôtesse et lui demande de passer en première histoire de tester les beaux sièges royaux de la RAM. Aussitôt dit aussitôt fait. Voilà que juste face à moi un sexagénaire au port altier semble attirer l’intérêt de toute la cabine. En deux minutes nous sommes amis. Il comprend mon angoisse et me dit :
« Vous avez de la chance, je suis l’ancien Ministre de l’Intérieur du pays et l’actuel ambassadeur centrafricain au Maroc, donc descendez directement avec moi, le Protocole m’attend avec une voiture particulière ! »
Waw ! Donc Bouddha existe. L’avion atterrit, la voiture arrive et SE, son attaché de presse et le Voyageur montent à bord… pour descendre au salon d’honneur de la République.
Imaginez une vaste pièce de 15m sur 3 avec deux beaux téléviseurs et quatre fauteuils en velours jaune-orange. Au fond dix policiers entourent un curieux box. C’est le scanner des passagers partants, dont une bonne dizaine est au salon d’Honneur. Le temps est long. Déjà une heure de passée. Le salon se vide et voilà que mon ambassadeur disparu…revient comme par enchantement pour me dire : « Vous m’avez caché que vous aviez à Tunis un ami centrafricain…. Je vous laisse avec lui. Bonne chance ! »
Mince pour ne pas dire merde ! Me voilà largué à l’aéroport du bout du monde où le tarmac n’a que notre seul et unique avion comme hôte du soir ! Je n’ai rien compris au verbiage de l’ambassadeur, récupère mon seul bagage à main (et seul bagage voyageur) et me prépare à rentrer manu militari au Maroc… Sans accès à aucune doléance, ni Appel devant haute cour.
Soudain une accalmie dans la tempête. Une voix suave, amicale et chaude :
« Docteur Trimèche, vous ne me reconnaissez donc pas ? Moi, je croyais que vous blaguiez quand vous m’avez dit l’an passé que vous vouliez venir dans mon pays… »
« De bleu de Bleu » dirait le Suisse. Mais c’est mon ami de la Bad l’ambassadeur Willybiro ! Incroyable. Et le voilà qui me rassure :
« Son Excellence avec qui vous êtes venu vous confie à moi. Par pur hasard, je suis ici, pour le départ de mon fils vers les USA via Casa, donc on attend le décollage de son avion, vers 1h du matin et je vous accompagne à votre hôtel de Bangui, que vous dites avoir réservé par notre amie Madame Ko. »
- « Mais qui fera mon visa ? Comment faire pour entrer légalement au pays ? »
- « Pas de problème, je vais remettre votre passeport à cet officier de police en civil qui vous établira sur le champ un visa diplomatique gratuit ! »
Une heure plus tard, le filiforme officier de police au regard perdu et au costume délavé me donne un reçu jaune et me dit :
- « Vous pouvez rentrer avec ce laisser passer. Je n’ai pas trouvé le cachet de visa Patron ! Présentez vous demain à la police des frontières pour récupérer en ville votre passeport avec visa ! »
Donc c’est fichu. En bon langage africain cela veut dire qu’il faudra braquer la Banque de Londres pour récupérer mon passeport ou tomber sur un diamant de Bokassa qui n’aurait pas encore été offert au président Giscard d’Estaing !
L’aventure ne fait que commencer. A 3h du matin, on est face à l’hôtel du Centre déjà pris d’assaut par deux journalistes marocains qui répètent sans vergogne, on a pris tout l’hôtel depuis 10 jours et on a même acheté des matelas neufs pour toutes les chambres. Notre équipe nationale arrivera dans 48 heures. J’ai beau présenter ma réservation écrite…l’ambassadeur en désespoir de cause téléphone à Madame Ko (et quel réveil !!) pour se plaindre et demander de l’aide…au Voyageur sans passeport et sans visa.
Il est 3h30 du matin : ni hôtel, ni passeport, ni visa : Vaya con Dios !
@ suivre (2)
14:17 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
05.11.2011
VERS LE PAYS DE BOKASSA :)
Un visa pour la Centrafrique ?
La croix du voyageur, n’est ni le taux du dollar, ni la disponibilité ou prix d’un vol ou d’un hôtel, ni encore le choix d’une exotique collation au bout du monde, mais bel et bien « le visa » pour aller vers ce bout du monde !

Qu’il est loin ce temps où j’ai dévalé la Cordillère des Andes pouce au vent en passant par l’immense Amazonie et Terra del Fuogo pour retrouver le Mexique de mes 20 ans. 24 pays visités en autostop avec un maximum de 3 visas. En 2011, pour refaire ces 24 pays d’Amérique latine on a besoin de 22 visas ! Mais, si en citoyen non espace Schengen ou USA/Canada, vous souhaitez visiter un DOM français, la Martinique par exemple, vous devez vous armer de patience et prier le Père Noël pour vous accorder d’abord un visa Schengen (loin d’être évident…) et ensuite un second visa dit DOM/TOM
Bref, en ce mois de septembre 2011 c’est les pygmées d’Afrique centrale et les gorilles au dos argentés qui me tentent. Des semaines pour trouver les vols adéquats les plus « cools », via le Maroc et un départ sans visa réel ….
C’était à Gammarth, à une réception d’Ambassade. On me présente un Monsieur de la Bad champagne en main, face à la baie de Carthage. Quand j’appris qu’il venait de la Centrafrique, j’ai failli avaler mon verre…. Un pays que j’essaye de visiter en vain. Très enclavé, éloigné et visa disponible seulement sur Paris par exemple, avec 3 jours d’attente…si j’allais voir le frère de Grégoire Willybiro, le Monsieur de la Bad Bank !
Les programmes se suivent et ne se ressemblent pas. Un mois plus tard, en 2010, je pars au Costa Rica… Ce n’est que reporté et nous voilà déjà en septembre 2011 avec l’irrésistible envie d’aller au pays du dit anthropophage Bokassa et des Pygmées de la forêt équatoriale… Dans ma petite mémoire je retrouvais deux noms, celui Madame Ka (Ollé !) et de l’Ambassadeur Willybiro de Paris.
L’ambassadeur n’est plus en poste et 15 jours de téléphone de Tunis butent face au « 00236 » indicatif de la Centrafrique. Double échec. Comme plusieurs pays aux généreuses lignes roses, ce pays est « fermé » par Tunisie Telecom, pour « veiller à la moralité des enfants » qui auraient ruinés leur père en téléphonant si loin sans le savoir. L’astuce est simple : le téléphone cellulaire pour appeler Madame Ko!
Finalement, j’avais juste une réservation verbale au Central Hôtel de Bangui par Madame Ko et aucun visa, ni trace de l’ombre d’un visa. A la guerre comme à la guerre je prends le risque d’aller vers ce pays fermé au tourisme et peut-être au monde, au risque de me faire refouler….malgré tous mes papiers !
C’est l’heure. Je passe sans encombre le premier SAS de Royal Air Maroc à Casa qui ne demande pas à voir mon visa pour la République centrafricaine…
Commence le suspens. Comme le Voyage. Commence alors l’aventure
@suivre
18:10 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
20.09.2011
Au bord du fleuve Oubangui-Chari =)
Un poisson grillé à Bangui !
C’est midi. Nous sommes au niveau de l’équateur. Le ciel est bas et les trottoirs ensablés sont bien rouges de terre minérale. Couleur des trésors d’un pays qui se cherche dans les dédales de l’humanité et de l’Histoire. Bois, diamants et autres minéraux seront un jour exploités !

En cette Oubangui-Chari devenue depuis son indépendance, en 1958, République Centre-africaine ou RCA, chaque pas dans la rue de Bangui la capitale est un voyage dans l’espace…
Soif. Oui, j’ai soif d’une bonne bière africaine et d’un petit truc à grignoter pour ce midi.
J’interpelle ce jeune sportif de 40 ans qui me dirige dans un français châtié vers un bar à 100m. Waw, cinq serveuses et 3 garçons en livret blanc et zéro client ! Une vraie prison 4* qui ne me donne aucune envie de prendre ma bière si attendue. Au menu je vois « cuisses de grenouilles »…et hop, le Maître fait quatre petits tours et puis revient pour me dire…qu’il n’en avait plus…
Je quitte ce bel endroit sordide pour tomber pile poil sur le jeune quadra qui m’avait indiqué cette adresse culinaire…ou prison de luxe et lui dit :
- « J’ai simplement envie de trouver un truc local, avec des locaux, de la bière locale et des mets locaux »
Aussitôt dit aussitôt fait, il m’emmène avec un autre ami Ahmed, vers le fleuve Oubangui et me parle du Tunisien de Kasserine Nabil Khalfi qui est son chef ici, dans leur boite de téléphonie, ex Orascom…
Une table en bois brut face à la berge du fleuve. De simples sièges et un poisson « péte » grillé devant vous, avec en plus des plantes pays, du « chipointe » genre de manioc, de la moutarde et un genre d’harissa. Cette patte de manioc est découpée en petits morceaux, soit un genre de pain.
La bière d’un demi-litre est fraiche et pétillante et le lave main est à portée de main ! En face, à 200m à peine s’étale le grand géant voisin, le Congo RCD ou Zaïre. Des pirogues valsent entre les deux pays. Certains pêchent et d’autres font leur petits commerces entre les deux rives sœurs !
Soudain, une pirogue de 12m s’approche de notre berge. Le premier garde la proue et sa pagaie. Bien assis en tête du bateau. Le second va au bout de la pirogue, plonge son très long bâton de 4m au fond du fleuve l’accroche, le garde planté et court sur sa pirogue à contre courant, tenant fermement le bout de son bâton, faisant de son corps de sportif un Turbo à la pirogue !
Le poisson est d’une finesse incroyable. Il fond en bouche et nous happe de ses mille parfums. Mes deux amis sont diserts et gourmets… Une heure de grâce e d’amitié au bord du fleuve pour le meilleur déjeuner de l’année 2011…
Gracias a Dios !
Merci amis de RCA, de Bangui, et que vive l’Afrique !
18:44 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
10.09.2011
Touriste ou Voyageur ?
Voyager est un métier ?
"Les êtres sensibles sont innombrables et très différents les uns des autres. Certains nous aident, d'autres nous blessent, mais, parce qu'ils souhaitent le bonheur et refusent la souffrance,Tous sont égaux." Le Dalaï Lama

Quel point commun y a-t-il donc entre un touriste et un Voyageur ?
Au fait aucun ! On commence sûrement par être un jour touriste, puis on peut mordre au virus V et devenir un jour Voyageur et plus tard Grand voyageur. Ce dernier aura même la chance et le besoin d’aller plus loin pour se muer en explorateur , en ethnologue et anthropologue, car sa soif de connaitre est insatiable et son savoir de plus en plus infinitésimal en découvrant un bout de monde !
Cela fait des lustres que j’ai mordu à ce virus par un timbre poste que m’a offert mon père (mon Dieu sur Terre) à l’âge de dix ans. Deux énigmes sur 2 cm2. Un éléphant en dessin et Royaume du Laos en texte…ce soir là, dans mon immense chambre-bureau-foutoir donnant sur les cyclamens du Boukornine à Hammam-Lif, j’ai décidé d’aller voir un éléphant en forêt et de découvrir cette double énigme, un Royaume et le Laos !
Etant entré à l’école à 4 ans j’ai brûlé certaines étapes sans le vouloir et je me trouvais un jour à 19 ans, étudiant en sciences politiques en Allemagne, au cœur de ce Laos et de surcroit ma petite carte de presse pigiste jouant le messager-involontaire-foufou-inconscient entre deux frères ennemis :Souvanaphouma et Souvanaphang qui sont à la tête d’un Laos dépecé en deux parties autour deVientiane et Luang Prapang la capitale impériale. J’ai navigué sur un Mékong charriant des millions de tonnes de terre rouge sur une petite embarcation…canardé par des snipers des deux bords…Ni peur, ni conscience…mais « adrénaline » !
C’est cette inconsciente recherche d’adrénaline qui me poussa et me pousse toujours et encore à aller vers les difficultés dans des contrées nouvelles et de plus en plus éloignées et compliquées !
Oui compliquées. Car le monde s’est ouvert par Internet certes mais fermé par ses stupides frontières et satanés visas. Le monde devient otage, non plus de colonisateurs mais de puissances avides de matières premières et de points d’ancrages. Tout cela catalyse les corruptions des chefs et féodalise les peuples.
C’est vers ces peuples très souvent opprimés que je suis allé
et depuis mon premier voyage de lycéen (en scout) à Chamonix j’ai frappé aux portes de ce peuple en demandant de vive voix et avec ma précieuse arme voyage (mon sourire) un café à partager chez eux ! Un seul pays me refusa ce luxe suprême sur 194 : A Ahvananen, Aland, au Nord de la Finlande et du cercle polaire. J’ai finalement acheté avec mon fils Nan un sachet de thé…résonnée à la dernière porte de maison (qui nous a refoulés) demandant cette fois de l’eau chaude pour faire un thé : la plus belle soirée de ce voyage chez cette dame du Nord…
Et cette recherche d’Adrénaline qui me fait fuir confort, réceptions et draps douillets pour aller combler mes millions de lacunes en allant vers l’Autre. Cet humain qui est nous. Cet autre qui est nous. Ce X qui est un reflet de notre Y !
Suivirent 52 pays en auto-stop durant mes premières études et un premier ouvrage « Machu Pichu, 44 000 Km en Amérique latine » à 20 ans….
C’est ainsi que j’ai en reporter assisté ou couvert (c’est trop dire) plusieurs guerres, du Vietnam où j’ai essuyé ma première rafale de mitraillette au Rwanda, en passant par le Kosovo, le Soudan du Sud ou le Paraguay qui me mit quelques jours aux arrêts…
De tout cela je ne voyais nul danger, mais extase et encore plus envie de comprendre l’Autre. Une nuit de prison à l’aéroport de Miami (visa périmé de Nan à nouveau) ou une autre en Amérique latine suite à un coup d’Etat restent ancrés comme des moments heureux car si riches en émotion humaine !
Quand trouverai-je le temps d’écrire, par exemple mes aventures à Asmara, la Roma del Africa, en 2009, quand trois militaires me mirent en joue, en pleine montagne érythréenne …pour signer la fin DU voyage ?
Je reviens d’un long périple à la hussarde, non préparé et mal élaboré, mais qui fut un des plus riches de ma vie en rencontres et expériences humaines. Un périple ponctué de 10 à 20 Km de marche à pied par jour, dans la forêt des pygmées ou sur le sol de Tanger et de dizaines et dizaines de rencontres toutes aussi riches que sincères ! Merci !
Je vais essayer de griffonner quelques papiers :
- 1/ Au cœur du Maroc à Ceuta l’espagnole et virée vers Chefchaouane en bleu clair et foncé
- 2/ Insolite RCA, divisé en trois papiers…
- Arrivée sans visa en Centrafrique
- Un poisson grillé au bord du fleuve Oubangui-Chari
- Chez les vaillants pygmées de la RCA
3/ Une soirée à Tanger à l’hôtel de Sir Churchill. Ch 136.
Voyager est un métier …? Oui ! @ chacun sa croix et avec bonheur…
dans une jungle où " L’homme est relativement le plus manqué de tous les animaux, le plus maladif, celui qui s’est égaré le plus dangereusement loin de ses instincts." (Nietzsche)
11:31 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
10.08.2011
Guerre de bouteilles à Nabeul =)
Un si beau jardin à Mrazgua
Une incroyable aventure dominicale, à Nabeul, ce dimanche de Ramadhan, alors que le soleil ne flirte avec le firmament avant de sombrer comme une magique boule de feu, dans notre « Mare Nostrum », notre si belle Mer Méditerranée !

Lancée, en janvier 2010, notre campagne KIWANIS pour le recyclage de 50 millions de bouteilles en plastique jetées, chaque année, sur les trottoirs et plages de Tunisie, commence à s’apparenter de plus en plus, depuis « La Révolution », à un combat de Donquichotte contre ses moulins à vent…
Ce dimanche, je repasse à El Mrazgua, à la sortie de Nabeul vers Hammamet, devant notre si joli KIWANIS COLLECTOR vert qui abrite 1000 bouteilles en plastique. A ma honte, la porte de cette cage est à nouveau sans cadenas (volé à nouveau) et le fond plein de tout ce que peut contenir une poubelle !
Armé de quatre sacs en plastique, je vide patiemment TOUS ces détritus et achète un nouveau cadenas ! Entretemps, je m’arrête à une dizaine d’endroits pour récolter dans la malle de ma grosse voiture bleue quelque 120 bouteilles jetées sur le sol de Nabeul…
Arrivé à nouveau face au Kiwanis Collector je me dis qu’il faudrait impliquer les trois voisins d’en face et demander leur aide pour « avoir un œil sur ce Collector piraté et visité…»
Waww ! Quel voyage ! Trois maisons. Trois mondes.
La première Villa de Maître ne répond qu’à mon 20e coup de sonnette !
Il sort de son garage au volant d’une triste Peugeot grise et me nargue du haut de son mètre 65 et 90 Kg !
- « Quoi, vous voulez que je surveille votre cage ? Mais vous êtes qui vous, pour me demander chose pareille ? Sachez que mon père est pharmacien et mon frère médecin à Nabeul ! Donc, nous occuper de bouteilles en plastique… c’est… Mais, je vais penser à vous aider peut-être. »
La deuxième villa : Une dame aussi belle que charmante me nargue du haut de son 1m77 et 62 Kg pour me dire à 30 minutes de la rupture du jeûne :
-« Mais vous n’avez que cela à faire ? Demander aux gens en vacances à Nabeul de s’occuper de VOTRE écologie et de vos bouteilles à recycler ?»
- « Mais Madame, c’est une campagne nationale, avec des centaines de Kiwanis Collectors à travers la Tunisie ! Nous installons ces « cages métalliques » et des jeunes prendront GRATUITEMENT toutes nos bouteilles, pour les revendre à l’Anged du Ministère de l’Environnement, à 16 millimes pièce et avoir ainsi un certain revenu ! »
-« Monsieur, vous gagnez quoi vous dans cette histoire ? Qui vous a prêté cette grosse limousine allemande ? Expliquez-moi tout ! »
- « Madame, je ne suis que le chauffeur d’un Patron FOU ! Il croit au recyclage du plastique, car dans 10 ans on aura 5 milliards de bouteilles jetées sur la bonne terre tunisienne, avec un petit délai de 450 ans pour se désintégrer ! Adieu tomates, poivrons et olives »
-« Oui, votre patron écologiste est FOU ! Il faudra juste attendre un nouveau Gouvernement et l’Etat s’occupera, comme en Norvège, de nous, avec 4 poubelles devant chaque maison ! »
La troisième maison est toute de blanc vêtue
et bardée d’une belle plaque bleue en céramique arborant un prénom magique BRUNO ! Seigneur, aurais-je la force de sonner à une 3e porte après ces deux refus et dialogues de sourds avec des gens qui ne daignent pas « parler ou dialoguer avec un écolo de dimanche » ?
A la guerre comme à la guerre ! Je sonne. 1, 2, 3 et 4 minutes passent et je n’arrête pas de tambouriner à la lourde porte !
Soudain des voix. Non humaines ! Le son, le cri, la voix de deux gros chiens ! RIP Tigra (notre Rottweiler) et j’ai encore plus envie de sonner à cette mystérieuse porte blanche bardée de beaux clous noirs.
Soudain, la porte s’entrouvre puis s’ouvre ! Une nymphette se glisse à l’extérieur et du haut de son 1m55 me toise en souriant !
- « Je souhaite parler à la maitresse de Maison ou au propriétaire SVP ! »
- Une seconde nymphette, stylée, jupette brune et chemisier noisette me sourit et me dit :
- « oui, que puis-je pour vous ? »
- « Mademoiselle, puis-je parler à …. Monsieur Bruno, dont le nom est sur la, porte ? »
- Sésame ouvre-toi ! Les yeux s’écarquillent et la porte se referme d’un coup.
J’attends deux longues minutes et reviens tristement vers mon Kiwanis Collector pour commencer à glisser, une par une, la centaine de bouteilles que j’ai dans mon coffre !
Absorbé par mon travail « d’éboueur de dimanche » je ne vois pas la Brunette en chemisier Noisette transparent qui se dresse face à moi et me tire légèrement par la manche en me disant :
-« Qui dois-je annoncer à Monsieur Bruno SVP ? »
Cette fois ci, ras le bol des éboueurs et des chauffeurs en permission ! Je lui lance :
« Dites que le Dottore souhaite le voir maintenant ! »
30 secondes plus tard, c’est une 3e soubrette qui arrive, plus élégante encore et qui me dit dans un français châtié :
-« Monsieur Bruno vous prie de le rejoindre au bord de sa piscine ! »
Wawww ! Miraculu, miraculus ! J’oublie ma tristesse mes P. de bouteilles, ma longue bataille écolo, mes cages métalliques saccagées et ces voisins si peu coopératifs, à la vue de …. Ce jardin !
Imaginez, une résurrection, avec un éveil à la Vallée de Mai à l’île de Praslin, aux Seychelles ! Un jardin de 4 000 m2 qui va de la route à la mer, lovant 420 superbes palmiers, des cactus de Lanzarotte et de Guadeloupe, des Yucas Dracena du Mexique, des Lauriers de Croatie, des lianes du Venezuela et tant de flore exotique que l’on se dit tout simplement : CARAMBA !
Il est là ! Torse nu et épaisse lunettes noires ! Une bonne soixantaine et un verbe sûr, gai et convivial ! Ses amis quittent leurs transat, saluent respectueusement le Dottore et s’éclipsent ! Son épouse à la Particule de Marquise certaine, me tend la main pour un baiser courtois et seigneurial…
En dix secondes Senior Bruno a jugé la situation me fixe, me scrute, me scanne, me transperce et lâche sa sentence :
-« C’est Ramadan c’est vrai…mais pas pour nous deux je pense…puis-je vous inviter à déguster avec moi, un petit Blanc pays et des noix de Cajou qui viennent directement de la Guinée Bissau ? »
20 minutes peut-être ! 20 ans sûrement ! Un voyage dans le temps et tant de choses échangées avec ce grand banquier privé et Industriel italien en vacances en Tunisie. Pays qu’i l a choisi, depuis 40 ans, au mois d’août, tout en gardant s les six membres de son personnel à sa disposition 12 mois sur 12 ! Au cas ou… une envie de rêve sur plage pour fuir Turin ou New York ou Paris !
A la fin de ce fabuleux et rapide voyage dans le temps, Bruno s’excuse face à ses invités pour m’accompagner à ma voiture et à passer 10 minutes avec moi à enfiler une par une les 120 bouteilles en plastique de ma malle arrière dans cette belle cage verte, avec la promesse d’y veiller personnellement !
La vie est un Voyage ! Le tout est d’en bousculer certaines étapes et d’en faire de riches escales de notre périple !
Gracias a la vida !
http://www.cigv.com
20:55 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note
30.07.2011
ARNAQUE à Genève :(
Baisser sa garde peut être fatal !
Emporté par les alizés de la vie, fouetté par les brises du hasard et caressé par les vents du Sud, le Voyageur a toujours une étoile qui luit:)
Une petite étoile, d’une lointaine galaxie qui se veut protectrice et presque divine !
Vaya con Dios! (R. E.)

Dire que j’ai eu la chance de braver monts, collines, montagnes, volcans, marécages, îles lointaines, pays en guerre, pays clos, pays en dictature aveugle et surtout connu de près tant de mercenaires (Bob Denard par exempleaux Comores), tant de gros et petits voyous, tant de trafiquants de toutes sortes, tant d’aveugles policiers ripoux, tant de gens dit « Lie populaire » et surtout couvert 4 guerres dans 3 continents….
Maman, sur une carte murale, posait ses petits clous colorés pour suivre à 5000 ou 15 000 kilomètres les péripéties de son « fou voyageur » pris chez les coupeurs de têtes, Jivaros, de l’Equateur ou en prison en Bolivie, avec l’ensemble de la presse étrangère, lors du 146e Coup d’Etat du pays…
De partout et toujours, du sombre Vietnam en guerre au Laos déchiqueté par deux frères ennemis (mes amis, Souvanaphuma et Suvanauphang (entre Luang Prapang et Vientiane) jusqu’à l’avion de l’Espérance ESS, pris en otage au Nigéria où j’ai eu le privilège de servir d’intermédiaire entre nous (supporters et joueurs) pris en otage par de sombres autorités portuaires qui voulaient à chaque minute une nouvelle taxe pour « lâcher l’avion privé » sur Tunis.
Toujours cette petite étoile du Voyageur brilla et fit de sorte qu’aucun incident grave ou réel n’arriva !
Voyager est un métier. Ecumer 193 pays dans 52 en autostop vous forge (théoriquement) un homme ! Le voyageur devient étranger à lui-même, le nez au vent, la pupille dilatée et l’oreille aux aguets ! Son arme, sa seule arme dans ce vaste monde est double : son sourire et sa vitesse de cogitation ou d’analyse de la situation… Le tout est de réagir avant l’Autre… et de parer ainsi tout feu et toute salve ! Les secondes d’avances prises sur l’adversaire ou simplement l’Autre sont la meilleure des assurances vie…
Mais, la faille arriva au lieu le plus inattendu du monde. Au pays dit le plus sûr et serein de la planète !
Est-ce la grosse fatigue « past-révolution » ou bêtement le fait de « baisser sa garde » ?
Je rentre d’un doux havre de paix, du pays de mes huit longues (ou courtes) années d’études, de cette île au cœur d’une Europe unie, de cette îlot souverain et jaloux de son exception et de sa richesse. La Suisse.
Sur le quai du Mont Blanc et au coin du For Seasons Hôtel des Bergues à Genève, où nous attendent des amis pour un apéro de fin de journée, le trottoir se remplit soudain de monde.
Insolite spectacle. Un jeune quadra trapu et musclé, en tee short blanc, accroupi par terre face à un mouchoir vert déployé, sur lequel trônent trois petites boites blanches de 7cm de côté. Curieux de nature je m’approche et découvre la voix nasillarde et roumaine du jeune trapu qui crie « ici casino, ici on gagne ! ». Il demande 100€ à un monsieur et lui demande de lui dire où se cache la perle blanche qu’il vient de mettre dans une des trois boites ! Il brasse ses boites et au passant de deviner….Un spectacle que j’ai dû croiser cent fois entre Kichinau en Moldavie, à Sao Paulo au Brésil, à Kinshasa en RDC, à Cali en Colombie ou même à Napoli tout simplement, sans jamais m’y attarder plus que 20 secondes…
Ici, je m’attarde à voir de prêt le spectacle. Trois hommes jouent devant moi en 60 secondes et deux gagnent ! Me voyant souriant et le regardant, le Roumain prestidigitateur me tend deux billets de 100€ et me dit :
« regardes bien, prends ces deux billets et si tu me dit , dans quelle boite est la perle blanche, ces euros sont à toi ! »
Interloqué, je venais au faite de bien vérifier que la perle était sous la boite Nr 01 et coninais à sourire en découvrant que les 200€ étaient déjà dans ma main ! Profitant de « ma béatitude infantile » il me dit tout de go :
- « Show you monay, montre-moi seulement TON argent ! »
Soudain deux puis tropis jeunes me tirent par la manche et me disent : » « vite, vite, vite donne luis l’arengnt, tu as de la chance , c’est pour toi un jack pot ! tu vas gagner ces 200€ en une seconde !
En semi-défense, sans trop y penser et loin d’être sur mes gardes, j’ouvre mon porte monnaie
et lui montre un billet de 50€, sagement plié en deux…. Il avance sa main, farfouille et sous mes yeux extirpe 4 blillets de 50€ de mon porte monaie…et le voici avec 400€ en mai me demandant de lui montrer la boite pleine…mais …en les bougeant une nouvelle fois.
J’hésite. Je ne réalise toujours pas et rien. Voilà que trois hommes me tirent par la veste et me disent mais TU dois maintenant jouer et vite et prendre tes 400€. Vite ! Vite ! Viiiiite !
Mon accompagnatrice est happée par un 5e sbire pour l’éloigner de l’arène… Déjà plus de 30 secondes écoulées et leur pression commune face à ce si bel hôtel de rêve de Genève…me laisse montrer du doigt…la boite vide !
Tout s’arrête ! Le trottoir se vide ! Le roumain met en poche son tapis de fortune, ses 3 boites et mes 200€ !
Waw ! Je réalise ! et j’ai HONTE tout simplement. Honte du petit voyageur que je suis. Honte de me « faire entuber de la sorte », honte de m’être conduit comme un novice chez le curé du village. Honte tout simplement.
Je fais 100 mètres et m’assois par terre sur une marche de maison. Cinq longues minutes à réfléchir et à me dire : « Merde, faut simplement oublier et aller faire la bringue avec nos amis du For Seasons ». Non, ça ne passe pas. Je suis Voyageur et cette bêtise n’est pas mienne, moi qui ai visité une centaine de casinos du monde sans jouer un seul kopek, par principe !
Comment retrouver ma bonne humeur et effacer cet incident de ma mémoire ? Honnetement je me sens cocufié à l’âme et furieux contre ma désinvolture. Il faut trouver une solution, non pour récupérer ces 200 euros, mais pour sauver l'honneur du voyageur-qui-baissa-sa-garde ... Comment ?
- A la 6e minute. Nous revenons vers le haut de la rue en bord du Lac Léman. Là, je découvre, l’un des cinq acolytes. Je bondis vers lui…
-
- « Vous n’avez pas voulu m’écouter, il ne fallait pas jouer avec ces Albanais, Bosniaques et Roumains. Maintenant il ne faut surtout pas aller à la police, car vous aurez une double amende de jouer au casino dans la rue. »
Face à ce discours mensonger je déploie ses armes à lui et ses compères. La vitesse d’action et lui dit :
1/ Tu as eu combien d’euros des 500€ (et non 200) que je lui ai donné ?
2/ Tu vois ce téléphone, toutes vos photos sont enregsitrées !
3/ La police vous tous sur un fichier et si je dépose plainte, vous êtes cuits !
Devant cette avalanche de nouvelles innatendues, celui qui voulait jouer au Samaritain, nous demande 2 minutes, pour demander « au Roumain » de restituer la moitié de la somme et… il se précipite vers l’autre chaussée. Je le poursuit. Il rentre dans un jardin abondonné et triste. Je le suis. Il me voit prend son téléphone et hurle… avec l’air de prendre Jupiter et Lucifer à témoin… je le suis. Il disparait.
Soudain parait un policier sur sa moto. Je me plante denat sa BMW, l’arrête et lui dit tout de go :
-« je viens de faire une petite bêtise »…lui raconte la chose…et lui demande conseil
-« Allez à la deuxième rue à gauche porter plainte et verifier tous les catalogues…."
7e minute. Je reviens vers ma compagne de voyage et m’appercois que le trapu-bandit-roumain est à 3 metres de l’atteindre tout en étant suivi par celui qui avait promis de lui demander de restituer 100€
8e minute. Le premier tend 100€ à ma compagne avec un geste magnanime de grand seigneur qui partgae la perte de l’ami…
- " Non Monsieur, vous n’avez aucun choix, vos photos sont dans mon téléphone (faux, certes) et je vais aller à la police pour la reconnaissance des photos…je crois même que la votre porte le numéro 34."
Je le vois blemir et flechir…il me tend 50 autres euros et me demande garder les 50 restant pour se payer une bonne bière….
Plus tard, à la fête de triathlon de Genève , deux jeune policiers (fille et garçon) m’avouent que cette arnaque coutumière à Genève est liée à la loi des jeux et donc NON criminelle…
Le soir à l’hôtel, je découvre une large affiche prévenant les touristes de Genève, avec photos à l’appui contre ces « bandits sur trottoirs » avec ce commentaire « Vous ne reverrez jamais votre argent…»
Actuellement les autorités proposent des flyers indiquant les dangers du bonneteau (vous ne gagnez jamais!), ce moyen entrepris reste bien trop faible face à l'ampleur du p...hénomène.
Comme quoi dans la vie, baisser sa garde quelques secondes peut vous coûter des remords beaucoup plus chers que des euros…à Genève !
Vaya con dios
14:03 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note
30.05.2011
Vagabondage matinal...à Tunis
Entre deux lacs…un monde !
Ce dimanche, c’est entre le Lac 1 et le Lac 2 de Tunis que j’ai décidé de faire ma longue marche matinale tout en laissant ma voiture sur les berges langoureuses du second. Une simple page de vie ...

Que de surprises en si peu de temps !
Le Curieux manège de ces Libyens aux grosses voitures japonaises est charmant. Ils fuient la guerre, les bombes des mercenaires de Gadaffi et ceux de l’Otan pour venir se réfugier en Tunisie. Rapidement un petit groupe est formé et je les « force à me suivre » dans mon escapade vers le Nord. Ils se lâchent, parlent, discutent et déclarent tout simplement :
- « Votre pays, la Tunisie, a accueilli plus de 200 000 réfugiés, à Ras Jdir, à notre frontière libyenne. Et, vous n’avez dit ni Ouf ! Ni Oh ! Vous fûtes dignes, nobles et courageux. Avec vos moyens du bord, vous avez ouverts vos cœurs et vos maisons ! Merci Tunisie ! »
- « Aujourd’hui, vous recevez (en plus) d’autres réfugiés dans vos grandes villes dont 5 000 à Djerba ! Des réfugiés 5* cette fois, qui fuient la Libye pour les mêmes raisons que les 200 000 réfugiés de Ras Jdir ! Nous, nous sentons ici au Paradis ! En Tunisie, déclare ce jeune en jeans délavés et en barbe de 3 jours bien taillée, nous avons à gogo, bière, filles, sécurité, hôtels et surtout appartements (chékka) à bon marché et encore des grandes surfaces où l’on trouve de tout ! En plus, ni visa, ni formalité ! Nous sommes plus de 20 000 à avoir quitté ainsi la Libye avec nos familles et voitures et quelques bien précieux pour « attendre en Tunisie » ! Demain il fera jour… »
Ils sont dignes. Ils sont fatigués de la guerre et comptent chacun un mort ou un blessé grave dans leur famille. Pris en tenaille entre les bombes de l’Otan et de Gadaffi, ils fuient leur pays après avoir « essayé » de monter au front. La majorité de ces 20 000 nouveaux Libyens sont en famille et cherchent un brin de paix et un zeste d’oubli…Sans plus.
Plus loin, en suivant un sentier marin pour aller vers le Lac 1
C’est une épaisse fumée noire qui me prend à la gorge. Pauvres de nous ! C’est une énorme poubelle à ciel ouvert, où certaines usines (Levure pâtissière Vanoise etc.) viennent jeter leurs déchets au bord d’un des plus beaux lacs du pays ! Le plastique et les bouteilles vides chevauchent les cartons pour aller vers un brasier à ciel ouvert…
Soudain, à un tournant, une Fiat 127 rouge avec des plaques bleues de location à côté d’une Super 5 noire, série 47. Deux modèles de musée. Ou presque. Les portières sont largement ouvertes et les sièges vides. Je m’approche …et m’approche encore pour découvrir sur le siège du conducteur…un gros bloc métallique rouge. Une glacière rouge, laissant paraitre des canettes de bière Celtia…
Le décor semble irréel. Un gros avion toutes les 3 ou 5 minutes semble raser l'eau et ces deux voitures abandonnées pour piquer sur l'aéroport de Tunis-Carthage! Un Lufthansa suit un Dubaï Airlines tout aussi prestigieux. Au large, le bleu du lac prononce ses teintes et me ramène vers mes océans du monde... la clef des champs est toujours si présente. Le soleil radieux, l'air frais et le calme de ces lieux en font un havre d'oubli, de paix...
Soudain un cri ! Soudain un souffle chaud à mon cou
Je me retourne et suis face à face à un hirsute personnage filiforme qui me tape sur l’épaule et me dit :
- « Pas de problème Monsieur, tu veux une bière tu te sers, mais à une condition, viens t’assoir avec nous, sur le sable, au bord de l’eau ! »
Aussitôt dit, aussitôt fait
Me voici assis avec deux jeunes de 22 ans et un de 60 ans environ aux lunettes noires sobres et méchantes. S’engage une discussion décousue… et leur fait plaisir en trinquant avec eux et les laisse parler et surtout répondre à mes questions.
- « Pourquoi une voiture de location Ahmed ? »
- « Les voitures sont chères, camarade. Moi, j’ai le privilège de rouler en voiture sans l’acheter et la loue chez un ami, sans dépôt aucun et pour 35 dinars (18€) par jour tous frais inclus »
- « Pourquoi tant de bière à 10h du matin ? »
- « Tu veux devenir le future Président du pays ? On sera 3 millions à voter pour toi si tu baisses le prix de la bière de 50% »
- « Non ! je préfère dans ce cas doubler le volume, passer à 450cc et légèrement augmenter le prix, sans le doubler. On gagnera en emballage et en équité »
- « ça y est ! On vote tous pour toi ! Vive la Révolution du peuple ! Vive la Tunisie du peuple ! »
Trente minutes de pur bonheur avec ce trio inconnu qui m’a ouvert son cœur et partagé sa bière, son butin de guerre et d’évasion… à quelques encablures de centaines d’appartements à 2000 et 3000 dinars le m2. Mille Tunisie, dans cette Tunisie !
Dieu, quand est-ce que ce pays se remettra en marche ?
Quand est-ce que l’on se fixera comme objectif, de devenir le Singapour de la Méditerranée ?
Ojala ! disent nos amis Espagnols ….
Rached Trimèche
Vadrouilleur du dimanche
http://www.cigv.com
21:06 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : lac, berges du lac, libye, celtia, chômeurs, tunisie
14.09.2010
La fuite du Voyageur
Extraction du cocon
C est peut’etre la premiere fois,en plus de 25 ans de voyage, que j ai du mal a m extraire de ma coquille, a quitter mon cocon et a envoyer au diable les mille et une occupations qui nous enchainent et cadenassent a double tour!
Fuir le quotidien, lacher prise et devenir un peu egoiste peut’etre pour penser enfin a sa propre personne etait devenu imperatif! La coupure s imposait avant l’ implosión!
Moi qui suit Voyageur de metier, je me suis confie et fie a Nan mon fils de Munich pour lui laisser carte blanche pour me fixer et reserver un petit periple centroamericain vers le COSTA RICA. Je n avais ni temps ni envie de le faire!!!
Voyager est un metier et le tout est de trouver les meilleurs avions et hotels au moindre cout et avec le plus de confort posible. Nan, notre heros aoutien de Namibie, a tenu son pari et me voici en fin de sejour, dans un des plus chrmants hotels du pays, inuagure en avril dernier par OSCAR ARIAS SANCHEZ ET PRIX NOB EL DE LA PAIX , le president du Costa Rica, en presence du propritaire dynamique et sympathique, le Tunisien de Vienne, Mister BEN ABDELKADER
Ici, tout est Cameleon, le nom meme de l’hotel, ou la couleur des murs changent toutes les 30 minutes et la couleur des coussins des lits et des sieges tous les matins!
C’est un peu un super VILLA DIDON de notre cher ami Mongi Loukil, love dans un ecrin de vegetation dense et tropicale, avec 23 suites de reve et d evasión!
Les hotesses sont d un charme fou et le gerant americain d’une extreme amabilite. Le temps a depuis longtemps suspendu son vol entre palmiers au tronc rouge, fougeres gigantesques, cocotiers elances et hibiscus frolant moult bananiers. De petits singes et gros vautours apparaissent de temps a autre pour nous lancer un chaleureux welcome….
La mer caraibe n’ a certes pas la blancheur et finesse du sable de Hammamet mais se veut une des plages les plus celebres pour surfer 6 mois par an. On y vient du monde entier.
Affaisse dans un suberbe canapé blanc avec beau matelas vert clair au fonds d un jardín tropical je me laisse aller a reprendre le fil de la vie
Papa!
Le jour ou mom Dieu sur Terre est parti, mon pere, j ai helas realise, le RIEN, le VIDE, le NEANT. Le **plus rien apres la mort**
Que reste –t-il donc comme motivation pour poursuivre le voyage de la vie, avant de se dire ‘ quand la mort viendra je ne serai plus la’?
Il ne rete plus qu’a essayer de donner un sens a la vie et pour eviter l’eternelle fuite en avant et j ai adopte une simple devise : SEUL L’AMOUR VAINCRA. Car c ‘est finalement ce que l’on donne qui donne un certain sens a la vie: un sourire, un pain, une carte de telephone, un conseil ou plus encore…
Aimer cest fuir de beliqueux sentiments tels que la Haine et l’Indifference
Aimer c’est vivre un peu, c’est essayer de comprendre l’autre et l’accepter avec nos montagnes de differences
Pour gader cette motivation dans la Jungle de la vie, j ai garde mon antidote supreme, le seul que je connaisse et le seul qui me comble. Le voyage. Voyager c’ est vivre un peu!
Flash back
Il fallait quitter Tunis avant la fin de ramadán, fermer mon officine et toutes mes autres occupations sociales, culturelles et caritatives et le stress social de l.aid et partir, partir, parrrrtir!
Je retrouve mes petits rites pas a pas: Denicher ma vieille montre de voyage qui m’ accompagna dans au moins 170 des 192 pays visites. Une vielle ARDATH blanche a bracelet metallique, achetee a 5FrS a Geneve a l’age de 17 ans…
Je la remonte comme au bon temps et elle marche. Je prepare un baluchon de 7 Kg au maximum, mes papiers, 4 sous et Viva l’aventura.
Plus je retrouve mes vieux Jeans, tee shorts et baskets, plus je suis heureux. Le Voyageur n a besoin d’aucun artifice. Pratiquement de rien. Ses seules armes sont: un sourire, la communication permanente et la presence d esprit. Car une journee peut etre decuplee en trouvailles, visites et rencontres si tout est en eveil permanent. On semble flotter dans les airs et les cieux , on parlera a tel en espagnol, a l’autre en anglais et a un 3e en allemand par exemple, et le tout dans un meme cercle a une meme table, souvent dans 9 idiomes differents et ce sans reflechir. Pavlov et Bouddha feront le reste.
Car, commuiquer c’est exister. Car communiquer cest penetrer l’autre et doubler ou tripler le sens du voyage et l aventure par la richesse de nos differences. Il est tres rare et meme rarissime qu une porte me fut claquee au nez, face a mon sourire, sauf deux exeptions dans toute une vie!
La premiere etait a la ‘’Madrague’’ que Paris Match encencait a l époque. A St Trop en bord de mer. J avais 15 ou 16 ans et je me suis cahe de nuit, dans son jardín de la Madrague, a Saint Tropez, esperant la voir a l’aube prendre son premier bain toute nue (dit-on), comme la chanson de Brassens , et l interviewer du meme coup.
Une nuit bien blanche, heureuse et…palpitante. A six heures tapantes la si belle Brigide Bardot sort d un bosquet allant vers l eau… J ai pris mes jambes a mon coup, je croyais qu elle etait la niece du general africain Bocassa et qu’elle allait me bouffer tout cru, en criant : Sale journaliste de M… go, get out”
Ma secomde mesaventure fut avec mon fils Anis, qui accepta avec joie de paratager dans ma REISEFIEBER ou Fievre de voyage un de mes Tics ou rites, depuis toujours, de sonner a une maison et me faire inviter a boire un café. Cela marcha dans 192 pays du monde et meme en Tunisie, l,ete passé, chez KB, aux deux oueds d el Mrzga Hammamet, don’t j ai brosse la vie sur ce meme Blog…
Bref, nous etions a Ahvananen a Aland, au Nord de la Finlande ou l’ete se pare de 24 heures de soleil sur 24. Au bout de dix refus dans dix maisons j ai eu bete idee pour forcer la porte de l’autre et partager Boisson, faute de sel et pain: Acheter a la superette du coin des sachets de the infusion.
La maison nordique est un petit chalet suisse a la porte rouge, La dame une bonde de 30 ans decouvrant au seuil de sa porte deux messieurs tenant en souriant, en bout de doigts, un sachet de the infusión avec un large sourire aux levres et parlant suedois, pour lui dire simplement :
‘ Nous avons un petit probleme, c est l’heure de notre the bouddiste, nous avons certes le the mais tout ce qui nous manque c’ est un peu d eau chaude’
Son expression de visage se pare de mille et une interrogations face a ces Martiens bruns venus de nulle part… elle fond comme beurre ou neige au soleil
Une si belle soirée chez la belle Brigitta avec de delicieux gateaux maison et tant de rire et de joie!
Voyager est peut-etre un metier et un gros…Virus V.
NB. Veuillez excuser mon clavier costaricien Qwerty….
18:28 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : costa rica, voyage, passion, stress, oubli, evasion, amour, decouvertes
12.09.2010
Apprenti mafieux a Roma
Costa Rica –suite-
Notre amie Romaine du Costa Rica me devoile en fin de soiree une autre aventure perilleuse dans sa longue vie de 24 printemps.
Avec un clavier qwerty continuons le voyage!
Elle avait deja 18 ans et fit la connaissance , un soir, d´un Magherbin –Hassan- du double de son age ,ami de son frere vivant dans un camion depuis une longue annee.
Notre amie etait en panne d argent et notre Magrebin lui offre 6 000 euros cash si elle faisait ce qu il allait lui demander.
Pour acheter ses joints elle etait presque prete a tout et la demande semblait facile pour la belle Italienne aux yeux lagon!´
Un avion. Un aeroport d arrivee. Une famille d accueil. Deux jours au village du pere de Hassen le Beau quadra et retour avec le megot recolte par la famille du Maghrebin reste a Rome, 6 000 euros en coupures de 100!
Elle demanda a retirer l extrait de naissance de Hassan-et d autres papiers adminitratifs, pour epouser enfin ce Monsieur et lui permettre ainsi d obtenir un passeport italien.
Sa copine venait de faire la meme chose 6 mois auparavant et avait gagne 8 000 euros. Bingo.
A l aeroport de Roma Fumiccino Hassen l attendait tout sourire dehors et pris le volant de sa Fiat. Au bout de 30 minutes il braque sur elle un pistolet et lui prend les 6 000 euros et ses papiers glanes a Tunis par ses parents heureux d aider leur fils a devenir Italien et donc a les aider plus tard a trouver une porte au soleil
-Mais pourquoi a-t-il pris les 6000 euros, tu ne l epouseras donc plus et il ne sera pas citoyen de Berlusconi
-Euuh, cest fort simple, il est nerveux. J ai refuse de lui donner la moitie de la somme recoltee pour etre payee en deux fois, avant et après le passeport. Il prefera tout annuler et me foutre dehors de la voiture sur autoroute et de nuit.
- Ah, mais cela ne tient pas debout apres ce deplacement au Maghreb
- Si, si c est ainsi
-Ok, et l as tu revu depuis
- Oh que oui…. Il a epouse ma mere et devenu donc Italien. Ma mere divorcee trouva ce Beau brun et se ruina. Il lui fit vendre tout ce qu elle abatí en biens et s en empara.
Depuis six mois a peine la police l a arrete pour faute tres grave et embarque a son pays de naissance au Maghreb
Pauvre jeune amie, si inconsciente et abondonnee qui se laissa aller aux deboires de la vie.
Qu elle soit aujourd hui avec un enfant au Costa Rica et un compagnon aimable, sportif et equilibre frise l incroyable
VAYA CON DIOS AMIGA
00:25 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : mafia, italie, maghreb, faux passeport, argent, drogue
26.04.2009
Dieu reconnaîtra les siens
8714 ?
Déjà 20h. Lessivé par mon service ou garde, du samedi à la pharmacie, je prends péniblement la route de la Cité olympique de Tunis. Belhassine Chérif, Membre du CIGV-Tunisie, nous a quitté pour un dernier voyage et je voulais rendre visite à sa famille à l’occasion de la cérémonie du troisième jour ou « Fark »,!

Quel dédale ! Quel labyrinthe crétois ! Dionysos, Hercule et Zeus perdraient leur grec et même leur latin dans ces rues et ruelles toutes semblables.
La nuit tous les chats sont gris n’est-ce pas ?
Par comble de malheur, j’ai oublié mon portable et je ne peux téléphoner chez moi pour avoir le numéro ou nom exact de la rue, de la maison du défunt !
Une cabine téléphonique providentielle neuve et pimpante me délivre du doute pour une seule petite pièce jaune de 100 millimes !
Faudra chercher cette fois le 12 de la Rue 8714 !
Suivent une dizaine de vaines recherches pour aboutir à un ensemble de villas sobres et cossues en bout de rue. Je parque sagement et continue à chercher à pied un éventuel N° 12 de cette rue mystérieuse.
Un jeune couple élégant passe, me toise et me demande même la cause de mon embarras visible. Dans un français châtié, du haut de ses talons de bottes en cuir noir elle me dit :
- « Monsieur, je pense que vous vous trompez de maison et de rue, le « Fark » que vous recherchez n’est pas dans cette rue mais juste derrière cette villa ci ! Reprenez votre voiture et faite le tour du pâté de maison. »
Aussitôt dit aussitôt fait, me voilà effectivement face à une maison à la porte grande ouverte et largement éclairée où se pressent des dizaines de personnes. Je présente mes condoléances aux personnes qui me reçoivent et prend une petite chaise au fond de la salle attendant le passage de l’épouse de mon ami, la maîtresse de maison.
Plus de 20 longues minutes passent. Plus d’un visage connu et plus d’une connaissance retrouvée. Fatigué, je m’apprête à rentrer et ose demander si je pouvais aller vers Lella Wassila l’épouse du défunt pour l’embrasser et lui exprimer mon amitié cigéviste.
Ma question jette un terrible froid. La salle qui était une petite ruche bourdonnante semble figée dans un silence lugubre et mystérieux.
Le plus âgé, le patriarche de la famille, prend son courage à deux mains et me dit :
- Je crois monsieur à votre allure que vous n’êtes pas un plaisantin, mais que vraisemblablement vous vous trompez de cérémonie funèbre. »
Je bois ma honte et quitte la maison en m’excusant.
Une belle Noire Tutsi, fine, élégante et souriante est là adossée coquettement à ma voiture et m’aborde sans vergogne :
-« Vous avez l’air d’un chien battu mon pauvre monsieur. C’est la vie vous savez ! Dieu reconnaîtra les siens et votre parent prendra le chemin du paradis… »
- « Mais de quel beau pays d’Afrique êtes-vous donc Belle Dame et que faites vous dans ces rues à numéros multiples-bizarres-et-trompeurs ? »
Me voici pour dix minutes plongé dans le souvenir de ce pays que j’ai connu en pleine guerre où le hasard a voulu que j’assiste à une des plus grands génocides de la planète, en « temps et en nombre »entre Tustsis et Hutus. Plus de 500 000 tués en 100 jours à peine. Au pays des mille collines, au Rwanda !
Elle ne peut s’empêcher d’éclater de rire en écoutant le récit de ma « confusion de maison », me prend par le bras et m’explique :
-« Il y a trois jours, deux de mes voisins sont morts le même jour. L’un ici , dans cette maison d’où vous sortez et l’autre derrière dans la villa opposée où vous étiez et d’où votre fausse blonde en bottes de cuir vous a mal dirigée… ».
Cinq minutes plus tard, je retrouvais Wassila Chérif et ses trois enfants…dans leur maison.
« Il n’est pas parti il nous a devancés »
13:13 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : mort, décès, cérémonie funebre, rwanda, tutsis, hutus, massacre, genocide









