20.11.2009

Où donc est notre voiture ?

Périple à San Gimignano


La Toscane, en cette mi-novembre, se fait belle et croule sous les paillettes de son été indien. Les ocres se mêlent aux verts, aux ors et aux vermeils !
La vigne a bon pied et l’olivier décoré tel un monument d’art a bon port. Un paysage féerique qui invite à la marche, à l’évasion et au bonheur bucolique !

San Gimignano Overal view.jpg

Nous quittons les 17 000 hectares lovant en leur sein le château d’El Monte de la Cigéviste et néanmoins Princesse Ruffo de Calabria, dans une petite voiture italienne rouge 4*4 pour aller, à 14 kilomètres à peine, visiter San Gimignano, la petite ville voisine.


La route est montagneuse et sinueuse et voilà que deux artistes en gants blancs et gros sécateurs rouges apparaissent en bord de route à l’entrée de la ville. Des tailleurs d’oliviers. Ici, l’olivier sera coupé court, sera étêté et facilitera la cueillette d’olives tout en gagnant une présentation d’un Ikebana japonais, ou parfait bouquet floral.

On décide de prendre la contre allée droite et de parquer vers ces messieurs, là ou stationnent déjà une dizaine de véhicules.
Après ce spectacle inédit on décide de laisser là notre voiture et de faire les 200 mètres qui restent à pied pour entrer au village.


Surprise de chez surprise. Une porte ancienne et majestueuse accueille les arrivants qui sont subitement transportés au XIII e siècle ! Le choc culturel est immense et surtout inattendu. Le petit village étrusque de la période hellénique qui prit le nom de l’évêque de Modène connut son âge d’or avec la voie Francigena qui le traverse ! Eglises et couvents y foisonnent, clairsemés au bord de jolies routes pavées. Un régal de l’œil et de l’esprit.


Aujourd’hui, des dizaines de petits commerces vendent à tour de bras l’excellent vin blanc de la région et l’incontournable rouge Chianti.
Des Tours magiques et gargantuesques en pierre de taille évoquent sans le vouloir un certain malheureux September eleven

Un marchand de glace. Waw !! Une boule de tiramisu et une de noisette dans un superbe cornet croquant surmonté d’une cuillère de la même pâte en forme de micro-cornet. Une halte s’impose sur le banc public de la belle place blanche.
La gourmandise continue avec un marchant de « chauds les marrons chauds ». Le déjeuner pourra attendre…

Face à la majesté du lieu on réalise que l’histoire de la ville fut tumultueuse. Elle prend alors le nom de San Gimignano delle belle Torri avec ses 75 maisons-tours . Le 8 mai 1300, elle héberge Dante Alighieri, ambassadeur de la ligue guelfe en Toscane.
La terrible peste de 1348 et le dépeuplement qui s'ensuit, jettent San Gimignano dans une crise grave et la petite ville doit se soumettre à Florence en 1353.


DEPART


Il est 14 heures. Fatigués, après plus de trois heures de marche, on envisage d’attaquer la pizzeria laissée auprès de notre petit parking avec un bon petit blanc pays !
Oh ! rage, oh ! déception. A la sortie de l’enceinte du village par une gigantesque porte on constate que ce chemin ne mène nullement à notre vieille voiture rouge.

Patience. Patience. On revient vers l’église centrale pour se remémorer notre entrée à San Gimignano et découvrons avec consternation la forme ovale de la cité, dotée de plusieurs portes d’entrées. Suivent deux longues heures de recherches, d’entrées et de sorties. Impossible de retrouver l’ombre de l’ombre de la trace du petit parking derrière les oliviers taillés ...pourtant à
200 mètres seulement d’une entrée.

Une première tentative de secours.

Je demande à un couple qui s’apprête à prendre sa voiture d’un parking… s’ils peuvent nous aider à « raisonner » pour découvrir notre voiture. La jeune épouse propose derechef de nous prendre à bord de leur véhicule et de circuler autour le l’ellipse montagne du village historique. Près de 30 minutes de recherches pour rien.

Une deuxième tentative.

les carabiniers ou police ! Il écoutent notre histoire et rigolent sous cape…mais nous offrent un plan du village intra et extra-muros !

Une troisième tentative.

étudier cette carte ! Éliminer le versant Est qui donne sur un ravin et le Nord trop montagneux. Je décide d’arpenter seul le Sud, ruelle par ruelle avec des pentes ardues et souvent ardentes. Rien de rien. Rien !

Ultime tentative

Un bar-restaurant. Propre, vide et lové sous de gros arbres en bord de route. Je m’approche du jeune barman aux lunettes d’écailles, lui pose mon plan de village sous les yeux et lui explique que cela fait déjà trois heures que nous tournons en rond…

L’œil vif et le cœur léger il nous demande d’attendre « Un altimo » ou « Un moment ». Soudain aidé d’un jeune Sénégalais musclé, le voilà qui commence à fermer boutique et à éteindre lumières.
Quid de cette décision saugrenue Caramba? Est-ce un moyen de nous foutre à la porte malgré son « Un altimo » ?

Non, Alfredo ferme boutique et nous demande de l’attendre 5 minutes dehors. Rapidement, arrivent deux voitures. Une Audi 3 blanche avec notre jeune patron suivi d’une vieille Mercedes verte du Sénégalais barman. Le mystère s'approfondit et nous voilà rapidement à bord de l’Audi suivis par la Mercedes avec un plan en main recherchant la Pizzeria du collègue qui jouxterait un parking en contre allée et masqué par des oliviers taillés…

Une, deux, dix, vingt ruelles, pentes et tournants en vain !
Soudain, Alfredo freine sec en écoutant mon cri de cœur « Ouiiiii, voilà le restaurant à la bonne pizza italienne que l’on attend depuis trois heures de temps ».


Juste à côté, nos oliviers et notre voiture. Grazie Alfredo et vive la gentillesse des Italiens !

Retour au restaurant où une bonne bière fraîche italienne et une succulente Pizza au feu de bois nous font oublier plus de cinq heures de marche, dont trois de recherche-vaine !


Au loin, semblent jaillir de la place de L'église  romano-gothique Sant'Agostino du XIIIe siècle le chœur et le souvenir du Couronnement de la Vierge de Piero del Pollaiolo et les fresques de Benozzo Gozzoli sur la vie de Sant'Agostino.

Le comble d’un voyageur…perdre son véhicule à l’entrée d’un village !

Et viva l’aventura !

16.10.2009

Les amoureux des Seychelles

SEYCHELLES LOVERS & FRIENDS =)


Synonyme de rêve, de beauté et d’évasion, les Seychelles nous font rêver !

Cet archipel est aujourd’hui un des PLUS beaux pays du monde et reste ancré dans le TOP 5 des paradis terrestres.

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Le Consulat général de la République des Seychelles en Tunisie est à votre service pour rendre votre rêve réalité et pour vous procurer le moyen le plus simple d’y accéder, de votre pays de résidence !


- Pour un voyage exotique en Océan Indien
- Pour un voyage de Noces
- Pour « refaire un voyage de Noces »
- Pour l’amour de la nature
- Pour le repos du guerrier
- Pour le luxe qui frise le raffinement
- Pour un Coco de Mer dit Coco fesses
- Pour une plage parsemée de cocotiers géants qui gravitent de la terre à la mer
- Pour une Vallée de Mai, à Praslin, ou l’Eden retrouvé
- Pour l’île Aldabra aux tortues centenaires
- Ou…pour un simple SPA à LABRIZ SILHOUETTE où le temps a depuis longtemps suspendu son envol

WELCOME TO THE SEYCHELLES the most beautiful places in the world.

sur Facebook :

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05.10.2009

Tunis un dimanche!

Pèlerinage dominical à Tunis

15 ans après, rien n’a changé ! Les délicieux millefeuilles de la pâtisserie Garcia, la vieille cathédrale de Tunis, les bouquinistes sur trottoir, le Barbu aux yeux verts et Belgacem qui s’aventure vers une rue dite …

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Lovée au fond de la rue de Rome juste après les plus gros et beaux caoutchoutiers de la capitale, la pâtisserie de feu madame Garcia a toujours la même petite porte blanche branlante et une absence totale d’enseigne . En short blanc, tee-shirt noir  et baskets bleues, le fils quadragénaire de la pâtissière ne sert plus de millefeuilles après 11h ! Car tout sera vendu. Tout est si délicieux mais hélas la dose de sucre a doublé et fausse le voyage du palais.

Question Nr 01 : Pourquoi tant de sucre ?

 

La cathédrale de la « Roma della Africa » à Asmara en Erythrée, visitée la semaine passée, semble être un joyau face à cette vieillotte et sombre cathédrale de Tunis. Déserte à 10h du matin elle n’a que quelques bougies dansantes et une porte latérale pour illuminer ce que fut la Grande et belle Cathédrale de Tunis.

Une africaine de la BAD, peut-être, sombre religieusement dans une profonde méditation face à la vierge Marie qui lui sourit.

Dans une autre vie, peut-être, quand nous avions quitté la palais beylical de Hammam-Lif, nous habitions la rue Essadikia, face à cette cathédrale et près de l’ambassade de France… Des réminiscences qui au fait ne reviennent même pas, malgré plus de dix ans d’enfance dans ce quartier…

Question Nr 02 : Que fait la communauté catho de Tunis ?

 

Am Jilani le bouquiniste me fait visiter son antre à une encablure de l’ancienne Banque Centrale de Tunisie. 15 m2 de culture à étages, soit des dizaines de piles de bouquins qui tiennent dans un équilibre instable à un dinar le trésor. Un seul demi euro le livre !

Il me parle de « Guy des gares » surnommé ainsi, dit-il, car « Guy Des Cars » le prolifique écrivain est lu dans les gares… je lui achète quelques mots fléchés et deux livres de voyage en profonde Asie.

Question Nr 03 : Pourquoi est-ce qu’un kilo d’ail est plus cher qu’un livre dans ce pays ?

 

Avez-vous vu un barbu sans barbe ? disait le poète. Je l’interpelle gentiment sous un arbre et lui demande le pourquoi de cette barbe sauvage sur un visage aussi jeune et serein avec en plus des yeux verts intelligents. Polytechnicien et informaticien il ne trouve aucun job à Tunis à cause de sa barbe. Personne ne veut de ce barbu « avec barbe sauvage » qui finira par trouver un simple job de télé-performance (soit téléphoniste dans un centre d’appel étranger à 230 euros par mois)! Dans un français châtié il tente de me m’expliquer que Dieu qui lui donna vie lui aurait commandé dans un hadith et même par un jihad ou ijtihad de porter cette barbe de soumission de Sunnite!

-         « Tout cela pour vous garantir la porte du paradis ? »

-         «  Pas du tout ! Car le paradis n’est pas seulement soumission à Dieu et application du coran mais le jour J, c’est le Bon vouloir du Seigneur. »

-         « Et votre jeune épouse, porte-elle le voile ? »

-         «  Elle n’a que 21 ans et ne peut hélas porter dans ce pays le nikab comme le prescrit la coutume ou hadidh, elle serait lunchée sur ma voie publique ! Elle restera à la maison et basta cosi ! »

- Question Nr 04 : Pourquoi tout coller sur le Bon Dieu ?

 

Reste en bout de quartier (où je n’irai pas) une « Maison bien ouverte » mais dite « close ».

Tout un vieux quartier qui porterait les enfers de la capitale. Enfer pour celles qui y travaillent et pour les malheureux qui se sentent obligés d’y aller !

Il me vient à l’esprit une blague de gynéco sur ce chaud quartier :

Belgacem n’a que 17 ans et n’a toujours pas connu de femme ! Ses nuits sont torrides et journées bien tristes. Maladivement timide il n’ose aborder les filles malgré son physique de jeune athlète.

Un jour, les copains se décident à lui faire perdre son pucelage et l’emmènent dans ces quartiers, alias  Zarkoun, à Tunis !

La ruelle est étroite. Très étroite. L’odeur est persistante et même soûlante. Des dizaines de portillons se suivent avec à la clef une dame peu vêtue.

Son visage passe du rose au pourpre risquant l’asphyxie en début de ruelle. La première péripatéticienne rencontrée le prendra en main, le happe, l’introduit dans son antre de 3m2 et se met en position de combat dominical. Elle dessous, lui dessus !

Tout est sombre et seule une petit lampe rouge fait danser les étoiles qui sortent par milliers de la tête de Belgacem..

Etant deux fois plus forte que lui et découvrant son côté novice et sa peur anesthésiante…elle le tire du bas vers le haut contre sa poitrine !

-«  Trop haut ! » crie Belgacem

Maladroitement et fortement elle le pousse des deux mains vers me bas !

-«  Trop bas ! » crie Belgacem.

Sans réfléchir elle le tire furieusement vers le sens inverse…

-         « Trop tard ! » crie Belgacem

Ainsi va le monde, un dimanche matin à Tunis...

Question Nr 05 : Les hommes ont-ils encore plaisir à payer le plaisir ?

30.09.2009

ZORBA LE GREC à Hammamet !

On n’a plus le droit de « m’emmerder »


Disert et érudit il vous charme en un clin d’œil ! Pétillant et beau il a dû faire chavirer plus d’un cœur ! Ce soir, à Hammamet, en bord de mer dans un petit paradis, lové dans un jardin luxurieux , je partage avec Zorba et ses amis, un somptueux dîner qui fera ce cette soirée une mémorable journée de fin d’été…

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Nous sommes à nouveau chez KB, le jeune retraité-évadé de la semaine passée et sa table est conviviale et hospitalière !

Zorba sort du lot. Il tient à bien lacer ses baskets blanches et à garder le torse nu, arborant fièrement et sans arrogance son buste musclé.
Ses yeux pétillent d’intelligence et, tout comme Ulysse, il semble à 56 ans (qu’il ne porte pas et point) revenir d’un long voyage, plein d’usage et de raison !


Il arbore derechef sa philosophie de la vie et son approche de l’Autre:

C’est un Amazigh, un Berbère du sud tunisien qui a élu domicile au Cap Bon, après plus de dix à Paris. De Zorba il a l’allure et le portrait. A Hammamet il vient trouver refuge, paix et vie dans une maison, voisine, en bord de mer !
-« A mon âge, on n’a plus le droit de « m’emmerder ». Ce qui me reste à vivre est inférieur à ce que j’ai déjà vécu et je veux maintenant me consacrer à moi-même. J’ai assez donné. »


-« Ah ! Les femmes ! Je les aime que voulez-vous ? Mais que pouvez vous faire avec votre épouse après la naissance de deux fils, jumeaux, et d’une fille ? L’appeler maman ou ma chère petite sœur ? Pourtant le leur ai tout donné, temps, amour et argent ! »
-« En vérité, c’est pire que cela ! Un mari n’est plus synonyme que de « banque » et tout ce qu’elle aime dans cette vie se sont ses enfants auxquels il ne faut pas toucher. La louve protège sa meute, bec et ongles tendus ! Quant au géniteur, son mari, il sera le grand oublié de l’histoire…sauf dans son rôle d’éternel banquier ! »

Du nerf de la guerre il dit :

-« l’argent est devenu la véritable religion du pays et éliminé la majorité de nos nobles valeurs ! Tout est négociable et l’avidité n’a plus de limites. C’est fort inquiétant et je me révolte. »

Pourquoi les Juifs ont-ils quitté la Tunisie ?

-« C’est fort simple et c’est un concours de plusieurs facteurs réunis : 
1/ Quand A. Ben Salah instaura son désastreux système coopératif, les juifs de Tunisie perdirent également leurs terres et eurent très, très peur.
2/ Leurs enfants allèrent très tôt étudier en France. Suivent amours, mariages et installation en France. Rares sont ceux qui ont supporté l’éloignement de l’enfant qui ne veut plus revenir en Tunisie.

3/ La France, pour isoler les indépendantistes en herbe, offrit au lendemain de la grande guerre, la possibilité à tous les juifs tunisiens, d’obtenir immédiatement un passeport français.

4/ La guerre de six jours, en Israël, en juin 1967, leur fit peur de ne pas être dans un pays non juif et sécurisant !


5/ l’Etat d’Israël qui prenait pied promettait à toute la diaspora juive du Maghreb et d’Europe centrale monts et merveilles. Les petits commerçants et de la Goulette et de la Hara de Tunis furent les premiers à partir et peut-être les premiers à regretter l’exode.

A cette époque, juifs et musulmans vivaient dans les mêmes quartiers et mangeaient le même pain… mais hélas, ces cinq points éloignèrent nos frères juifs tunisiens de la patrie !
Dieu merci ils sont maintenant très nombreux à revenir vers leur Tunisie, leur terre, avec passion et joie !

Zorba a décidé de quitter toutes ses attaches et de vivre de ses rentes

tout en assumant son rôle de chef de famille et le plus souvent possible il habite ce havre de paix à Hammamet, avec ses amis retrouvés, tous préretraités, autour d’une bonne table et d’une enfance retrouvée !

Daurades et loups se succèdent sur notre table. Un bon thon rouge venu de je ne sais d’où se laisse manger et déguster comme du caviar. Les fromages aux fines herbes accompagnent des bières glacées et souvent panachées. De beaux et gros raisins rouges ferment la marche avec un bon thé vert à la menthe…

Au loin, le ressac de la mer se confond avec le bruit du silence et la plate-forme pétrolière du Cap Bon jaillit à l’horizon de mille lumières…


L’amour est le credo de Zorba le Berbère et les femmes resteront cette légère ondée qui inonde son cœur et qui lui donne envie de continuer, dans la joie, le voyage de la vie !
De Tunis il connaît tout un chacun et de la politique mondiale toutes ses arcanes et n’a d’hantises que des barbus. Du monde il fuit les despotes et en Obama il voit une lueur, un espoir d’équité ! Mais saura-t-il se libérer du carcan des diasporas ?


De son regard intelligent crépite une petite voix fluette et joviale : « Aimez-vous les uns les autres et foutez-moi la Paix » semble dire Zorba en continuant à distribuer son amitié et son amour à son giron!

Merci Amigo de cette si belle et riche soirée de septembre, à Hammamet, où nous fûmes tous conquis par ton charme, ta grandeur d'âme et ta gentillesse!
ADIOS ZORBA : Kalimera, kalinichta et kalispera!

26.09.2009

Voyage à Hammamet(suite)

Un café turc et un macchiato à Hammamet

Après le délicieux macchiato de Guy le Nîmois, nous voici embarqués une heure après dans un autre voyage. Un autre univers. Un autre monde. Un voyage…sur la plage, entre Nabeul et Hammamet ; le jour même de l’Aïd !

 

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Assis sous un arbre, en bord de jardin et face à la mer, sous un parasol rouge, dont il épouse les rondeurs, il se cache sous une casquette « Hitachi » bleue.

Trois boites de médicaments jonchent la table blanche et même le gazon vert ! Il invite le « rodeur-voyageur-en-bord-de-plage » à s’asseoir à sa table, face à la grande bleue, si avenante et si calme ce matin !

Un transistor égraine  une douce musique lancinante contrairement à un téléphone cellulaire gris qui crépite sans arrêt ! De grosses lunettes noires masquent l’œil de mon hôte mais pas son assurance, ni son flegme !

Que fait, seul, ce tout jeune quinquagénaire, dans une si grande maison en bord de mer, avec tant de médicaments (sérieux), une grande bouteille d’eau glacée-givrée, une boite de gâteaux et sur le gazon garée une grosse BMW 747 rutilante noire, jeune de 10 ans au moins ?

Il parle, parle et parle encore de tout et de rien. Le ton est monocorde mais pas monotone !

Son aïeul est arrivé en Tunisie avec les Ottomans et fut un jour reçu dans la cour du Bey ou Roi du pays, pour examiner, en tant que médecin, une jeune patiente dite perdue, la fille du Bey ! Miracle, elle sera sur pieds en quatre jours ! Le Bey lui offre son cheval et une escorte de 4 gardes avec cette phrase :

-         «Prends ce cheval va vers le Nord Ouest de Tunis et tout terrain que tu traverseras t’appartiendras ! »

Le médecin traversa une distance de sept gares et revint au Palais du Bey. C’est ainsi que la famille de KB possède ce jour encore : 72 000 hectares de bonne terre agricole.

Mais que fait ce riche héritier affalé sur sa profonde chaise blanche à Hammamet ?

Sa vie est un roman ! Il a fuit le monde et dit à tout le monde qu’il était à Bizerte mais loua à Hammamet cette villa somptueuse, fuyant femme et enfants et boulot…Il vient de perdre 40 Kg et veut enfin prendre son hygiène de vie en main.

L’homme papillon se dévoile et raconte

-«  je commençais ma journée en ingurgitant, à jeûne, 4 bières. Suivent durant la journée 20 autres pour boucler les deux douzaines de bières par jour. A midi, une bouteille de bon vin rouge (Vieux Magon en général) et le soir presque une bouteille de whisky. Le bouchon métallique de la bouteille me servait souvent de tasse… ! »

Entre mon café, mon resto et mes autres affaires, je passais la journée à picoler dans la joie et la vraie bonne humeur ! Tout allait à merveille. Femmes et argent se succédaient à vive allure et mes nuits étaient musicales avec un trio qui passait tous les soirs chez moi, à  minuit, pour amuser ma table toujours ouverte aux nombreux amis alléchés par cette opulence.

Un soir c’est la cata. Une ambulance vient « ramasser » un homme tombé dans un coma éthylique profond. Suivent un régime draconien pour passer de 140 Kg  à 100 Kg, le placement d’un pacemaker et l’abstinence totale…en alcool, mais pas en femmes…

  • « Mais si jeune et déjà avec tout ce passé ? »
  • « C’est rien mon ami cela ! Mes aventures ont commencées quand j’avais 5 ans et je suis, aujourd’hui, à mon 7e divorce! »

-«  Un jour, à l’école, la maîtresse m’a giflée injustement devant mes camarades! Je n’avais que 5 ans mais je voulais prendre rapidement ma revanche ! Je passe dans un grand jardin hivernal chercher une grenouille. Je l’attrape et la cache dans ma poche. En classe, je profite de 10 minutes de récréation, pour me diriger vers le sac à main de ma maîtresse, l’ouvrir et y glisser ma grenouille…et fermer soigneusement le sac ! »

-« Elle eu la peur de sa vie et finit par trouver le coupable car je fus le seul qui pu attraper la grenouille qui s’évada dans la salle de classe. Elle me donna un dinar et me dit : « Quittez cette école KB !»

Mon père décida de me mettre de suite à l’école Bouchoucha, avec 1 500 jeunes internes, mais je ne rentrais à la maison que tous les 3 mois. Pour mon père c’était la seule solution. Il faut avouer aussi qu’il se maria à 17 ans avec ma mère qui n’en avait que 15… j’étais donc un fruit à problèmes. »

-« Un jour, au bout de deux ans, l’école changea de cuisinier et je décidais d’imposer une grève de tous les élèves avec nos repas jetés en même temps sur le sol. J’avais alors 7 ans…J’étais déjà, enfin, dans ma peau de chef ! »

-« La vie active commence et très tôt je reprends les affaires de famille dans une carrière sur nos terres et enfin j’ouvre un restaurant et un café en banlieue nord de Tunis! »

-« Mon faible second après l’alcool : c’est les femmes ! La solution est fort simple dans ce pays où l’argent ouvre toutes les portes ! Il suffit d’un bouquet de roses et d’un diamant pour demander la main d’une très jolie fille ! Elle vivra avec moi 3 ou 5 ans et demandera à partir. Je suis ainsi à mon 7e divorce et toutes généreusement remerciées ! A bon entendeur merci ! »

-« Regardes sur mon portable ces sept beautés divines, mes Ex ; celle-ci par exemple fut Dauphine de Miss Tunisie, il y a 15 ans ! Toutes ces belles filles viennent d’un milieu modeste et trouvent avec moi un conte des mille et une nuits! Un standing mon ami ! Elles adorent cela ! En plus j’aide leurs parents à boucler tel ou tel projet ou à payer telle dette ! »

-«  J’en ai une que je garde à Paris, dans un petit studio que j’ai acheté ! Elle vit avec mon fils, de 16 ans, celui qui vient d’appeler pour me dire Aïd Mabrouk »

-« Actuellement je change de cap, je vais encore me séparer de la dernière qui est déjà en partance avec ses 3 enfants et je vais mener une vie d’ascète à Hammamet ! Plage, mer, musique et mes dizaines de médicaments… peut-être même un petit régime si je me décide à enfin faire un peu de marche pour me décarcasser »

 

Il a le souffle court ! L’effet de deux paquets de cigarettes par jour est encore présent, malgré l’arrêt total de fumer. Il se dirige vers sa cuisine et entame, avec amitié, la préparation d’un café turc légèrement sucré et servi dans une belle tasse en porcelaine blanche de Limoges. Merci !

Adieu l’Ami ! Tu m’as rappelé mon escapade aux Îles Comores et cette merveilleuse nuit passée avec Bob Denard, le roi des mercenaires français, qui m’ouvrit son cœur et me parla de sa vie !

En chaque homme se cache une montagne de tendresse et un jardin secret. KB saura un jour mettre fin à la bouteille, à la vie effrénée et peut-être même à se réconcilier avec la vie en écrivant sa propre saga… ici même, légèrement évoquée !

Bonne santé Kacem alias Gacem et Be happy amigo !

21.09.2009

Septembre à Hammamet:)

VOYAGE EN TUNISIE

Fatigué, vidé et éreinté de 8 jours de garde à Tunis, à essayer de soulager des malades et à me faire comprendre par des collaborateurs fatigués par le jeûne ! Je me défoule ce matin, sur la plage, par…Un macchiato et un café turc sur la plage de Hammamet.

Chassez-le, il revient au galop : l’Aventure !

une marche de 3 heures, entre Hammamet et Nabeul où je fais la connaissance de Guy le Nîmois et de KB le jeune retraité-révolté, de 49 ans, lové dans une belle villa front de mer…Le premier m’offre un macchiato et le second me prépare un café turc !

Le premier : Guy décide un jour de tout bazarder ! Sans femme ni enfants il se sépare de son « unique enfant » son resto de Nîmes et de sa maison du XVe siècle…pour une retraite dorée entre Hammamet et Tunis !

Une amie (Samira) lui offre d’habiter dans sa maison des Deux Ouéds à Hammamet, les pieds dans l’eau et la vie est belle ! Très vite un cercle de Français et d’Italiens (artistes en majorité)  lui ouvre son giron ! Maître cuistot animera plu d’une soirée en dévoilant un coin de son art tout en dégustant les bons vins de Carthage !

Les souvenirs reviennent, son resto deux fourchettes et le bakalau de Nîmes que les Portugais introduisirent en venant acheter du sel marin pour emmener leurs gros poissons vers l’autre rive de l’Atlantique !

Puis une page douloureuse et inguérissable : le départ de son ami après 41 années de vie communes. Un amour-passion et une collaboration sans faille dans un très chic restaurant le matin et dans un manoir le soir ! La plaie ne se referme pas et Hammamet essaye de cicatriser les plaies du départ de son ami Gaston !

Là, dans cette courette, sous un olivier, un macchiato est servi par le chef ! Au loin la mer câline, onduleuse et bleue-verte semble de l’Ile Maurice emprunter tout l’insolite…. Les bougainvilliers se mêlent aux jasmins et la matinée est si belle…

Merci amigo et courage dans ton refuge sur plage !

10.09.2009

Voyager est un métier !

REPORTAGES

VOYAGER EST UN METIER

Dans ma vie de voyageur et de reporter à travers 190 pays, j’ai adopté une méthode de découverte et de travail à l’opposé de la coutume, des autres, des confrères et de presque tout Touriste-Voyeur-Voyageur !

 

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J’adore découvrir ! J’aime l’inconnu ! J’adore l’aventure et je me suis crée un autre genre de voyage–découverte, depuis l’âge de 16 ans. Au début, je n’avais que l’autostop pour découvrir le monde. C’est ainsi que j’ai eu l’immense joie de parcourir mes 52 premiers pays avec un seul US dollar par jour, avant l’âge de 21 ans, en autostop, en Amérique latine et en Asie du Sud-Est. Le nec le plus ultra, la jouissance suprême et la plus belle des richesses étaient pour moi : « l’après-stop » (comme l’après-ski pour certains), soit le dialogue (souvent dans la langue même) de mon hôte, celui qui accepta de me prendre en stop et qui du coup m’invitera, à l’arrivée, à partager toit et fourchette en attentant l’étape suivante. Le départ suivant !

Ma vie, ainsi, était pleine d’aventures avec l’autochtone, l’habitant, l’aborigène ! Une tasse de café, un verre d’eau, une bonne boisson  fraiche ou un bon dîner qu’importe, pourvu que je puisse partager l’ambiance de l’Autre ! Bref je me faisais presque inviter chez l’Autre, pour « comprendre les rouages du pays ». C’est chez cet Autre que l’on sent vibrer les us, les coutumes et la pensée des gens !

Je repense par exemple à ce Noël passé en famille au plus bel hôtel de Malte, au Corinthia Saint Georges, si ma mémoire est bonne ! Tout était organisé, réglé et payé, pour ce réveillon de Noël de 1986. Sauf un détail. En ville, à la Valette, je fus intrigué, dans une sombre et pauvre ruelle, par des pots métalliques gravés «  made in USA » transformés en pots de géranium. Des boites de dons américains, suite à une catastrophe, boites  récupérées par cette modeste famille maltaise. Je gratte à leur porte. Palabres, rires, rigolades et me voit finalement, à 19h attablé chez eux avec ma petite famille, autour d’un bon vin blanc… pour ne les quitter qu’à 2h du matin face à leur doux et beau sapin de Noël ! Un de mes plus beaux Noël !

Le voyage reste la surprise ! Que dire de ce chauffeur de taxi, en 1975, à Papeete, à Tahiti, qui partageant ma joie de vivre et extase face à cette faune et bleus lagons décida de m’héberger sept  jours durant… et un peu plus loin, à Bora Bora, de même, chez la dernière jeune épouse ou maitresse de Gauguin, durant cinq semaines. Rêve et merveilles au bord d’un des plus beaux lagons de la planète !

Que dire de ce policier mafieux et crado de Trinidad and Tobago, qui invita, en 1990, ce couple de passagers arrivés à 2h du matin de Barbados, à passer la nuit chez lui, dans un antre mystérieux, faute de chambre d’hôtel disponible ?

Que dire de cette famille du Swaziland, en 2005, qui regardait paisiblement son match de foot à la télé et qui fut surprise de voir un Voyageur hirsute et perdu face à sa porte, sur la crête d’une colline et qui l’invita au plus fou et hilare champagne de l’année ?

Que dire de cette jeune et belle pianiste Ukrainienne qui me joua du piano (…) chez elle, entre ses quatre frères et sœurs, en 1991, dans un quartier malfamé et fermé de Kiev, où les mots Touristes et Voyageurs sont absents du dictionnaire ?

Que dire de cette famille de Christchurch au sud de la Nouvelle Zélande, en 1974, qui m’offrit gite et fourchette pour écouter les histoires de celui qui vient de loin ?

Que dire de cette famille israélienne au village tunisien de Nataniya, au sud de Tel Aviv, où sera édifiée la Grande Synagogue Tune en Israël (dont l'architecture sera identique à celle de l'avenue de Paris, à Tunis), qui me fit un des meilleurs déjeuners tunisiens de ma vie et qui invita en mon honneur une trentaine de voisins Tunes de la diaspora juive-tunisienne et dont le père me demanda discrètement, la larme à l’œil, de lui retrouver en Tunisie, celle qu’il a aimée follement et qui serait actuellement l’épouse d’un prince ? Et j’ai eu le bonheur de les remettre en contact, 28 ans après !

Que dire enfin, de ce Laotien (en 1973) qui m’invita à visiter un Fumoir d’opium et à passer la nuit dans sa famille, où une ballade dans une 3e dimension et dans la pauvreté absolue ?

Que dire de cette belle dame apostrophée en pleine rue avec un jasmin à l’oreille, au cœur de Saigon, où j’étais mandaté par mon journal, pour couvrir la fin d’un long conflit, chez qui j’ai passé une semaine ? Elle s’est avéré Tunisienne spécialiste de décoration florale japonais Ikebana et épouse d’un Haut commissaire du HCR !

Toute ma vie j’ai eu cette chance incroyable dans 190 pays, d’aller chez l’Autre, de partager, ses joies, ses peines et sa vie avec même des retours : retour en Israël pour les obsèques de Rabin ou à Villefranche en Beaujolais pour le départ de Roger Elzière et une dizaine d’autres amis disparus!

Voyager a toujours été et restera pour moi, la découverte de l’Autre et non des hôtels, des plages et des Musées. J’avais la chance de ne me pas préparer le voyage, je tenais à une certaine virginité du pays, je refusais toute lecture et tous guides. Je me lançais à l’aventure, nez au vent, oreille tendu et œil aux aguets ! Les découvertes se suivent et ne ressemblent pas à une vitesse vertigineuse et souvent enivrante je l’avoue ! Le voyage devient 10, devient 100 devient 1000 ! Au retour, j’avalerai de nombreux livres et documents sur ces pays et chaque mot trouvera dans ma petite tête sa case adéquate et s’y gravera !

Je ne suis qu’enfant émerveillé, que bébé hébété, qu’homme fonçant sur tous les fronts, sans peur aucune ni inquiétude ! J’ai foi en l’homme et j’aime l’Autre ! je n’avais de partout que trois armes : Le sourire (la clé des champs et des cœurs), les langues dites etrangères (neuf, pour vous servir) et surtout la faculté de prendre une décsion en quelques secondes face à l’imprévu !

Je suis tenté d’autre part, d’écrire un jour, un livre sur mes aventures où «l’audace-tempérée »  me permit d’accoster, par exemple, le Général de Gaulle, par l’intermédiare de son ministre Couve De Merville, à la cathédrale de Köln, aux funérailles du chancelier Adenauer ; le Président Luis Echeveria Alvarez, dans ses bureaux de Mexico ; le tout dernier Président somalien, du Somaliland, dans son palais présidentiel ; ou l’Islandaise Vigdís Finnbogadóttir qui fut la première femme au monde à être élue présidente de la république  et des centaines d’autres personnages du monde, tels que Brigitte Bardot dans sa « Camargue » de Saint-Tropez, ou Barbara Streisand à Los Angeles aux USA, où Jean d’Ormesson dans ces bureaux du Figaro de Paris, ou Georges Simenon à Lausanne, ou le Roi des mercenaires, Bob Denard, aux Comores le lendemain de l’assassinat du Roi Abdallah…. ! Tous m’ont honoré de leur confiance et amitié. Ils voyaient bien que je n’étais point demandeur, mais que je n’étais qu’un « Voyageur-assoiffé-de-l’Autre ».

C’est ainsi, que je viens en cette fin d’été 2009, de visiter deux pays pratiquement fermés, presque bannis et fortement critiqués ! On vous conseillera de les éviter, de les fuir et de les contourner si possible ! J’ai fais pire, je les ai associé dans un même périple et j’ai ainsi retrouvé mon adrénaline de mes 20 ans de Machu-Picchu, de Terre de Feu ou de ma profonde Australie d’Alice Springs et de « Waltzing Matilda ».

Je reviens du Soudan et de l’Erythrée.

Le Soudan (le pays des Noirs) dont Khartoum, la capitale, tire son nom de sa forme en trompe d’éléphant, constituée par la rencontre des deux Nil : le Bleu et le Blanc. Le Nil Bleu (Bahr al-Azraq) est un embranchement du Nil qui prend sa source en Éthiopie, où il forme le lac Tana dès ses premiers kilomètres avant de poursuivre sa route vers le Soudan où il rejoint le Nil Blanc qui vient de l’Ouganda, à Khartoum, pour former le Nil qui ira enfin en Egypte. Ce Nil Blanc (Bahr el abiedh) a  trois sources différentes, situées au nord du lac Tanganyika, lesquelles se rejoignent rapidement avant de converger vers le lac Victoria. Il est bordé par le Kenya au nord-est, l'Ouganda au nord, la République Démocratique du Congo à l'ouest et la Tanzanie au sud. Aux deux langues officielles du Soudan ; l’arabe et l’anglais, s'ajoutent près de cent langues et dialectes dont les plus importantes sont le dinka, le peul et le nuer. Secoué par guerres et guérillas causant plus de 300 000 morts avec deux conflits majeurs larvés attirant dictature interne et boulimies extérieures de la Chine à la France en passant par les USA, tous attirés par le pétrole et les précieux minerais du plus vaste territoire d’Afrique, le10e du monde avec 2,5 millions  de Km2, avec 41 millions d’habitants  et  qui abrite plus de 500 cents peuplades ou tribus appartenant à plus de 50 ethnies différentes. Les musulmans se concentrent dans le Nord du pays où la charia est en vigueur, alors que le Sud est peuplé d'animistes et de chrétiens !

Enfin, l’Erythrée montagneuse, qui après 30 ans de guerre avec l’Ethiopie voisine, n’a toujours pas démobilisé ses enfants après leur année de service militaire, ce qui permet au Président Issayas Afeworki  de « tenir en laisse » cinq millions de personnes et de scléroser le pays pour garder le pouvoir par une politique à tendance impérialiste! les Tigrinya forment 50 % de la population, les Tigre et Kunama en constituent 40 %. Les Afars et les Saho occupent le tiers de cette Erythrée du bout du monde. Au pays dit Bar El Habach, du nom de cette ville du Yémen qui poussa son ethnie vers l’Erythrée, la Somalie, le Soudan et l’Ethiopie ! Au Yemen, en Arabie heureuse, pays de la Reine de Saba qui eu un enfant du roi Salomon (à Jérusalem)  qui naquit presque en cachette en terre d’Erythrée ! Dit-on !

C’est ce que je vais vous inviter à découvrir, avec moi, avec forces anecdotes et péripéties voyageuses !

07.09.2009

PERIPLE AFRICAIN (1)

 

Premier avion

D’un long périple aoûtien

 

Le côté le plus charmant du Voyage reste l'imprévu et l'inattendu.

43 mınutes sur le tarmac sans bouger. Notre avıon refuse de partır avec des portes fermées et aucun commentaıre radıo.

Soudaın, tout au fond de l'appareıl 3 barbus vêtus de blanc, au regard hagard, semblent  se...fâcher. Je m'approche, les apostrophe et les suit.

Un dıalogue de sourd entre l'équipage et un autre barbu quı refuse de débarquer ...

LE PROBLEME EST SIMPLE personne ne veut endosser la responsabilité de voler avec ce Barbu vêtu de blanc quı avaıt un regard hagard.

Je me présente au Cdt de bord, luı précise mes connaıssances médicales...et demande à interroger le patient en sa présence...

Fınalement le patıent faıt sa propre ınjectıon d'insuline, ınterrompt son jeune et du coup son oeil est vıf et son sourıre éclatant.
Le Cd me demande sı je prends la responsabilité de voler avec ce patıent et sı non, plutôt que d'affronter la fronde de (23 barbus et non 3) il allaıt faıre débarquer tous les passagers et appeler du secours policier

-          « Ouı mon Cdt j accepte et croyez moı vous n'aurez aucun problème... »


Et quelques heures plus tard nous atterrissons dans la joıe dans la capitale quı changea 3 foıs de nom dans son hıstoıre.

Sept heures d escale en vue....le Périple va consommer enfin!
Yes, we can !

15.08.2009

VOYAGER EST UN METIER

Partir

C’est vivre un peu

 

Une soif de vie.

Une soif de soif.

Une soif d’ivresse.

Une soif à étancher.

Un désir de partir.

Un élan effréné.

Un départ réitéré.

 

Une impulsion qui se ramène toujours à un explosif départ.

Partir, voyager sans cesse, c’est le lot de tout dromomane qui, au bout d’un certain temps, sans trop savoir pourquoi et sans trop réfléchir, reprend son bâton de voyageur, cherche son étoile polaire et repart... vers l’inconnu.

 

Aveuglé (verblendet) ce voyageur a un besoin viscéral, pareil à celui du fumeur ou du drogué qui le pousse à... partir.

Pour lui, cet impératif, ce 3, 2, 1, 0 est un objectif inconscient et inné sans cesse renouvelé. Tout comme le Phénix, ce départ renaît de ses cendres.

Tout comme la faim, ce « partir » revient à l’heure du prochain repas.

Ce voyageur « cyclé » et « cyclique » fonctionne comme une véritable montre suisse. Quand l’heure arrive, il faut partir. Mais partir pourquoi et comment ?

 

POURQUOI PARTIR ?

Partir, et de préférence vers un endroit nouveau, un pays, un monde « à découvrir ».

Le nez au vent, la pupille dilatée et l’oreille aux aguets, on part vers cet objectif choisi au hasard d’une rapide lecture. C’est en descendant d’un avion dans un nouvel aéroport, cette passerelle souvent tremblante que l’on se sent le plus léger, le plus heureux, le plus vivant, le plus émerveillé.

Enfin cette Terre Promise !

Cette Terre attendue, ce pays nouveau. C’est sûrement le moment le plus émouvant du voyage.

 

Là, peu à peu, le flou qui envahissait ces lieux se dissipe. La brume se lève et nous permet de croquer à pleines dents moult détails : le douanier en faction, le policier intransigeant, la morne salle d’attente, le beau marbre ou le pavé défoncé, les écriteaux accueillants, l’habit insolite, l’accueil chantant, la langue barbare ou peu connue, le teint, la taille, et même un trait de caractère de cet autochtone présent dans cet aéroport d’arrivée. Cinq minutes sont déjà écoulées, le voyage est à son apogée. Cette ivresse d’arrivée, cette décharge d’adrénaline et cette émotion à fleur de peau sont peut-être ce qu’il y a de plus merveilleux au monde. Avoir cette chance énorme de visiter, de voir, d’apprendre (wissbegierig), d’écouter et de communiquer est un don de Dieu. Le plaisir du dromomane n’a d’égal, à mon avis, qu’une certaine pipe de fumeur...de Vientiane au Laos.

 

Le voyageur attend cet instant de départ pendant des mois ou des ans.

L’instant arrivé, cette première phase du voyage (la préparation-attente) enfante la seconde ou l’arrivée lyrique, bucolique, mélodique et idyllique.

Quoi de plus beau que de passer à la troisième phase, la découverte du pays, de vibrer par tous ses pores et d’aller vers l’Autre, ce nouveau, cet aborigène ou autochtone, pour le comprendre, s’enrichir de sa présence et peut-être... l’aimer.

 

COMMENT VOYAGER ?

Dans cette troisième phase de voyage ou galopade effréné, la curiosité canalisée est notre tuteur principal vers la grande voie de l’Aventure. Tout cela se terminera dans une quatrième phase de voyage qui cristallise le tout sous forme de reportage pour les uns, et de petits carnets roses ou blancs pour les autres, ou encore par le montage de belles diapositives. Ces informations glanées au gré des rencontres seront, sur notre bureau de travail, le catalyseur d’un reportage. Les lectures sur ce nouveau pays se suivent rapidement. Tout s’enchaîne, tout devient clair, le « chasseur-voyageur » n’a plus qu’à projeter et résumer ses informations teintées d’émotion. Notre chanceux voyageur boucle ainsi son 93e reportage sur un pays nouveau.

Mais on n’a plus vingt ans et l’on ne s’appartient plus. Là, commence le vrai calvaire et l’ambiguïté. Comment laisser sa propre chair et son amour pour partir et partir encore, vivre sa soif culturelle sans tomber seul le soir sur un oreiller ... cauchemardesque d’un hôtel anonyme, qui freine vos élans et vous rappelle à la non-liberté.

La sagesse acquise (l’est-elle jamais ?) donne ainsi un parfum supplémentaire à ce départ-voyage et une ablution sentimentale nous aide ainsi à quitter le giron familial et à voler quelques jours à la vie pour revenir bien vite plein d’usage et peut-être de raison.

 

VOYAGER ?

Un voyageur, c’est aussi et tout d’abord cette fabuleuse mémoire, ordinateur sans pareil qui nous offre le luxe suprême de nous faire revivre nos autres voyages. C’est en voyant la poutre verte d’une façade blanche du siècle passé, qu’il se remémore par exemple un lointain temple d’Asie ou une certaine avenue de Leningrad. Telle ville aura un parfum de Wellington et un arôme d’Amsterdam. Le puzzle se referme. A travers tel détail, il revit ses Aventures- Voyages. Il revoit le Monde sur un écran géant. Je revois Bali et ses danseuses et le quartier de Kuta où ma chambre d’hôtel ne coûtait à l’époque qu’un seul US dollar.

En Indonésie toujours, j’entends les gigantesques et immobiles cloches de Borubudur, avant d’aller assister au mariage princier de Yogyakarta ou « Joja », où seules de pâles bougies éclairent ce palais princier d’un autre âge. Et je repense à ma récitation enfantine : « la reine de Java, la Noire Chasseresse avec l’aube est venue au gîte de ses petits ... »  plus loin, Singapour ce petit dragon  d’Asie qui croule sous une montagne d’électronique et de gazon bien taillé. Kuala Lumpur (ou KL) me berce encore par la voix de ses muezzins. Bangkok au « floating market » et au Bouddha couché reste le nœud gordien de l’Asie du Sud-Est. Luang Prapang, l’autre capitale du Laos sera toujours dans mon souvenir l’image de cette montée du Mekong, fleuve de boue rougeâtre, en barque militaire, pour arriver au crépuscule chez le prince Suvanuphang, mon interviewé, qui reprend provisoirement le pouvoir de son pays.

Dans un autre pays en conflit, je revis le couvre-feu de Saïgon, avec cette fin de guerre qui

augure déjà les « boat people ». Les officiers onusiens du H.C.R. en poste à Saïgon m’ouvrent

d’autres portes vietnamiennes. Manille, que je quittais les larmes aux yeux, plein d’émotion et d’amour pour ce pays de guérisseurs philippins. Tokyo au Shinkansen, prédécesseur du T.G.V., sera tout comme Osaka, Yokohama et Kyoto un inaliénable film du futur, qui divise le Monde en trois parties : l’Occident, l’Orient, et le Japon.

Taipeh, capitale de Taiwan ou Formosa qui se croit seul représentant chinois sur terre. Hong Kong en fin de bail anglais (1991) sur un espace aussi petit que l’île de Jerba, love quatre millions de Chinois et quelques heureux Britanniques, entre Victoria et Koowlon. Macao la portugaise nous offre son casino à une encablure de Hong Kong. Plus loin c’est Karachi et le torride soleil du Pakistan.

 

En Inde, à partir de New Delhi c’est l’escapade millénaire vers Agra et Jeipur, entre deux sessions du 77e sommet des Non-Alignés. Dans mon cerveau continue à défiler ce périple de quatre-vingt-treize pays. Voici la péninsule d’Arabie avec le riche Qatar, l’ancestral Oman, Bahrein entre deux mers, Koweit la puissance du cerveau bien nanti, puis les vestiges de Damas, de Babylone et de Bagdad en allant vers le pays des Pharaons. Le pays des Ottomans où Istanbul fut Byzance puis Constantinople, conserve un Ephèse aux richesses incalculables. Athènes, la civilisation voisine et rivale, sera le relais pour découvrir le Monde Rouge au gré des années en passant de Leningrad à Sofia via Varsovie, Dubrovnik, Prague, Budapest, Bucarest et Tirana (mon 93e pays visité). A Rome, rivale d’Athènes et de Carthage, le Cigéviste gagne un second pays en visitant le Vatican.

 

Plus au Nord, la riche Scandinavie et plus loin encore sous un admirable soleil de minuit un souper au pays de feux et de geiser, l’Islande du bout du monde. Dans un autre coin de cerveau je revois les douzes pays de la C.E.E. bordés de minuscules et sympathiques Gibraltar, Jersey, Andorre, Monaco, San Marino, Liechtenstein et les riches voisins, Suisse (pays de mes études ) et Autriche.

 

Le ventre mou de cette C.E.E. se pare d’un riche et multiplie Maghreb. Plus au sud enfin, c’est une débauche insulaire en Océan Indien avec les Seychelles, la Réunion et l’Ile Maurice, terres de rêves et d’évasions, suivies d’incursions en profonde Terre d’Afrique (Sénégal, Gambie, Côte d’Ivoire, Togo et Bénin) dans un monde si riche et différent, aux problèmes presque insolubles.

En traversant l’Atlantique je revois l’heureux et béni Canada, véritable terre promise bordant les U.S.A. Au pays de l’oncle Sam, la Californie par exemple restera cet éternel Paradis rêvé par tant de Grand Voyageurs. Plus au sud, avec le pouce en l’air, je revois cette cavalcade effrénée d’auto-stop, à travers seize pays d’Amérique Latine, d’Acapulco à Terre de Feu en retrouvant par l’Amazonie et en passant par Iguaçu la magique et le « Puputi Del Mundo », ou nombril du monde, Cuzco, capitale Inca, lisière de Machu Picchu, titre de mon premier ouvrage, il y a vingt ans déjà. Une pieuse pensée à mes rencontres avec le Rey Pelé à Sao Paolo, Casius Clay à Lima, et Salvador Allende à Santiago au Chili, sans oublier un triste énième coup d’Etat qui me surprit en Bolivie. En Amérique Latine, le cœur chavire bien vite et la tête s’enflamme très fort.

 

En traversant l’Océan Pacifique je ressens avec délice ce choc éblouissant de corail et de lagon et ces journées surnaturelles ou presque, passées à l’île Bora Bora parmi ses deux mille cinq cents Tahitiens « FIU ». Que sont donc devenues, vingt-cinq ans après, ces îles de corail, de verdure et de débauche de couleur et d’amour souvent mal interprété, sous des colliers de fleurs ou de coquillages, ce paradis de Cook et de Gaugin ?

De l’aéroport Faaa, à Papeete c’est le départ vers la nouvelle Zélande en franchissant la « Date Line » qui me fit rater un 9 avril, un jour d’anniversaire ou un an !

 

D’Auckland à Dunedin c’est la découverte d’une Grande Bretagne du siècle passé avec en prime une messe de minuit de Pâques, dans une tornade de 4.500 kilomètres d’auto-stop au pays des Koalas et du Kangourou jusqu’à Darwin.

Dans ce pays de Sir Sydney Cove, Ministre de l’Intérieur de sa gracieuse Majesté de l’époque, les descendants de ces passagers n’ont presque rien de commun avec la sauvage beauté de cette île lointaine pas plus peuplée que Los Angeles l’américaine.

 

Une frêle petite main me sort de ma torpeur. Papa ! Papa ! Il faut quitter ‘’River Tiger’’. Le zoo de San Diego va fermer ses portes. Compatissant ... le nouveau voyage continue avec la découverte de la Californie 88.

Partir c’est vivre un peu.

 

R.T.

20.07.2009

BEIGNETS, NOKIA ou PRESERVATIFS?


Souk el
Balgha à Nabeul


Comme chaque été, à Hammamet, je reste fidèle à un pèlerinage matinal chez Am Salah Najar, à Nabeul, histoire de déguster sur place (en sa compagnie loquace) une des meilleurs « Ftira » ou beignet du pays et de lui en acheter tout un paquet à offrir à tous nos chers hôtes de la Résidence : RSS.

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Première nouvelle : un rideau métallique ferme l’antre de notre marchand de beignets à Nabeul ! Les voisins m’apprennent que cette fois le rideau est tiré définitivement suite à un décès dans la famille !

 

Adieu beignets, adieu makrouds et Zlabia en tous genre ! Adieu également son arrière boutique qui n’est autre qu’un véritable Musée du Beignet !

 

Retraité du ministère des finances, Mohamed Salah Najar est amoureux fou de Nabeul, sa ville natale. Né en 1936 ; il perpétue la tradition acquise auprès du feu son père et son oncle. Tout en gardant en secret la façon dont est pétrie la pâte, la préparation et la manière de temps de cuisson. Son aïeul était le «Fournisseur attitré, des  Ftaiérs ou beignets, du Bey » et a participé à l’exposition universelle de Paris en 1889.


Désabusé et attristé, je suis obligé d’aller chercher un autre marchand de beignets dans cette fourmilière nabeulienne ! Entre impasses et sens interdits je suis condamné à parquer vers l’hôpital et à entrer à pied au cœur de la Médina, vers le « Souk El Balgha » ou un certain Monsieur X fabrique de merveilleux beignets !

 

Youpi ! Nos hôtes de la « Résidence Sans Soucis » sont sauvés et je vais avoir le bonheur de leur offrir à tous des « ftaiers » de qualité !

 

La ballade se fait agréable ! Un marchand de céramique me charme et me vend un petit ustensile coloré, sympathique et folichon avec couvercle! Imaginez un « garde harissa » en miniature à poser sur la table à manger !

Waw !! Huit petites merveilles rempliront mon premier sac !

 

Nous voici, enfin, près de la grande Mosquée et puis face au marchand de beignets, qui dans son antre « chaude et enfumée » de 10 m2, me fera 8 petits paquets de quelques beignets chacun… et je déguste entre-temps le mien, sur un petit comptoir de 20cm de large !

 

A la sortie, détressé et riche de mon double butin matinal je découvre ce souk el Balgha !

Une ruelle de 200 mètres environ, où la chaussure de maison ou d’été, dite « balgha » se vend sous toutes ses coutures en cuir véritable !

 

Le premier étal est tenu par une jeune fausse blonde et le second aussi ! Une petite foule s’amasse devant le magasin de la seconde Fausse blonde de 22 ans au mètre 77 ou 78 assuré !

 

Ils rigolent et la narguent. Quatre jeunes de 20 ans. Devant leur bonheur, elle en fait plus et les nargue à haute voix tout en gesticulant et en faisant tourner entre ses mains un curieux objet !

 

Je m’arrête et suis également intrigué. Le sans gène de la dame en jeans serré et tee short généreux est incroyable. Elle essaye de glisser son petit téléphone cellulaire noir, de 10 cm de long, dans un préservatif qui l’avale goulûment… et elle recommence en le faisant danser face à une foule en joie…et en fête.

 

Un beignet peut cacher un sacré Nokia à Nabeul !

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