13.05.2008
Les garçons à l'île Rodrigues (6e et dernier)
Plongée au bout du monde
(Rodrigues. Mai 2008) . Notre seconde étape du périple est insulaire à nouveau. L’île lointaine de Rodrigues au cœur de l’Océan indien. Loin de tout. Un monde où l’homme a tout saccagé à son arrivée il y a 350 ans à peine sur une île déserte. Tortues géantes, Solitaire ou Dodo, bois précieux et autres animaux et plantes uniques.

Portugais, Français et Anglais au long cours se s’en donnés à cœur joie, dans ce paradis du bout du monde. Depuis, tout cela s’est calmé et les 37 500 habitants du pays ont décidé en toute démocratie de protéger leur littoral, leur faune et leur flore. La modernité et modernisme de l’île Maurice sont ici inconnus et tout est super protégé : fleurs, faune et coraux. On y reviendra dans un grand reportage !
Ce matin, Zi mon fils est fébrile et serein à la fois. It’s the big day : son baptême de plongée en bouteille. Caramba !

Notre embarcation prend le large poussé par deux moteurs japonais furieux ! Il faut rejoindre la passe au loin, là où commence la fente abyssale de 60 mètres et où le requin marteau et les raies géantes seraient visibles.
Le moniteur calme et détendu explique toute la technique de la plongée à Zi. Aussitôt dit aussitôt fait que voilà nos deux plongeurs déguisés en marsouins noirs dans une belle combinaison de plongée avec une lourde bouteille sur le dos et des masques bleus.
Tout va très vite. Ils basculent dos dans l’eau et apparaissent enfin …les premières bulles d’oxygène des plongeurs invétérés.
Au bout de 30 minutes qui me paraissent durer un siècle je n’arrive plus à distinguer les bulles proches de la passe de l’Océan Indien. Deux, trois, sept minutes passent. Notre conducteur de bateau à moitié rastas aux cheveux crépus et aux lunettes géantes et noires lance son verdict :
- « Je ne vois plus du tout les bulles d’oxygène des plongeurs ».
La mer est houleuse et mon cœur bat la chamade. Je m’empare rapidement du premier masque et tube et dans ma précipitation je le laisse hélas filer dans l’eau en voulant plonger. Un deuxième existe heureusement.
Je nage dans une eau silencieuse avec au sol un merveilleux lagon parsemé de coraux multicolores et poissons langoureux ? Au bout de cinq petites minutes, je vois les plongeurs six mètres plus bas ? Pendant plus de vingt minutes, en mère-père-poule je nage au dessus de mon fils en le suivant dans ses randonnées de plongée sous-marine… Puis, comme soulagé par cet accompagnement, je regagne notre petit bateau. Désangoissé et soulagé !

Le soir, entre deux bonnes bières locales bien fraîches, Phoenix, une question revient sur le tapis :
- « Avec toute ton énergie et temps dépensés dans tes clubs Kiwanis et CIGV par exemple, t’aurais pu te mettre dans les grosses affaires et devenir incontestablement milliardaire papa ? »
Quand je demande à quoi cela sert-il par exemple, on me répond « à avoir par exemple un petit bateau pour la plongée ou prendre toujours les meilleurs hôtels du monde… »
Sans être une réponse de Normand ma réponse reflète tout simplement ce que je pense :
Au plus profond de mon âme je suis marqué par mes 52 premiers pays visités en auto-stop à l’âge de l’adolescence, entre 17 et 22 ans ! Cette merveilleuse envolée dans le monde, cette périlleuse descente de la Cordillère des Andes à travers tous les pays de l’Amérique latine et un retour (en stop toujours) par l’Amazonie, vous forgent un état d’esprit.
Cette chance de voyager sans le sou, armé uniquement de mon sourire et des langues étrangères m’a ouvert toutes les portes du monde et ne m’a épargné de la route du gain rapace de l’argent.
Après mes longues et différentes études universitaires, j’ai vite compris que l’argent était une simple drogue (dépendante) où les zéros de vos millions et milliards sont souvent dans un écran d’ordinateur ou sur une feuille de papier. Rien de jouissif, rien de valeureux, rien d’extasiant, comme une aventure humaine, la connaissance d’un nouveau pays ou de nouveaux Hommes.
C’est vrai que mes dizaines de milliers d’heures offertes à mes associations auraient pu être lucratives et me transformer en nabab !
Aurais-je eu ainsi la joie, de continuer à découvrir le monde en vrai voyageur qui passe du cinq étoiles au logement chez l’habitant, comme à Rodrigues ?
Aurais-je eu le luxe de partir, quand je voulais pour découvrir le monde ?

Cela me rappelle une histoire entre un grand père et son petit-fils Marseillais !
- Jean, tu as 28 ans et tu dois enfin de mettre au travail et gagner ta vie !
- Pourquoi donc Pépé ? Je suis bien comme cela avec mon petit remplacement temporaire à la poste, deux jours par semaine !
- Mais si tu commences un petit projet, je t’avance les fonds et tu seras rapidement aisé !
- Et une fois assez fortuné je fais quoi ?
- Tu vends ta petite entreprise et tu crées une nouvelle trois fois plus grande et tu travailles trois fois plus !
- Et après tout cela ?
- Tu vends enfin cette nouvelle entreprise et tu crées une nouvelle. Tu travailleras jour et nuit pendant 10 ans et tu seras enfin millionnaire !
- Ah bon ? et une fois millionnaire je fais quoi ?
- Alors là, à soixante ans, tu lèveras le pied et tu n’iras plus que deux fois par semaine dans ton usine. Tu auras enfin le temps de paresser, de dormir et même de voyager !
- Mais Pépé pourquoi attendre l’âge de 60 ans pour avoir ce dit paradis, alors que je l’ai déjà avec mes petits remplacements à la poste ?
.
Puisse l'arbre du voyageur vous protéger tous trois et vous inviter à continer à explorer le monde!
14:30 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : rodrigue, milliardaire, amour, voyage Ile maurice, enfant, père
10.05.2008
(5) Les garçons à l'île Maurice
AH MAURITIUS !
l'île Maurice a ceci de particulier, c'est qu'elle peut offrir un toursime exclusif et particulier! Le vadrouilleur, le touriste et le Voyageur trouvent chacun son compte dans cette île à 10 000 kilométres de Paris. Beauté, culture, évasions, belles plages et bonne table !

L’île Maurice cache néanmoins un autre tourisme bien connu de notre cher ami cigéviste, Patrice Clozier : le charme, le calme et le grand confort !
Imaginez quelques îlots hôteliers où le service est indien (donc parfait), où la direction est souvent européenne (donc rigoureuse) et où le cadre est mauricien (donc paradisiaque) !
Le mélange est détonnant et réussi!
Le tout se fait dans l’anonymat, le luxe et surtout la simplicité ! Votre suite sera discrètement inspectée dix fois par jour, pour refaire une corbeille de fruit, changer une serviette bien blanche et soyeuse ou vérifier les savons parfumés de votre salle bain ! Votre lit sera souvent le plus confortable du monde et au Royal Palm la chansonnette va beaucoup plus loin encore.
Le cadre est tout simplement idyllique. Une entrée anonyme, sans écriteau aucun. Un immense parc illuminé discrètement et doublement : des spots au sol éclairent les cocotiers, banyans, palmiers, bougainvilliers et super lauriers et d’autres spots aériens éclairent la trajectoire d’un cocotier en fruit ou d’un gazon digne d’un parc anglais ! Une Rolls-Royce Phantom argentée modèle 2003 et deux BMW X5 sont au service des Top VIP du monde ! Stars et chefs d’Etat se bousculent au portillon. Dans la plus grande des discrétions !
En front de mer, un bar longiligne longe le premier étage de l’hôtel pour vous offrir à l’heure de l’apéro une grosse boule rouge dans vos bras ! C’est l’heure du coucher de soleil et la magie fera de l’astre flamboyant votre convive préféré ! Dans vos bras…en bout de mer !
La brise se fait caressante, aguichante et vivifiante ! Le soleil plonge dans l’Océan indien et l’eau garde une mystérieuse auréole orange sur sa douce peau !
Les bulles de votre champagne entament la lettre à Elise…et le temps a déjà cessé son vol et envol !
Plus loin, trois restaurants exotiques vous attendent avec les meilleurs vins de France et d’Afrique du Sud accompagnant fins poissons et cuisine raffinée ! Souvent un cœur de palmier accompagné d’un fin jambon servira d’amuse bouche.
Une lumière tamisée accompagne un orchestre italien où la seule voix du pianiste est un doux voyage dans le temps !
Discrets, courtois, silencieux et agiles comme des pingouins sur une banquise ensoleillée les garçons indiens en noir et blanc guetteront votre moindre geste pour assouvir vos désirs. Un verre à remplir, un briquet ou des noix de cajou trouveront rapidement le chemin de leur courtoisie et dextérité au service du client. Dignes d’un des meilleurs « Leading Hotels of the World »
Un déjeuner-voyage

A midi, c’est au Bar Plage, sous un gigantesque badamier, au « resto-arbre-dans-l’eau » que se regroupent les habitués pour un long déjeuner. Ici, on déguste, on ne mange pas. On se prélasse, on discute, on admire la plage privée et cette petite île en face avec ses trois yuccas géants et cocotiers effilés ! Le Directeur avenant et discret aura un petit sourire pour chacun ou une rapide et discrète poignée de main !
Les suites se suivent et ne se ressemblent pas. Ecrans plats géants, douches gigantesques, lits de toutes sortes, 3 ou 4 pièces communicantes et toujours cette fraîcheur et discrétion des lieux ! Elles seront selon leur style : Royal, Presidential, Penthouse, Garden, Tropical ou Palm et seront toujours front de mer dans un havre de paix formant l’adresse la plus prestigieuse de l’Océan Indien. Le Royal Palm honore ses hôtes d’un accueil exceptionnel où le raffinement d’un luxe discret rivalise avec une longue tradition d’hospitalité nous disent les gérants de l’hôtel !

La suite royale ou présidentielle communiquera avec une seconde pour permettre aux grands de ce monde de retrouver leur progéniture, le temps des vacances à l’île Maurice.
Chaque suite abrite son doux jardin et fait face à l’Océan Indien qui se veut calme et serein !
La surprise du client-roi sera de trouver sur un bureau d’acajou dans un coin de suite, un beau marocain et du papier à lettre perlé. Et divine surprise…chaque feuille arbore en lettres dorées votre nom ! Votre propre papier à lettre.
Doux Jésus !disait Tiburce au déjeuner…sous le badamier !
Avant le dîner tout le monde se retrouve au Spa pour décarcasser la machine et se laisser huiler et relaxer par de douces mains indiennes !
La clientèle est très variée ! Trois Chefs d’Etats ont occupé cette dernière suite en 2008 et des dizaines de stars les suivent !
Des dames du monde
D’autres clientes vivent l’instant, au Royal Palm de Maurice.

-Marie est avocate parisienne vivant le stress hebdomadaire des avions entre ses bureaux de New York et de Paris. Avec sa fille de huit ans elle vient ici tous les six mois pour se ressourcer durant dix jours !
-Maya est jeune médecin parisien avec quatre jeunes enfants, de 2 à 7 ans ! Avec un époux trader, de haute renommée; elle ferme cabinet et pouponne la jeune famille et répond : « Disons que ma vie est sportive avec 4 enfants ». A six, leurs vacances à Maurice se passent très bien. L’hôtel s’occupe de tout. Son père a quitté sa Tunisie il y a plus de trente ans…pour épouser une Française et s’installer en France.
-Elisabeth, enfin, vient pour la première fois dans cet établissement mais connaît bien Maurice comme les deux précédentes dames ! Elisabeth dirige à Johannesburg une scierie de bois et une ferme de 350 hectares sous forme de « Kruger Parc » ou parc animalier ! Elle réalise, hélas, qu’aux prochaines élections présidentielles, en Afrique du Sud, plus d’un Blanc pense à quitter le pays ! Elle a déjà réservé une once de paradis près de Brisbane, au Queensland, en Australie ! L’Afrique du Sud risque de perdre ses millions de blancs et peut-être toute sa fortune… Mandela où es-tu ?
Le pied, le nec le plus ultra, le fin du fin, c’est le matin au Royal Palm Mauritius !
PERIPLE MATINAL
A la chaîne Beachcomber le client est toujours roi et doit surtout se sentir roi ! La cérémonie du matin commence dans votre jardin par l’arrivée de quatre à six serveurs en tenue blanche portant chacun à bout de bras un gigantesque plateau d’argent couvert par une véritable coupe rutilante ! Commence un doux manège.
Les tables se dressent et les nappes blanches envahissent le bois rouge. Plus blanches que blanches. Se dressent alors pendant plus de 20 minutes toutes sortes de petits et grands plats, tasses, verres, couverts en argent et autres invitations au voyage culinaire !
Il suffit de goûter et de se laisser aller en admirant cette plage au beau sable fin et cet océan si clame et bleu ! Un festin dites-vous ? Oui, et le mot n’est pas de trop !
Escale bienfaitrice
C’est dans ce décor des mille une nuits que je passe 48 heures avec mon fils pour nous préparer à la grande aventure insulaire, la découverte de la lointaine île Rodrigues, le but de notre périple.
Maurice sera ainsi notre escale de récupération et de retrouvailles à tous deux, vu que ses études lointaines me privent de sa présence et nos vacances d’été à Hammamet ont ceci de particulier… c’est d’avoir un chiffre commun: le sept ! L’heure où je quitte la ville pour monter travailler à Tunis et l’heure où les jeunes rentrent des boites de cette ville folle !
On avait donc convenu de se faire pouponner et chouchouter 48 heures dans cet hôtel (Merci Patrice) pour nous retrouver un peu, avant d’entreprendre le long voyage vers Rodrigues puis le séjour final à Dubaï !
Tout allait parfaitement bien et j’étais si fier et heureux de retrouver mon vieux compagnon de route (et sa phénoménale culture) avec qui j’ai découvert alors qu’il n’avait que de 6 à 14 ans, aussi bien Santa Lucia et Saint Vincent aux Caraïbes, que la grande et belle Perse, le Kosovo et les trois pays baltes par exemple, soit 41 pays en tout !
La nuit
Vers trois heures du matin, dans un silence à couper le beurre avec un fil d’acier, je me réveille et aperçois un grand vide dans le lit de mon fils.
Toutes les pièces de notre habilitation sont vides. Jardins, plages, Spa, mer et bars sont tout aussi déserts !
Mort d’inquiétude et fou de rage je me résigne à partir à la chasse de l’oiseau envolé ou évaporé ! Il avait portant ordonné lui-même notre copieux petit déjeuner par écrit pour 8h15 du matin et avait donc prévu de dormir sagement…
Je quitte furtivement l’hôtel et demande au dernier portier, en fin de parc, de m’indiquer les plus proches boites du quartier… A la 4e boite, errant comme un paumé, je sens une main sur mon épaule : « Papa que fais-tu là ? »
Comme un zombie je prends le chemin du retour entre chiens errants et trottoirs défoncés ! Vers 6 heures du matin je l’entends venir…sur la pointe des pieds.
Au petit déjeuner, hélas silencieux, je me suis remis mille fois en question. Et si le monde avait réellement changé ? Et si un jeune qui n’est surtout pas privé de boites fut quand même tenté de découvrir celles de Maurice ? Et si j’apprenais à ne plus ainsi avoir peur au milieu de la nuit plutôt que de foutre en l’air une paisible nuit dans un des endroits les plus beaux du monde?
Oui, le monde a changé. La « vie en meute » dite vie intense entre copains change peut-être un individu ? Peut-être.
Cet enfant est dans mes tripes, mon cœur et dans ma tête tout en étant certes libre de toutes ses actions…
Seul le silence est grand et seul l’Amour vaincra !
@suivre
(6) Les garçons à l'île Rodrigues
(7) Papa POURQUOI n'es-tu pas milliardaire ?
19:05 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : île maurice, luxe, beauté
01.05.2008
Alora les garcons ....
Instinct de père dites-vous?
D`un lointain petit monde insulaire, à l île Rodrigues, au cœur de l`Océan Indien, je m`escrime avec un clavier anglais, aux lunatiques accents graves, aigus ou autres chapeaux. Une valse à mille temps bercée par un resac apaisant..
La phrase ou réplique incisive de Madame Robert Badinter revient en boucle dans ma petite tête :``si l`instinct maternel n`existait pas ?``.
Non, il existe bel et bien Madame Badinter et l`instinct paternel est peut-être tout aussi fort…
Apres un bon café, sous un gigantesque Cocotier bouteille, dit hydrophobe, à l`allure trapue et fourni de larges feuilles, les images de la vie se bousculent. Les récentes pages de ma vie déambulent. Vite, très vite.
A la veille de son opération qui allait lui ôter définitivement la voix, le ténor du barreau de Tunis, mon père, nous étions installes aux Citadines de Marseille pas loin de l`hôpital, la Timone, depuis plus de 15 jours….
A la veille de l`irréparable, de l`opération mutilante (laryngectomie), mon père qui n`était de nature pas très bavard… sentant le sentence tomber…me parla de midi à deux du matin sur un ton badin, paternel et surtout, surtout amical. Il voulait me passer un dernier message verbal, lui le guide ma vie, le premier de mes amis, lui mon Dieu sur Terre et dans le ciel.
J`avais l`impression de recevoir un dernier conseil. Le message. Aujourd`hui, après tant d`années, des mots clefs, ses conseils, sont devenus l`armature de ma petite philosophie de vie :
- Le sens de la vie c`est de donner et d`aimer.
- Le sens, le vrai sens de la vie d`un père ce sont ses enfants.
Et il me répétait de mille façons différentes que la seule valeur en bourse qui soit au diapason c`est l`amour des enfants. Que je devais donc donner à mes enfants surtout, mon temps. Le Temps et l`Amour.
Les années passent et se construit et se forge en l`homme, le père.
Les années avancent et forgent son instinct paternel qui sera encore plus fort et plus affûte.
CINQ AVENTURES JUVELINES
L`instinct paternel doublé d`amour paternel très fort a cet inconvénient de devenir irréfléchi et incontrôlable face à l`éventuel danger…. Je repense à Tigra notre belle chienne Rotwheiller allemande de 60 Kg qui vient d avoir une portée de 12 chiots et qui s`est transformée en doux agneau assurant vie, survie et garde a sa progéniture. 24 heures sur 24 heures.
L`homme, cette plante dite évoluée, à certes les mêmes réactions que Tigra. Cela me ramène à cinq expériences involontaires avec mes 3 garçons, mes copains et compagnons de voyage de toute une vie, aux quatre coins de la planète.
- Une toute première à Hammamet en Tunisie l`été, à trois heures du matin, alors que l`aîné n`avait que 14 ans.
- Avec Nan, dans un Séoul nocturne lové dans une lointaine et insolite Corée du Sud à deux heures du matin.
- Avec Alex, à deux heures du matin au coeur de l`Alaska, un peu au bout du monde.
- une toute dernière, en début de cette semaine, au nord de la si belle île Maurice dans un des plus beaux et confortables hôtels du monde à trois heures du matin et une toute dernière, hier matin, dans le lagon de l`île Rodrigues, l`île du bout du monde, sous un soleil de plomb, pour le baptême de plongée avec bouteilles, de Zi.
De partout, c`est le père qui se réveille et qui explose sans aucune ceinture de sécurité. La peur, la protection animale et la crainte seront souvent dans un état premier. L`école de la vie est bien longue et l`homme reste un éternel apprenti…
A suivre dans cinq aventures juvéniles autour du monde.
PS désolé chers lecteurs pour la valse des accents manquants sur mon clavier voyageur…
16:55 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : maurice, pere, instinct, amour, enfant, rodrigues
18.04.2008
Lac Retba et rêves évaporés en 4*4
Au pays du Lac Rose

3e escale sénégalaise ! Après la découverte de la très forte présence de l’Islam au Sénégal, la seconde surprise est de rencontrer encore tant de Blancs dans les rues. Ces Blancs sont répartis en deux groupes égaux en nombre.
Le premier groupe blanc du Sénégal est bien sûr celui des Français. Français que l’on retrouve surtout à la tête d’industries, de départements administratifs, de grosses entreprises, d’hôtels et restaurants sélects et bien sûr à la tête de leurs propres entreprises privées. Ne parlons pas de tous ces Français venus s’installer temporairement à Dakar comme consultants, conseillers, experts ou coopérants ... De la famille Mimeran (sucrerie) à la famille Sarraut, les Français sont très bien intégrés aux Sénégalais avec qui ils vivent en parfaite symbiose et amitié.
Près de 30 000 Libanais forment le deuxième groupe blanc et tiennent presque tous les commerces et restaurants du pays. Un Libanais qui s’étonnait de mon étonnement me répondit : « Nos pères ont quitter Beyrouth en faisant escale à Dakar pour continuer vers l’Amérique, mais l’escale ne se termina jamais.. ».
La famille Bourgui, par exemple s’occupe d’hôtelleries, de transit et même de spiritueux en représentant une des plus grosses fortunes libanaises du pays. L’hôtel même où j’habitais (El Afifa) appartient à une dynamique et charmante Libanaise qui tous les matins s’en va visiter ses autres affaires au volant de sa grosse Mercedes, pour retrouver le soir son hôtel très bien tenu. Les belles Pizzerias, night- club et cafés sont encore tenus par des Libanais, sans parler des librairies et de tous les petits commerces. Mais de par tout ce sont les Sénégalais qui dirigent le pays, avec la coopération de ces deux dernières communautés.
Est-il possible de parler d’étranger à Dakar ou au Sénégal en général, sans avoir le courage d’évoquer ses ombres voguantes et errantes dans les rues et boulevards de la capitale ? D’aucuns vous diront que ces estropiés, culs-de-jatte et lépreux guéris aux moignons saillants sont des réfugiés de certains pays voisins comme le Mali, par exemple. D’autres vous diront que ce phénomène de mendicité à Dakar, sous certaines formes errantes, s’explique d’une façon fort simple :
Le nord du pays subissant une forte sécheresse envoie vers la capitale certains chômeurs ou désœuvrés qui trouvent rapidement une aumône charitable... et je pense à mon ami N’Diaye qui a constamment dans sa voiture une dizaine de pièces de monnaie qu’il distribue généreusement. Dans ce pays d’Islam, l’aumône reste très noble.
D’autres part, la cherté de la vie est frappante en pensant au loyer, au litre d’essence à 350 francs CFA ou même à un simple café- crème dans un hôtel pour cette même somme ou presque un euro. Les salaires bien sûr ne sont pas très élevés mais les avantages administratifs sont nombreux.
Le soir venu Dakar offre dans ses restaurants, hôtels et boites une vies très parisienne où le plus rare vin régional et eau minérale de France seront servis. Très joyeux de caractère, le Dakarois sera endosser le soir l’habit jovial pour écouter beaucoup de musique, rendre visite à ses amis et sortir souvent en charmante compagnie...
A l’antipode de cette société nocturne, je ne peux oublier le jaune et rouge annuaire téléphonique du Sénégal à la page de la ville de Longa, ou un milliardaire homme d’affaire faisait suivre son nom, non pas de ses professions argentées , mais de titre de « Marabout » . Avec cette appellation « Marabout », nous rentrons dans un autre chapitre de la vie sénégalaise. Au Sénégal être marabout est une très grande marque de notoriété religieuse. Deux branches de confréries ou sectes existent aujourd’hui : les Maurides d’origine et de source sénégalaise, très actifs et dynamiques, et les Tijania, plus nombreux, d’origine Malékite venant de la région sud-algérienne du Jebel Amour, descendant du Cheikh Tijani, descendant lui-même du Calife. On ne peut apporter dans un reportage un quelconque jugement sur la vie des marabouts à moins de faire une profonde et studieuse recherche sur les us et costumes du pays. Remarquant simplement qu’au passé les marabouts ont joué un grand rôle pour la libération du pays et qu’aujourd’hui leur rang social est très respecté. Il est effectivement très difficile de cerner la croyance ou la mystique sénégalaise qui va de la religion bien sûr à certain gri gri et autres coutumes ancestrales. Toute description serait fatalement subjective, il faut vivre au Sénégal un certain temps pour s’imprégner de ses nobles coutumes profondément ancrées. D’autre part, ne parlons pas de maraboutage ou « Xondiom », un peu sorcier, qui a fait les frais, par exemple de la finale de la dixième championnat d’Afrique de basket ball féminin opposant le Sénégal au Zaïre... Nous entrerions là dans les méandres de gri- gri, de mauvais sort, de potion « safara », de fétiches « Juju » ou de mets très spéciaux. Cette parenthèse fétichiste n’est pas le sujet de notre reportage...
Le lac rose
En ce début d’après-midi, une petite heure de route et de sentier pour aller à 25 km de Dakar au Lac Rose. A ma grande surprise, je revois ici le lac d’Atika au Sud du Pérou avec cette même couleur rougeâtre qui donne au lac un air irréel. Sept millions de mètres cubes d’eau rose s’étalent dans un lac de 5 km ² et de 15 km de périmètre. Ce lac qui fut coupé de la mer par les dunes est incurvé dans une dépression inter dunaire. C’est la saison des pluies qui alimente ce lac en eau douce, mais cette eau dite douce est en fait une eau dix fois plus salée que la normale tout en atteignant presque la teneur en sel la plus forte du monde (420g /litre), celle de la Mer Morte. C’est cette forte concentration en sel, combinée à l’existence de divers micro-organismes en dépôt qui donne cette coloration rose aux reflets du soleil. Ce lac qui a pour nom véritable, « Lac Retba » est aujourd’hui exploité comme saline pour les habitants voisins. Ce ramassage quotidien du sel est un gagne- pain assuré. Mais il faut veiller à la sauvegarde de ce lac qui est sérieusement menacé de disparition. Monsieur Bakary Kanté, Directeur de l’environnement, ne cache pas son inquiétude en disant que le lac rose risque de disparaître plus vite que prévu si l’on n’y prend garde. Il faudra combattre la désertification, les dunes avoisinantes qui se meuvent et freiner peut être l’exploitation du sel.
Toujours sous le charme de l’envoûtement de ce Lac et de ce pays, je commence à me laisser distraire par le vrombissement des pales de cet hélicoptère qui nous survole. Thierry Sabine n’est pas dans cet hélicoptère hélas ! C’est un de ses adjoints qui montre aux motos et voitures qui le suivent un chemin à travers les dunes pour arriver au Lac Retba, point final de la course Paris- Dakar et du coup me voilà complètement réveillé pour réaliser que des centaines de voitures des curieux sont déjà parquées autour de ce lac, que des kilomètres de banderoles de bienvenue sont accrochées de partout et que la joie et la fête font le décor de ce site.
Par miracle, j’arrive à monter sur le podium en bois qui attend d’accueillir, en présence de Suzanne, la compagne de Thierry Sabine et de tous les organisateurs, les heureux gagnants. A un mètre de mon nez, le jeune et mince Cyril Neveu arrive sur son énorme Honda pour remporter sa quatrième victoire de Paris- Dakar. Plus loin c’est René Metge qui arrive dans une Porche ahurissante, inscrire une troisième victoire à son palmarès. Ce huitième rallye Paris- Dakar empreint une très grande émotion, ne sera à jamais oublié.
Sur un territoire un peu plus grand que la Tunisie , vivent aujourd’hui 6,5 millions de Sénégalais en plein cœur de Afrique Occidentale. Le Sénégal reste synonyme de gloire africaine, de l’africanité, de la négritude, de la haute culture, du civisme et de la civilisation du continent africain.
Dakar, au cœur de l’Afrique de l’Ouest, reste également une plaque tournante de ce continent tout en desservant par ses avions et navires l’Europe, l’Amérique et l’Asie.
Le successeur du Président Léopold Sédar Senghor, le Président Abdou Diouf, assure la bonne marche de son pays dans une grande démocratie tout en faisant face à certaines difficultés conjoncturelles. Que sera le Sénégal demain.
Ce matin nous sommes près du marché du poisson en bord de mer. En ce lieu, les ménagères viennent l’après-midi acheter les frais fruits de la marée à un prix imbattable. Cent mètres plus loin, c’est l’entrée d’un marché des mille et une nuits. Imaginez une centaine d’étales rustiques qui exposent tout ce que le Sénégal produit pour son ingénieux artisanat.
Le marché

Les beaux sacs en crocodile sont étalés pêle-mêle à côté d’autres sacs moins beaux en peaux de boa. Un travail de génie donne à ces sacs une rare et élégante beauté. Plus loin, c’est un étalage de statues souvent en bois d’ébène. Ce buste de négresse de 80 cm de haut avec une poitrine ferme et provocante et des yeux langoureux me rappelle la statuette de la même grandeur que j’ai achetée au Port- au- Prince alors que Baby Doc était encore le maitre incontesté de Haïti la belle. Plus loin d’autres statuettes représentent des éléphants, des lions, des singes, des hommes et des femmes. Dans un autre étal, un marchand filiforme et d’âge avancé nous présente avec soin et amour ses ivoires. La première est une paire de défenses d’éléphant minutieusement travaillées. La seconde est une paire de défenses naturelles d’une beauté sauvage. Dans une autre échoppe, le vendeur de nacre nous propose des boutons de manchettes, des boucles d’oreilles et des colliers. Plus loin encore, le tailleur de jade expose ses merveilleux bijoux au vert éclatant. Dans une autre ruelle, c’est un marchand de bronze qui expose des animaux et des hommes dans des postures vivantes.
De partout on ne risque rien de marchander jusqu’au tiers du prix aussi bien la carapace d’une tortue qu’une ceinture de crocodile, si le vendeur a son compte, il vous vendra. Pour le plaisir des yeux, le touriste ne pourra mieux trouver pour découvrir l’art du Sénégal.
Comment vit ce pays de 12 millions d’habitants ?
26% du PNB (Produit National Brut) vient de l’agriculture qui emploie 70% de la population et qui procure 40% des recettes d’exportations. Ce pays plat qui n’est heureusement que très partiellement un pays du Sahel dans sa région du Nord, a, au Sud, un climat tropical avec une Casamance très verte et fertile.
Limité par l’Océan Atlantique à l’Ouest, au Sud par la Guinée- Bissau et la république de Guinée et au Nord- Est par la Mauritanie et le Mali, tout en enclavant à son Sud la Gambie , 21% des terres agricoles sont cultivées en arachide, ce fruit curieux dont les graines sont appelées cacahouètes. Après fécondation, la fleur de cette plante s’enfonce dans le sol pour former le fruit. Ces arachides fournissent une huile utilisée en cuisine et en savonnerie et sont également consommées après torréfaction. Le Sénégal est le deuxième producteur mondial d’arachide par habitant après la Gambie. Le mil ou le millet est une céréale qui couvre 15% des surfaces cultivées. Le riz, les fruits tropicaux et la canne à sucre occupent le reste de ces terres cultivées.
D’autre part, c’est la pêche qui forment 4% du PNB et la majorité de la production animale du Sénégal. Au large des côtes, le courant des Canaries et le contre- courant chaud équatorial font que les eaux territoriales du Sénégal sont extrêmement poissonneuses. Cette pêche qui couvre largement les besoins du pays est exportée vers d’autres pays voisins et vers certains pays de la CEE (Communauté Economique Européenne). En outre, les zébus à bosse, les ovins, caprins et bovins commencent un repli vers des régions plus humides comme la Casamance ou Ciné- Saloum.
L’industrie
Si l’on vous parle d’un taux d’inflation de 15% et d’un taux de chômage de 60% au Sénégal, détrompez-vous. Ce dernier taux est absolument faux. Il y a effectivement beaucoup de non actifs mais non pas de chômeurs. Le pays vivant au rythme des saisons de pluie ou de sécheresse, le paysan travaillera à la saison adéquate et sera plus au moins au repos pendant la saison d’après. Quand on sait que le Sénégal a 70% de sa population dans l’agriculture, on comprend aisément qu’il est faux de parler de taux de chômage.
Aujourd’hui, le Sénégal avec un PNB de 730 US $ par tète et par an en 2006 (le tiers de celui de la Tunisie ), accentue, hélas, sa pauvreté par une sécheresse prolongée, une surnatalité et une dette extérieur très forte.
La période difficile de 1980-84 est heureusement dépassée, avec les contraintes du FMI (Fond Monétaire International), en supprimant, par exemple,certaines subventions à des produits de consommation. Pour éviter tout débordement populaire, ces mesures ont été échelonnées dans le temps pour le sucre, l’huile et le riz.
La terre Sénégalaise produit un riche phosphate des gisements de la région de Thiès. La production de 1,5 million de tonnes d’une réserve de 100 millions de tonnes est exploitée par le port de Dakar vers certaines capitales européennes. Quand au gisement de Pallo, il est le seul gisement mondial de phosphate d’alumine avec des réserves de 50millions de tonnes.
Sur le plan du textile, le Sénégal a le potentiel le plus important d’Afrique Noire francophone avec exportations vers les pays voisins.
Une zone franche industrielle, à la sortie de Dakar, est une base d’intérêt stratégique. Cette zone industrielle, dans la presqu’île du Cap Vert, dispose d’une infrastructure moderne et offre des avantages de premier ordre aux investisseurs étrangers. Le fleuve Sénégal est aménagé en aval par le barrage anti-sel de Diama et en amont, vers le Mali, par le barrage de Manantali qui produit un milliard de kWh par ans, sans parler de l’aménagement du fleuve Gambie avec un 3éme barrage.
Le Sénégal se penche également sur l’exploitation possible de la tourbe énergétique absorbante le long de la côte Saint- Louis Dakar.
La dette supérieur qui représente près de 50% du PNB, cumulée à la dette extérieure qui représente 25% du PNB demandent toutes les deux une grande vigilance des économistes et un ré- échelonnement du remboursement.
L’appartenance à la zone franc garantit la monnaie de l’Afrique occidentale, le franc CFA qui vaut deux centimes.
Plan Quinquennal
Le tourisme enfin qui représente déjà 3% du PNB tend à accroître rapidement sur les très belles plages de ce pays. Le Président Abdou Diouf, qui parallèlement préside d’une façon très efficace l’OUA (Organisation de l’Unité Africaine), compte beaucoup sur le 7ème Plan de Développement Economique et Social1985-89 pour le redressement économique du pays avec un taux annuel de croissance de 3,2%. Le Président Abdou Diouf a en outre le mérite, en dépit d’une situation sociale assez fragile, d’assainir, par exemple, les filières arachidières et céréalières.
Cette politique de rigueur a sensibilisé les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite et la France , par exemple, pour une nouvelle aide monétaire et une plaidoirie auprès du FMI.
Selon un dernier rapport du FMI, le service de la dette atteindrait 64,5% du PIB(Produit Intérieur Brut), mais tous ces pourcentages ne peuvent effrayer les dirigeants sénégalais qui ont conscience de la non- richesse de leur pays et qui s’attèlent à un grand développement économique du Sénégal, en encourageant surtout l’exploitation d’arachides, des produits de la mer, tout en dynamisant sensiblement le tourisme et en catalysant la production de coton, de mil, de sorgho, de maïs, de riz et bien sûr de phosphate. Certes, le pays a des problèmes économiques concrets, mais la volonté politique et la foi des dirigeants sont là pour pallier à tous ces aléas.
Adieu Sénégal
Ce soir, nous irons dîner au restaurant vietnamien « La Baie d’Along » sur l’avenue Bourguiba. L’intérieur de ce restaurant est à l’image de la capitale. Le confort d’une vie douce, sans stress aucun. Un serveur en veste blanche nous présente la carte du jour en nous lançant un respectueux « Djamangam », bonsoir, suivi d’un révérencieux « Djenedjef », merci. A chacune de nos demandes, il noud répondait par un bref « Ouaou », ou oui affirmatif. Même le « Kani », harissa du pays, nous est servi en compagnie d’un riz sauté.
Nos amis Grands Voyageurs nous parlent de la Casamance que nous n’aurons hélas pas le temps de voir cette fois et de son fabuleux parc national orné de palmiers, de cocotiers, de rôniers et même d’admirables et curieux fromagers dont les racines aériennes dépassent la taille d’un homme. Dans un parc national de Basse Casamance, l’oiseau « Calao » à casque jaune et l’aigle couronné « touracos » font partie des oiseaux de cette réserve. Le singe rouge ou vert, le buffle, l’hippopotame, la loutre à joues blanche, le serval, le léopard et la hyène tachetée forme cette faune exotique qui attire plus d’un touriste et qui nous fera revenir au Sénégal pour visiter la verte Casamance.
L’harmattan se fera un vent plus clément, la teranga, hospitalité, sera de mise et le Sénégal sera plus que jamais, une Terre de rencontres et de Tolérance !
R.T. 1986
NB 2007 : soit 21 ans après la rédaction de ce reportage, quelques chiffres changent :
Abdoulaye Wade, réélu en février 2007, est confronté à l’âge de 81 ans à la même opposition qui lui reproche une dérive autoritaire et un manquement social évident ! Le Sénégal est hélas classé 157e au monde au palmarès du Développement humain de l’ONU.
Avec un PNB de 750$US par tête et par an le Sénégal est classé 189e sur 222 pays. Bien que 9e producteur de millet au monde, le pays n’arrive pas hélas à nourrir ses enfants !
12:55 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : senegal, afrique, islam, millet, dérive autoritaire, lac rose, lac retba
15.04.2008
Que serait l’Amérique aujourd’hui sans l’apport du peuple noir ?
Une chaloupe
pour Dakar
La chaloupe est déjà au port. Envoûtés encore par l’histoire de cette île, sur la terrasse d’un café en fin de journée, nous buvons tranquillement un grand Perrier où flotte une fraîche jaune rondelle de citron. Un marchand de carapaces de tortues, filiforme et altier, essaie de nous vendre sa marchandise pour 10.000 CFA, soit 22 euros env. La carapace est belle, certes, mais elle paraît bien malheureuse devant ces belles carapaces de tortues antillaises vendues avec des têtes et des pattes incrustées.
Le bruit du silence de cette terrasse couverte de rouges bougainvillées et de frangipaniers eux- mêmes encerclés de longs palmiers, continue à nous faire voguer dans la tumultueuse histoire de l’île de Gorée.
Ce soir, au bord de la corniche dakaroise, nous retrouvons nos amis au Restaurant Lagon II qui a l’avantage d’être couvert par rapport au Lagon I qui est à ciel ouvert face à l’Atlantique. Un « Djamangam » ou bonsoir amical est échangé entre les hôtes. Un bébé thiof (prononcer « tchof ») de 30 cm de long est le poisson du jour proposé.
Une chair de poisson succulente et fondante, d’une fraîcheur certaine, accompagnée d’un épicé « atiéké » ou genre de couscous à base de manioc et d’un petit taboulé libanais , le tout arrosé d’une abondante eau Contrexéville qui aura fait un bon long voyage de Marseille à Dakar pour arriver à notre table. Le restaurant est au grand complet. Le soir, les Dakarois, ont une vie nocturne bien remplie et les restaurants sont en principe le commencement d’une belle soirée dans cette capitale qu’on ira découvrir ensemble.
Dakar ou la ville aristocrate de l’Afrique, la ville culturelle du continent, la ville à haute éducation et raffinement ! Dakar la mal éclairée, aux rues souvent étroites et mal asphaltées et aux nombreux mendiants souvent mutilés. Dakar aux beaux hôtels de luxe, à la grande élite intellectuelle et centre de siège d’organismes internationaux africains comme la BCEAO (Banque Centrale des Etats de l’Afrique Occidentale) par exemple !
Dakar est le mélange de tout cela et bien plus encore. C’est une capitale au charme discret et rêveur. Une ville de gaieté et de bonne humeur où l’habitant est doté d’une très grande générosité, bonté et joie de vivre. Une ville très française où il fait bon vivre, avec une monnaie CFA (devise !), un brassage énorme d’ethnies et de civilisations, une vraie plaque tournante de l’Afrique Sud- Sahara... Mais pour les Dakarois, la chéreté de la vie, la sècheresse du Nord et le très grand nombre de chômeurs sont-ils des problèmes insolubles ? C’est ce que nous allons essayer de découvrir ensemble.
Dans un café très français, avec des mille-feuilles bien français et un café au lait dit « renversé » bien chaud, on se croit dans une ville de la « métropole ». Devant la place de l’indépendance, s’installe un podium pour la cérémonie d’arrivée des héros du Paris- Dakar 86, sur lequel plane la grande ombre de Thierry Sabine qui vient d’achever de nuit sa carrière dans une malheureuse dune de sable, en hélicoptère... Il est 8h30 du matin, je dois m’activer pour notre congrès Kiwanis, regroupant la majorité des pays du continent. Le Président Abdou Diouf en visite à l’étranger a bien voulu nous déléguer un tout nouveau ministre (depuis le 2 janvier courant !), celui de la condition Sociale, Madame Le Guen. Ce 18 janvier sera marqué d’une pierre blanche dans ce club- service humanitaire international, par la naissance du futur District Afrique Kiwanis...
Où sommes- nous donc et quel est cet accueillant pays ?
La vie sénégalaise
Près de 6,5 millions de Sénégalais vivent au sud du fleuve Sénégal, en Afrique Occidentale, sur un territoire de 197 000 Km², soit 1,2 fois la superficie de la Tunisie. Ce pays tropical et plat voit sa population groupée sur le littoral et dans la vallée du fleuve.
Au départ, au XIVè siècle, le Sénégal était englobé dans l’empire du Mali. Un siècle plus tard, les Portugais s’installent à Rufisque en ouvrant un comptoir à eux. Encore un siècle plus tard, arrivèrent les Hollandais qui baptisèrent l’île d’esclavage de Gorée, jusqu’en 1854 qui voit le Général Faidherbe amorcer la colonie française qui commença par la fondation de la ville de Dakar, 3 ans après.
C’est enfin en 1958 que le Sénégal quitte l’A.O.F (Afrique Occidentale Française) pour une autonomie suivie deux ans plus tard d’une union avec le Mali qui enfante la Fédération du Mali ...qui ne vivra que de juin 1960 au mois d’août de la même année. C’est alors l’ancien TOM (Territoire d’Outre- Mer) français qui devient une République conduite par le très sage Léopold Sédar Senghor qui, en 1981, demande à Abdou Diouf de lui succéder.
C’est le retour au multipartisme et le début, en 1982, d’une confédération avec la voisine et enclavée Gambie que nous avons visitée au précédent reportage.
Aujourd’hui, Dakar continue à rester le centre du transit aérien et maritime entre l’Afrique, l’Europe, les Etats-Unis et l’Amérique du Sud. Rome n’est qu’à 4000 km, New York à 5440, Rio à 4480 et Tokyo à 10 000 km. Le Concorde par exemple, à vitesse supersonique, connaît bien cette escale sénégalaise !
Cette capitale de 1 500 000 habitants est le véritable centre économico- politique du pays qui relègue Saint-Louis du Sénégal à l’histoire ancienne.
La Langue française est la langue officielle du pays après de langues indigènes comme le wolof, par exemple. 90% de la population du Sénégal est convertie à l’Islam. A ma très grande surprise, je retrouve la même foi assidue et la même croyance qu’à la lointaine île de Singapour ou encore en Indonésie, un des plus grands pays musulmans du monde de par le nombre d’habitants. On s’imagine à tort que l’Islam est limité dans les pays arabes. .. L’Islam est aujourd’hui implanté dans près de huit pays africains et surtout dans de grands pays asiatiques, en regroupant au total le quart de la planète, soit près d’un milliard d’adeptes ! Un des plus grands mérites du ¨Président Senghor qui fut un véritable père pour le Sénégal est d’avoir su rassembler les différentes ethnies wolof, sérère, toucouleur (du nord-est), peul et les ethnies du sud malinké et dioula, sans parler des groupes baїnouk, manjak et balante, en un seul peuple sénégalais !
@suivre
13:35 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : dakar, senegal, chaloupe, esclaves, noirs
08.04.2008
Périple africain (1)
DAKAR
Capitale de l’A.O.F.

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Dakar. (Janvier 1986). Après une escale d’une heure à Casablanca, notre avion à la gazelle ailée continue son vol Tunis-Dakar dans un ciel bleu et dégagé. Attendu pour la première activité à un congrès africain Kiwanis, je vois à la descente même de la passerelle une pancarte avec ce nom d’organisme...
On me prend rapidement hors des passagers pour me conduire au salon ... Le responsable du PNUD, Salif N’Diaye ne cessant de m’appeler Monsieur Kimanis au lieu de Kiwanis... finit par comprendre « notre » erreur mutuelle. Il ne restait plus qu’à rejoindre le groupe kiwanien qui m’attendait à l’aéroport au grand complet et dans une allégresse bien africaine et amicale. Le charme du voyage ne fait que commencer !
Avant d’attaquer mes deux congrès dakarois, mes amis me proposent la visite de l’île de Gorée, pour pénétrer directement l’âme africaine du pays.
Mon guide de la banque BCEAO range soigneusement sa voiture au parking de cet embarcadère, tout en glissant la pièce à un gamin à l’œil complice et à la main agile...pour retrouver à son retour, les essuie- glaces de la belle Mercedes à leur place !
Dans les parages de ce port que j’ai admiré la veille du haut de l’hôtel indépendance furètent des vendeurs de toutes sortes. Ces parages portuaires sont riches en « rats du port » qui sont des jeunes pseudo- ouvriers qui savent délester certaines marchandises à quai... pour les vendre sur les trottoirs de Dakar. Chacun est gagnant est l’on ferme l’œil ! Le soir, tout le monde se retrouvera au quartier de la « Gueule Tapée ».
Nous sommes ici en pleine péninsule du Cap Vert, sur un éperon rocheux en saillie sur l’Océan Atlantique. A l’emplacement d’un village de pêcheurs fut fondée en 1857 la ville de Dakar, pour devenir d’abord en 1902 capitale de l’A.O.F. (Afrique Occidentale Française), puis en 1958 capitale du Sénégal. Nous y reviendrons.
Une chaloupe embarque quelques deux cents personnes pour une traversée d’une vingtaine de minutes, vers l’île de Gorée.
La seconde guerre mondiale a fait plus de vingt millions de victimes. Mais la traite des esclaves, transitant de cette île de Gorée et des capitales africaines voisines pour le nouveau continent aura fait près de 38 millions de morts et disparus ... et on l’oublie.
Une île microscopique d’un autre monde et âge baigne dans un manteau de calme, d’ombrages fleurie et de quiétude.
Les négriers
A trois kilomètres de Dakar, vivaient 6000 personnes dont 5000 esclaves sur un îlot de 16 hectares. Cet îlot est le patrimoine de millions d’âmes disparues. En 1444 des navigateurs portugais découvrirent ce fortin naturel à forme incurvée.
Un magnifique abri pour mouillage de navires. Les Hollandais suivirent en installant une base navale et en conséquence une plaque tournante importante pour le commerce des esclaves. L’appellation hollandaise de cette île fut Goede Reede (bonne rade), simplifiée en Gorée par la suite. Les Anglais et les Français prirent la relève des Hollandais jusqu’en 1848, date de l’abolition de l’esclavage. Abolition sur papier, hélas, puisque du Golfe Arabique au désert de Mauritanie, l’esclavage végéta encore pour ne pas voir une fin officielle aux confins de ce dernier pays qu’il y a10 ans à peine.
Nous avançons lentement à travers une petite ruelle grimpante. Une grosse dame noire est assise au seuil d’un édifice ocre au jardin fleuri. C’est la responsable de cette abbaye perdue. Les lunettes suspendues au nez, elle lit avec calme et profondeur un récit des siècles passés, ces mêmes siècles qui ont vu ses ancêtres quitter l’île de Gorée sur de macabres négriers.
Nous arrivons enfin à la « Maison des Esclaves », devenue un musée bien vivant. Pour la énième fois de cette semaine, ce noble conservateur noir se lance dans une tragique description de la traite des Nègres qui a fait de Gorée un super Auschwitz ou Dachau... Tous les murs de ce vide musée composé de cachots de toutes sortes sont tapissés de feuilles écrites à la main en hommages aux disparus.
Avec mon guide, je grimpe vers la « Porte de la Mort »... je saute cette porte pour tomber deux mètres plus bas sur de grosses pierres noires que viennent lécher les vagues de l’Océan Atlantique. Ce sont ces mêmes pierres noires qui ont vu se fracasser plus d’un crâne humain à chaque départ de navire vers le continent américain.
Le nègre enlevé de sa contrée lointaine et amené à Gorée, a encore une dernière chance de ne pas aller péniblement croupir, moisir et mourir sur les bateaux négriers, à l’instar du tiers des passagers.Ce nègre préfère se fracasser le crâne sur ces pierres noires qui rougiront l’Atlantique. Cette « Maison des Esclaves » qui a vu partir 600 000 fils d’Afrique, embarqués sur des navires négriers, respire par tous ses pores l’esclavage, la traite, l’indignité, la souffrance, la dégradation, les larmes et la mort.
Charles Quint et le prêtre Las Casas qui, en 1517, lancèrent dans le monde la traite des esclaves noirs, doivent aujourd’hui se retourner dans leur tombe en ayant fait un total de 38 millions de victimes humaines.
On vendait des hommes qu’on prétendait barbares en les troquant contre des produits venus d’Europe, comme les armes,l’alcool, le cuivre, les tissus et certaines pacotilles. Les esclaves qui ne mouraient pas dans leur funèbre cargo arrivaient en Amérique alourdis par leurs chaînes et boulets et amaigris par plus de 60 jours de traversée.
Les crapuleux négriers poussaient le vice à trier les races quottées, à savoir les Yoroubea de l’ouest du Nigeria et de l’est du Bénin ainsi que les Mandingues du Sud Sénégal, de la Gambie et du Mali. Avec ces races, le vil négrier était sûr d’avoir choisit le bon nègre qui partirait en Amérique pour la construction de ce continent nouveau.
@ suivre
15:35 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : dakar, senegal, colonies, afrique, liberté, usa, misere
15.03.2008
le dépassement de soi !
Aventureux Steve Fossett
Avec toute la candeur de ma jeunesse, je partais en guerre armé de mon seul sourire de Paix. Pigiste auprès d’un célèbre quotidien français, je découvrais l’Asie du Sud-est. Du haut de mes 18 ans, je déambulais dans Saigon en guerre. La guerre larvée était toujours présente mais je ne la voyais pas…

Un soir, sous un porche vert, une main sortie d’un sari vert m’attrapa fermement et vertement. Elle me sauva la vie et certes… la soirée ! Oubliant le couvre feu de rigueur au Vietnam, j’entendais les cartouches siffler mais ne m’en souciais guère et point ! La main au sari vert sauva un jeune reporter aventurier et peut-être même aventureux. Tout cela n’est certes que négligence de jeunesse mais aucunement témérité, courage ou dépassement de soi !
Souvent, très souvent même, le Voyageur se laisse aller à l’aventure, à l’inconnu et fonce au cœur de la jungle sans défense aucune! Le voyageur reste cet assoiffé de découvertes, d’imprévus, de nouveautés, d’aventures, de portes à défoncer, de couloirs déserts, de gouffres abyssaux à sonder et toujours en quête d’une décharge d’adrénaline !
D’autres vont plus loin. Beaucoup plus loin ! Ils veulent narguer le diable, tenter l’impossible et relever les défis de la terre ! Ces explorateurs hors pairs sont atteints d’une autre belle maladie : le dépassement de soi !
Le défi de battre un record et d’aller encore et encore plus haut, plus loin et plus fort, en athlète averti d’esprit et parfois de corps « Citus, altus, fortus ».
Ces hommes hors pairs, sont accros à l’adrénaline et à la dopamine naturelle, cette « molécule du plaisir » produite généreusement par notre cerveau en extase devant un défi à surmonter !
Un de nos honorables pairs, un des plus grands explorateurs du siècle, vient de nous quitter sur la pointe d’un nuage, par un hasard aussi bête que bête peut être souvent la vie !
Il a battu cent records du monde et était irrémédiablement victime de Vavangue, de fougue, de découvertes et d’excitations nouvelles, il se préparait encore à affronter des cimes plus hautes, des ravins plus vertigineux et des vitesses plus folles ! Quand survint l’accident ! Le bête et simple accident !
Armé d’une petite bouteille d’eau et de belles lunettes noires, il voulait juste se dégourdir les idées par une petite virée de deux ou trois heures, au dessus du désert du Nevada, dans son tout petit avion, en septembre 2007. Nous l’attendons encore : Steve Fossett !
Steve Fossett est surtout connu comme "l'homme aux 100 records". 116 records du monde exactement, qu'il a réalisés en montgolfière, en avion, mais aussi en planeur ou en bateau. Celui qui voulait aller toujours "plus vite et plus loin", a été le premier, dans les airs, à réaliser le tour du monde en ballon en 2002, puis en avion, en solitaire et sans escale, en 2005. Sur mer, son palmarès est tout aussi fourni. En 2004, il est salué par Bruno Peyron, après avoir battu son record dans le tour du monde à la voile : 58 jours, 9 heures, 32 minutes et 45 secondes, soit 5 jours de moins que le navigateur français.
Explorateur "par plaisir", Steve Fossett a aussi gravi les plus hauts sommets, participé à des courses de chiens de traîneaux dans le Grand Nord, aux 24 Heures du Mans et traversé la Manche à la









