06.02.2007

Que veulent les USA?

ADIOS MOLDAVIA

 

  Délicatement, Son Excellence, Ambassadeur des USA à Chisinau, me demande si je suis bien un Moldave. « Comment vous êtes de Tunis ? » s’exclame-t-il ! Il me prie fermement de le suivre en silence. Nous grimpons au premier étage, de sa résidence,  jusqu’à une large porte blanche bien verrouillée. Il me regarde dans les yeux et me redemande si je suis bien de Tunis !

9e et dernière escale moldave !

Mon sourire habituel mue en une légère angoisse et la lourde porte blanche glisse délicatement sur ses gonds. L’obscurité est encore plus inquiétante. Le chant de mes amis moldave m’arrive assourdi, comme d’une autre planète. Son Excellence me plonge dans une tornade de questions et prolonge le suspens.

Soudain, plus de vingt spots lumineux brillent de tous leurs feux. Près de dix cartes de Tunisie apparaissent au grand jour. Mais que font en Moldavie, à la résidence de l’ambassadeur des USA, les cartes d’état-major de la Tunisie ?

-         Vous voyez mon ami, votre pays va bientôt être attaqué par l’Algérie et la Libye et voici notre plan de défense américain : ces marques en jaune !

Devant mon ébahissement, le lieutenant-colonel esquisse un sourire et me précise : « l’attaque aura lieu le 6 avril 2004 ! » Chez les Américains il n’y a pas de temps mort, on feint une attaque militaire sur un pays et on prépare la défense sur cartes d’état-major ! C’est un peu mon dada cette carte…

Les maisons se suivent et ne se ressemblent pas. Tout le groupe sent qu’il vit un moment hors du commun, un instant béni des dieux et des hommes. Une soirée volée à la vie au sein d’une amitié dépourvue de tout intérêt. Soudain, c’est la pagaille totale. Artur, en bon chef grec, somme le chauffeur du bus de mettre le cap sur la place centrale de Chisinau. Des milliers, peut-être des dizaines de milliers de Moldaves sont rassemblés sur la gigantesque place. Couverts de zibelines et autres manteaux de fourrure, parés de grosses chapskas et de bonnets divers, ils tiennent, d’une main une bonne bouteille de champagne étiquette noire « Bessarabia », de l’autre une petite fusée qui attend les douze coups de minuit pour éclater et colorer ce beau ciel noir et bas. Toutes les églises sonnent l’angélus urbi et orbi.

La pauvreté du pays, son enclavement et le froid n’altèrent point le moral de la foule. Une seule phrase est reprise par le peuple : « La multi ani cun tate » ou Bonne année ! Cette foule en liesse, cette ville du bout du monde et notre groupe insolite resteront à jamais gravés dans ma mémoire de voyageur !

Plus de dix autres familles nous recevrons avec la même gentillesse et la bonne humeur. Moi qui rêvais de fêter le passage du Millénium dans une famille moldave, je suis réellement comblé. Dieu merci !

Chaud puis froid, le jet d’eau de ma douche arrive difficilement à me réveiller.

Il ne me reste plus que 30 minutes pour partir à l’aéroport et les effets et méfaits de cette nuit moldave résistent au puissant jet de ma douche. Ils sont venus, ils sont tous là. Certains dorment à poings fermés et d’autres refont le monde dans de profondes discussions savantes.

Le bus est plein et je repars avec le groupe d’Artur, d’Oxana et de Marina. Puissent les dieux protéger ce pays, le soustraire aux mains d’une tentaculaire administration, lui éviter d’être phagocyté par la Roumanie, de fuir les hégémonies ukrainienne et russe et de libérer sa « tête et ses pieds », le Nord et le Sud, d’une guérilla persistante.

Assis face à la fenêtre de notre bus, je sens un nouveau vertige. Ce n’est ni un roulis, ni un tangage, ni le langage, ni le rire. C’est déjà le mal du pays ! Adios Moldavia ! je reviendrai chers amis !

R.T.

http://rachedtrimeche.cigv.de/

 

13:00 Publié dans Le Voyage, Le voyageur | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : Voyage, voyageurs, Moldavie, USA, Tunisie, chants, amour

01.02.2007

DU RIFIFI A L’AMBASSADE US

Jesus save us, Jesus save us in our bus! 

À 10 heures du soir, un microbus Mercedes m’attend devant l’hôtel avec à bord mes joyeux lurons et compagnons. Artur résume le programme :

« nous voulons un réveillon excentrique et unique. Nous sommes tous artistes à notre manière et nous allons d’ici 5 heures du matin rendre visite à nos quinze familles, de maison en maison, grâce à notre bus ! »

8e et avant dernière escale moldave !

Embarqué dans cette caverne d’Ali Baba où les caisses de champagne jouxtent des dizaines de gâteaux et de gourmandises diverses, je suis déjà pris de vertige et mon premier « Caramba » sera repris par le groupe durant toute la nuit. Le ton est donné par Marina Manon : « Jesus save us, Jesus save us in our bus ! »

La première famille, prise au dépourvu par notre arrivée, reste bouche bée devant ce spectacle. Imaginez la belle Oxana au crâne rasé, la boule à zéro, qui, du haut de son mètre quatre-vingt, subjugue la foule par ses divins yeux bleus métalliques et par a voix de soprano. Sa longue robe blanche flottante fait d’elle une innocente nymphe à bord de l’arche de Noé. Le chœur improvisé que nous sommes répète inlassablement « Dar Ninus acas, Domn, Domn ».

La famille nous reçoit autour d’un arbre de Noël (cette fête se veut triple chez les orthodoxes : Noël du 25 décembre, la St Sylvestre du 31 et leur propre Noël 20 jours plus tard). A nouveau un flot de champagne, du foie gras et moult gourmandises. La troisième famille est la plus insolite. Les habituelles mansardes font place à un luxueux chalet à trois niveaux. Un château pour ainsi dire. J’ignorais que l’un d’entre nous était le fils du Lieutenant-colonel Bill Vogt, ambassadeur des USA en Moldavie. Une simplicité bien américaine et une convivialité de passage de millénium nous baignent de bonheur. Délicatement, Son Excellence me demande si je suis bien un Moldave. « Comment vous êtes de Tunis ? » s’exclame-t-il ! Il me prie fermement de le suivre en silence. Nous grimpons au premier étage jusqu’à une large porte blanche bien verrouillée. Il me regarde dans les yeux et me redemande si je suis bien de Tunis ! Mon sourire habituel mue en une légère angoisse et la porte blanche glisse délicatement sur ses gonds. L’obscurité est encore plus inquiétante. Le chant de mes amis m’arrive assourdi, comme d’une autre planète. Son Excellence me plonge dans une tornade de questions et prolonge le suspens.

Que veulent les USA à la Tunisie ?

Qui ose déranger la quiétude de l’oncle Sam ?

(A suivre : Suite et fin !)

12:10 Publié dans Le Voyage, Le voyageur | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : moldavie, USA, ambassade, Tunisie, danger, doute, escalade

29.01.2007

PASSAGE DE SIECLE EN BUS

Am venit, colind, Domn, Domn 

Je persévère dans mes recherches d’une Saint Sylvestre en famille moldave…

Les hôtesses de l’hôtel n’osent pas inviter l’unique client encore « inconnu » et les amis de fortune ne sont guère confiants. Je m’apprête à dîner en suisse dans un beau restaurant de la ville « La Taifas »... et cherche à faire une réservation par téléphone.

Le périple moldave continu : 7e escale !

Soudain, le hall de l’hôtel retentit d’un vacarme assourdissant. Une quinzaine de jeunes femmes et d’hommes parés de costumes de bal, chapeaux rouges et guirlandes, tenant une page de journal à la main gauche et un verre d’un délicieux champagne moldave à la main droite, m’encerclent rapidement en chantant « Am venit, colind, Domn, Domn ».

J’en perds mon grec et mon latin ! L’histoire est pourtant fort simple : un écho de presse parle de ce curieux personnage, venu du bout du monde, qui vient visiter son 53e pays d’Europe.

Artur Pervii, étudiant à Athènes, et le directeur du théâtre de Chisinau sont les deux meneurs du groupe. Rendez-vous est pris à 22 heures. La nuit promet d’être bien blanche sans oublier hélas que je dois être à 6 heures du matin à l’aéroport !

LAST NIGHT

Marianne, notre belle hôtesse du Jolly-Alon Hotel, accepte de me conduire au marché des arts. Une centaine d’artistes y exposent leurs œuvres. Les tableaux de maître côtoient les statues de bronze, les colliers d’ambre de la Baltique et les œufs de jade. Un plaisir des yeux et de l’âme. Un moment inoubliable. Il est déjà 21h ! Dans une heure mes joyeux nouveaux amis m’attendent en bus, pour une nuit blanche à Chisinau ! Le temps de bien ranger mes précieux achats artistiques et de prendre une petite douche !

Quel est donc le programme nocturne du 31 décembre qui changera le siècle?

Comment passer toute une nuit de fête dans un bus ?

Où se cachent champagnes et friandises de toutes sortes ?

Quelles sont les familles qui nous attendent ?

(à suivre)

19:55 Publié dans Le Voyage, Le voyageur | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : passage de siècle, moldavie, russie, art, voyage, aventures, voyageurs

27.01.2007

RENDEZ-VOUS ou KIDNAPPING ?

Une belle qui se cache !

 

Je suis face à la statue de Stefan Cel Mare, quand, soudain, une femme d’un âge certain m’apostrophe et me somme de la suivre sur-le-champ…

C’est la 6e escale du périple moldave !

Sa fille Irena nous attend. L’occasion est trop belle pour rater une nouvelle aventure. Mon passeport est à l’hôtel et je n’ai sur moi que des petites coupures de lei. Son anglais se limite à deux mots : « I wait for you since 2 hours ! » Un premier tramway, puis un second et même un bus bondé pour arriver face à la faculté des lettres. Sa fille serait donc étudiante ? Que me veut-elle ? La dame rentre dans quatre bâtiments différents et en ressort chaque fois avec une piètre mine ! Point de fille à l’université. J’apostrophe un étudiant chimiste et demande son secours linguistique. Sa réponse est fort simple : « elle vous a attendu toute la journée et sa fille n’est pas au rendez-vous. Ne pouvant joindre sa maison par téléphone, elle vous propose de venir chez elle, à 18 kilomètres d’ici, mais elle vous prévient qu’il n’y a pas de courant électrique et que, dans cette région, les bus s’arrêtent à 19 heures ».

J’ai beau demander la raison de ce sympathique kidnapping, je n’obtiens pour toute réponse qu’un « voyons faites un effort, venez avec moi !». Mon dernier effort est de prendre le premier bus pour retourner aux pieds du héros moldave Stefan Cel Mare et d’emporter ainsi dans mes valises le souvenir de cette dame, de sa fille, et de ce curieux rendez-vous manqué.

Je suis vraiment tenté de découvrir cet appât promis et de marcher vers ce kidnapping touristique annoncé ! Mais est-ce une façon de boucler le siècle dans quelques heures à peine ?

STEFAN CEL MARE

Je retrouve avec bonheur le leader moldave, vainqueur de quarante batailles, qui trône ce matin sur un piédestal de marbre à l’entrée de ce parc municipal.

Ils sont encore une dizaine de femmes et d’hommes à flâner autour de la statue du héros  Stefan Cel Mare ou Etienne le Grand qui demeure le principal héros du pays. Il régna quarante-sept ans, de 1456 à 1504, et repoussa les Hongrois, les Polonais, les Tatras et les Turcs. Il construisit des monastères, des écoles et des citadelles, équilibrant les rapports entre la noblesse, la bourgeoisie et la paysannerie. Il envoya sa flotte commercer avec Gênes, Trébizonde et le Caucase.

D’autres illustres moldaves partagent aujourd’hui le nom des boulevards du pays tels que Alexandru Lapusneanu, Vasile Lupu, Petru Rares et le prince humaniste Constantin Mavrocordat qui libéra les paysans du servage en 1749, ou encore Démètre, le prince érudit qui régna au XIXe siècle. Il parlait sept langues, dressait des cartes et rédigeait même des ouvrages philosophiques et historiques. D’illustres Roumains sont de terre moldave : les poètes Eminescu et Alexandr, les écrivains Asachi et Hasdeu, les fondateurs même de la Roumanie nouvelle, Cuza et Kogälniceanu.

Depuis trois jours, mon obsession est de passer le réveillon du 31 dans une famille de Chisinau. J’ai passé ma vie à visiter les autochtones et aborigènes de mes 184 pays découverts, et là, en Moldavie, je suis encore plus attiré par ce peuple, noble, pauvre et mystérieux !

Quand soudain tout bascule ….à la réception de l’hôtel

(A suivre)

 

14:40 Publié dans Le Voyage, Le voyageur | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : moldavie, st silvestre, tourisme, voyage, voyageurs, intrigue

25.01.2007

Sur les pas de Violetta

AU PAYS DU FLEUVE TUMULTUEUX

Le voyage moldave est à sa 5e escale !

Violetta, notre guide improvisée, nous conte la saga de son pays d’une manière plus poétique : « le nom de Chisinau fut mentionné la première fois au XVIe siècle.

Ce nom turc de l’époque de l’Empire ottoman signifie source neuve. L’étymologie du nom du pays est également très curieuse. En ancien allemand, Molde signifie mine à ciel ouvert, creux ou lit de rivière. En pays tchèque, le fleuve tumultueux ou Vlatva signifie creuse d’où le nom Moldau. Cette force de creuser pour trouver un nom au pays se retrouve en Roumanie, avec sa rivière qui creuse, la Moldova.

Après les grandes dévastations tatares de l’Europe orientale, au XIIIe siècle, le repeuplement se fait sous la houlette des royaumes de Hongrie et de Pologne, tandis que l’assistance technique était fournie par l’Allemagne. Les premiers princes moldaves eurent aussi recours à l’assistance militaire hongroise qui enfanta pour l’histoire le nom même de la capitale, Chisinau de « Kis-Jenö » ou le « Petit Eugène ». Plus tard, les Russes changèrent pour un certain temps Chisinau en Kichinev.

LA SOURCE NEUVE

En 1359, toutes les principautés situées entre les Carpates, le Dniestr, la mer Noire, le Danube forment la grande Moldavie. En 1812, la partie occidentale reste roumaine et la partie orientale devient russe sous le nom de Bessarabie. Cette dernière se libère en 1917 et se rattache un an plus tard à la Roumanie jusqu’à sa reprise par Staline en 1940 avec en bout de couloir une indépendance en 1991 et la naissance de la République de Moldavie.

Reste la Moldavie roumaine, celle qui forme aujourd’hui une province de la Roumanie, rappelant l’histoire étymologique et épique de la Macédoine :

Une république indépendante d’Europe et en outre le nom d’une province de la Grèce. Tels sont les faits de l’histoire. L’écrivain Virgil Gheorghiu (auteur de la 25e heure) nous fait découvrir le savoureux décor de cette Moldavie roumaine, avec ses Carpates, se vallées de la Bistrita et du Trotus et ses lacs enchâssés de Bicaz et de Lacu-Rosu. »

Aujourd’hui, la frontière du Prout entre les deux Moldavie est enfin ouverte, après 46 ans de séparation forcée. La fusion des pays est possible et le drapeau est déjà le même, tout comme la langue. Faute d’unité territoriale, l’unité spirituelle et matérielle est déjà faite. Si l’on demande aux trois millions d’habitants demeurant encore en Moldavie qui veut partir à Bucarest, plus de la moitié demanderait à le faire. Le dérisoire salaire de 20 US$ par mois sera peut-être quintuplé et l’oxygène purifié. La demande de départ est si forte et les visas Schengen tellement rares que des fuites s’organisent autrement. Des centaines de femmes empruntent la filière albanaise en se vendant pour une poignée de dollars pour pouvoir gagner l’Ouest.

Je suis face à la statue de Stefan Cel Mare, quand, soudain, une femme d’un âge certain m’apostrophe et me somme de la suivre sur-le-champ…

(A suivre)

 

14:10 Publié dans Le Voyage, Le voyageur | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : moldavie, russie, roumanie, voyages, beauté, pauvreté, histoire

23.01.2007

DES FLEURS ET DES COURONNES MOLDAVES

450 US$ de PNB par tête et par an

4e escale moldave! Imaginez une charrette tirée par un bœuf noir et suivie d’une foule toute de noir vêtue. Imaginez dans un cercueil le visage dévoilé de la vieille défunte et vous ferez partie du cortège funèbre. Des fleurs et des couronnes ornent la charrue.

Le cimetière est sobre et sordide et me rappelle ma guerre de Bosnie-Herzégovine et ses tombes de Sarajevo où gisent des dizaines de jeunes soldats ravis à la fleur de l’âge. Notre retour sera plus long et le chemin des écoliers nous offre d’autres magnifiques paysages à travers une forêt de pins  gigantesques où se lovent, ça et là, de beaux petits chalets tout de rouge vêtus !

La soirée se termine sur les boulevards de Chisinau. Dans un vieux troquet, la préposée au bar, plantureuse et joviale, nous tend une bière, un canapé de jambon et une salière.

À chacun sa coutume. Affalés sur leurs tables, les clients semblent causer avec leurs bières, perdus dans de légères vapeurs éthyliques. La nuit ne freine pas le commerce. Pour ce chapelier ayant pignon sur rue, le premier client risque d’être pour demain. Les passants sont calmes et discrets. C’est par contre cette dame qui m’intrigue. Avec un petit balai de 15 cm de haut, elle nettoie le pourtour de son tabouret posé sur le trottoir. C’est son territoire, son échoppe. Elle vend religieusement et stoïquement des graines de tournesol à minuit. Son âge canonique, sa distinction et sa grâce dévoilent son aristocratie perdue. Est-elle Russe Blanche ou veuve de Général ? Je m’attarde à contempler son manège que ne dérange ni le froid ni la misère. Soudain jaillit une belle jeune dame qui s’assoit en tailleur auprès d’elle. C’est sa fille aux lettres savantes. Elle m’explique que par la vente de ces graines noires sa maman triple le produit de sa pension alimentaire. Les 8 dollars deviennent 24 !

Un peu plus loin, le spectacle est encore plus poignant. À la force de l’âge, cette jeune maman sur le trottoir depuis des heures semble changée en statue de sel.

Elle porte à bout de bras un beau gilet de laine blanche qu’elle a soigneusement tricoté durant de longues nuits. Pour  5 petits dollars, j’ai le plaisir de la rendre heureuse et de rentrer avec ce beau gilet. La crise économique est réelle !

Allons voir cela de plus près

ECONOMIE MOLDAVE en 2001

La Moldavie est une des premières victimes de la crise russe. Elle est également sous la dépendance économique du grand voisin roumain qui accentue ainsi les faiblesses internes du pays.

Avec un PNB (Produit National Brut) de 450 US$ (le 1/7 de la Tunisie et le 1/10 de la Malaisie), la Moldavie est classée 149e sur 244 pays. Le salaire moyen est encore de 20 US$ et de 100$ pour ceux qui arrivent à trouver un job dans une compagnie étrangère. La planche de salut reste l’exode vers le voisin roumain où les salaires peuvent alors décupler selon la spécialité. Si les formalités de sortie n’étaient pas aussi draconiennes, près de la moitié de la population quitterait le pays en un jour. Mitoyenne à notre hôtel, l’ambassade d’Allemagne, la seule chancellerie qui délivre des visas Schengen, voit dès 22h une queue se former pour attendre l’ouverture des guichets consulaires le lendemain à 8h ! Sur dix candidats un seul Moldave aura la chance d’obtenir un visa pour l’oxygène et pour la liberté !

Une terre noire très riche et un climat plus chaud qu’en Ukraine voisine permettent à la Moldavie des rendements céréaliers élevés.

Le blé, l’orge, la pomme de terre, le maïs, le raisin et le tabac sont les principales productions du pays. Près d’un million de bovins, de porcs et de moutons forment avec 15 millions de poulets le plus gros du cheptel moldave. La désindustrialisation augmente le chômage et les seuls secteurs rentables situés en Transnistrie voisine ferment leurs portes ! Pour comble de malchance la Russie qui absorbe 60% des exportations moldaves est en crise économique et diminue ses importations. Le déficit commercial atteint 20% du PIB et la récession continue !

Curieux destin pour un pays qui a commencé son existence sous l’eau il y a des millions d’années, comme vient de le révéler la découverte de récifs de corail au nord du pays !

Violetta, mon guide aux longues tresses blondes, nous attend pour une toute autre découverte…

                                                              (à suivre)

17:35 Publié dans Le Voyage, Le voyageur | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : PAUVRETé, misère, MOLDAVIE, russes, voyageurs, voyage, découverte

21.01.2007

MOLDAVIE (3)

les Caves de CRICOVA

Le voyage moldave continu. 3e escale.

Tot ce matin, déambulant de rue en rue, je me retrouve dans un petit musée à deux étages. La paysannerie porte ici ses lettres de noblesse. Dans ce froid pays, le paysan moldave a dû se plier à la nature et aux intempéries. Les nombreux outils largement exposés ici témoignent de cette rude époque.

 Mais mon esprit est ailleurs ce matin. Je rêve de visiter les caves de Cricova. Le premier taxi me demande une fortune et le second un trésor de guerre. Je me rabats sur la guerre routière « Straschenn ». Imaginez un souk avec des centaines d’étals divers, une foule chargée de ballots de toutes sortes et des camionnettes ZIL ou Lada des années cinquante et vous êtes au quartier de la gare. Chaque minibus, quitte à attendre deux heures de plus, ne part qu’avec le plein de passagers. Perdu dans cette cohue en allégresse, je me retrouve nez à nez avec cette déesse venue de je ne sais où ! Ses beaux yeux verts, sa taille de guêpe et son mètre soixante-quinze sont cachés dans une belle fourrure des montagnes des Carpates. Violetta Zamisnaia ne déroge pas à la loi culturelle et parle un français parfait. Habile, elle amadoue de suite un chauffeur de taxi qui nous prend à son bord pour six malheureux petits dollars.

Le paysage devient féerique. Des lacs enclavés entre les collines sont bordés de majestueux sapins dorés qui s’entremêlent en formant un chapelet bucolique qui n’attend que le chevalet d’un artiste ! La route montagneuse se fait plus raide et l’asphalte fait place à une boue gluante. Le drame de cette région est hélas fort simple : il a fait très froid au début de décembre et le gel a été si fort que les rameaux d’arbres ont cédé sous le poids de la glace amoncelée. Que dire des poteaux électriques et des lignes haute tension. Tout est brisé et jonche tristement le sol. Le pays est sinistré et seule la ville de Chisinau est en partie « réparée » pour le nouvel an.

Là, dans une vaste clairière, s’ouvrent les portes d’un cloître du XVIIIe siècle.

Deux heures de visite guidée par un prêtre en soutane noire, ceint d’un gros cordon blanc. Les fresques rivalisent de beauté avec les icônes et les tableaux rupestres jouxtent ceux des apôtres et de la cène. Les caves de vin du monastère garderont hélas en cette période de fêtes leur mystère.

À 30 kilomètres de Chisinau, les caves de Cricova forment 70 kilomètres de tunnels et détiennent ainsi le record mondial de longueur. Ces tunnels permettent une parfaite conservation des millions de litres de vin qui permirent à la Moldavie de produire 25 % des vins soviétiques. Outre ces bons vins de Cricova, le pays produit le Cothar, un cru de qualité et un excellent mousseux qui du champagne connaît tous les charmes et secrets en arborant avec fierté une étiquette noire « Bessarabia »... à 5$ la bouteille !

À la sortie du cloître, un spectacle saisissant nous fige sur place.

(à suivre)

 

10:20 Publié dans Le Voyage, Le voyageur | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : moldavie, vin, russie, enclave, chisinau, cricova, voyage

18.01.2007

MOLDAVIA (2)

Ni Rom ni Gitans

Une voiture privée des années cinquante, d’origine russe, noire comme du vieux charbon, se faufile dans les ruelles sombres qui séparent la ville de l’aéroport. Puis les avenues  se font plus larges, les arbres majestueux, les façades plus « époque de Tsars » et un rai de lumière diffuse sous certains porches.

À l’orée d’une forêt, deux jeunes soldats arrêtent notre véhicule et nous ouvrent bien vite la barrière de bois rouge. C’est enfin le Jolly-Alon. Le sourire de Marianne qui se frotte les yeux de sommeil et d’incrédulité me remet de bonne humeur. Mon baluchon rapidement jeté sur mon lit et ma veste chaude enfilée, je dévale l’escalier pour rejoindre la sortie. Deux jeunes gardes taciturnes me barrent l’entrée et me ramènent vers Marianne. Douce et quelque peu intimidée, elle fait tout pour me dissuader. La raison du Voyageur ignore souvent la raison et le discours de ma nouvelle amie n’aura pas d’effet. Pour préserver ma vie, il est impérativement recommandé de ne pas sortir seul après 22 heures et surtout de ne pas traverser le parc  d’en face. Traversant à pas rapides ce parc majestueux et chantant à tue-tête, je me retrouve rapidement sur un grand boulevard où je retrouve  un zeste de Minsk en Biélorussie et un parfum sordide de Kiev en Ukraine, by night. Ce que l’URSS a pu construire d’augustes bâtisses, de grands boulevards et d’arcs de triomphe dans ce pays !

La ville n’est pas déserte. Elle est drapée d’une lumière voilée et d’un froid glacial. Soudain, un rire nerveux et enfantin me surprend. Ils sont dix ou même quinze. Ils ont moins de 12 ans et sont assis à même le sol.  

Les pupilles en mydriase et le nez rouge leur donnent un air de jeunes ivrognes. Ce n’est ni le gin ni la vodka qui les émèchent mais une sordide et curieuse bouteille de plastique blanche. Ce ne sont ni Rom ni des Gitans mais de jeunes Moldaves pauvres et abandonnés. En « sniffant » la colle, ils oublient la misère de leurs douze ans ! Les histoires de la télévision sont bien des réalités. Hélas.

Plus loin, une baraque de 2 m2 vend de froides saucisses et des graines de tournesol éclairées par une lampe à huile. Plus loin encore, je suis hélé par un jeune soldat de 20 ans. Sa chaude « chapska » et son manteau de laine épaisse ne cachent ni son gros furoncle au cou, ni la misère qui hante son regard, ni encore sa solde de 20 US$ par mois, à l’instar des ouvriers du pays. Il quémande une cigarette à un non-fumeur. Quand la chance fait défaut... Deux autres soldats chétifs et hirsutes montent la garde devant une façade baroque par ce froid de canard. Une grande plaque de bronze indique l’ambassade de Hongrie.

Près d’une heure de marche à vive allure et je retraverse mon parc en évitant les drogués et leurs lames alertes !

HISTOIRE MOLDAVE

La dynastie moldave ou le Bessarab s’étend sur la rive ouest du Dniestr (Nistru) qui le sépare de l’Ukraine et portait, au gré du temps, entre 1367 et 1944, le nom de Bessarabie.  

Ce pays s‘étend jusqu’à la rive de l’autre fleuve de la région, le Prout, qui la sépare de la Roumanie. Au XIVe siècle les Turcs s’emparent de la Bessarabie et l’occupent jusqu’en 1812, date de son premier rattachement à la Russie par le traité de Bucarest. Potemkine le célèbre ami de Catherine La Grande, redonne à la Moldavie son ancien nom de Bessarabie.

Quarante ans plus tard la Roumanie voisine occupe le pays. En 1878 la guerre russo-turque donnera le jour à une très brève indépendance puis à une fusion de la Bessarabie avec la Roumanie. C’est l’époque d’Eminescu, le Goethe moldave (1840-1879) dont la statue est aujourd’hui à l’entrée du parc principal de la capitale et qui rassemble les amoureux de Chisinau sous son regard amusé.

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, le pays fera partie de la République fédérée d’Ukraine, qui perdra le Nord de la Bessarabie en 1940. C’est ce qu’attendait la Roumanie pour reprendre ce petit pays et la Transnistrie pendant quatorze autres années et le céder enfin à l’URSS. Ce ballottage historique d’un pays enclavé se termine par une indépendance étriquée en 1991. Pour le malheur de ce petit pays de 33 700 Km2 et de 4,3 millions d’habitants, les russophones déclarent la région de Transnistrie autonome, tout comme la Gagaouzie qui se sépare de la République de Moldavie qui perd ainsi son nom de Bessarabie. 200 000 habitants peuplent les 1 800 Km2 de la Gagaouzie et parlent turc tout en étant chrétiens. A Komrat la capitale, un gouvernement déclare en 1990 une république autonome au grand dam de la République de Moldavie ainsi amputée. Le même scénario se répète au sud-est avec la Transnistrie et ses 750 000 habitants vivant sur 5 000 Km2 qui s’autoproclame république de la rive gauche du Dniestr. Un pays créé de toutes pièces par les Russes, comme de partout sur l’ancien territoire de l’URSS : les guerres de Tchétchénie, du Nagorny-Karabach, le Nakhitchevan, etc.

Nous voilà donc avec une Moldavie sans tête ni pieds et trois gros problèmes: plus de passage au Sud vers la mer Noire, au nord la Gagaouzie dans la région des Carpates et au sud-est cette turbulente Transnistrie, le tristement célèbre bastion du 14e régiment russe, qui se proclame indépendante et tue l’industrie moldave.

Ainsi dépecée, la Moldavie vit par la grâce de Dieu, la force de ses chefs et par la présence certaine d’une forte maffia (dite russe) qui détient plus d’un pouvoir dans un pays habitué à près de 70 ans de soumission et d’obéissance!

Tout cela explique l’usage du roumain et du russe comme langues véhiculaires du pays. Le dit moldave n’est autre que le roumain et le gagaouze est une langue turque avec des caractères grecs. Le flux et le reflux de l’histoire ne sont pas étrangers à ce mélange linguistique. Ce même mélange donne, du point de vue physionomique, une beauté féminine qui a peu de concurrents dans cette partie du monde. Imaginez un pays un peuple à 65% d’origine roumaine, 25% russe, 3% gagaouze et 2% bulgare et vous comprendrez que les dames Moldaves sont ont le port fier et altier, le sourire permanent et une simplicité qui confine à l’élégance et à l’amabilité !

Allons maintenant à la découverte de l’Autre, de l’aborigène, de l’autochtone, ses us et ses coutumes si lointaines….en passant par les caves de Cricova !

(A suivre)

18:40 Publié dans Le Voyage, Le voyageur | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : MOLDAVIE, moldave, gitans, roms, russie, misere, russe

13.01.2007

QUIZ CIGV n° 05

 

QUIZ VOYAGEUR

 

Bien avant la prise du pétrole irakien par W. Bush et le blocage du pétrole et du gaz par Vladimir Poutine vers l’Ukraine et la Biélorussie, l’énergie, cette grande richesse stratégique, a fait rêver plus d’un…

Il y a près d’un siècle, déjà, un  jeune voyageur Américain découvre en croisière une terre insolite, avec une énergie en réserve !

Il s’installe, exploite cette fabuleuse énergie et  donne son nom à la nouvelle ville qu’il crée!

-       Quel est le nom composé de cette ville ?

-       Quelle est le double nom de cette enclave lointaine?

Toute question est également la bienvenue pour avancer dans le jeu !

Le lauréat gagnera un abonnement à Astrolabe, la revue des Grands Voyageurs du CIGV

21:25 Publié dans Le Voyage, Le voyageur | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : energie, pétrole, gaz, pays, îles, océan, voyage

11.01.2007

QUIZ CIGV N°03

QUIZ voyageur  n° 3

-      Quel est le pays, dit, par sa forme,  « Une langue dans un pays… »

-      Quelle est l’étymologie de son nom ?

Toute question est également la bienvenue pour avancer dans le jeu !

Le lauréat gagnera l’encyclopédie des Grands Voyageurs du CIGV

21:35 Publié dans Le Voyage, Le voyageur | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : VOYAGEURS, voyages, océan, langue, pays, insolite, PNB

09.01.2007

VOYAGE à 20 QUESTIONS

QUIZ VOYAGEUR 2007

 

Quel est celui qui se nourrit dessous

Et qui se reproduit dessus ?

Chacun a droit à une réponse et à une question qui permettra au suivant de poser une question plus adéquate !

Chacun peut rejouer en cours de route!

La réponse à vos questions ne peut être que OUI ou NON.

Ce jeu ne durera que 48 heures

Le lauréat gagnera un abonnement d’une année à la revue Astrolabe du CIGV

22:25 Publié dans Le Voyage, Le voyageur | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : VOYAGE, voyageurs, glaciers, vie, survie, jeux, astrolabe

07.01.2007

Á LA POURSUITE D’ESCOBAR (4)

ÉDITH 

avec 5 Kg de blanche

Le voyage d’Edith en Colombie est à sa quatrième et dernière escale !

Dans un silence de plomb qui fait vibrer le silence, l’homme aux fines moustaches brunes s’approche de la jeune et élégante jeune dame au bronzage ravageur.

Sans vergogne, il s’adresse à Edith en français en la regardant droit dans les yeux, profitant du fait que son compagnon Daniel est allé bavarder avec un groupe arrivant à l’instant à Bogota.

-         Vous êtes la “ Frenchuta”, la petite Française, journaliste?

-         Vous trouverez 5.000 US $ dans cette grosse enveloppe jaune. Prenez simplement en bagage à main ce tout petit sac de 5 kg et à Paris mon sosie et collègue vous attendra et vous remettra alors un complément de 25.000 US $ contre le petit sac ...

Ni vue, ni connue !

Votre bagage est enregistré et ici, je sais que vos amis de la presse et du gouvernement vous feront un pré embarquement.

Tant d’audace et de culot à  Bogota ne surprennent guère  Edith. En trente secondes, elle décide de lui faire un large sourire, de chercher Daniel du regard, lui faire un discret signe de la main et de répondre à l’homme en blanc, toujours avec le sourire :

- Pas cette fois Señor, car je ne suis pas seule, je reviens dans dix jours.

Daniel et ses amis arrivent. L’homme en blanc a déjà disparu dans la foule. Pablo Escobar est-il réellement en prison ? Sa recherche de Pablo Escobar n’aura jamais de fin…

Deux ans plus tard, matinale, Edith branche comme chaque matin à 7h30 son téléviseur sur une chaîne française pour suivre les infos du matin.

La nouvelle est sordide et les images macabres.

Sur le toit d’une maison, il vient d’être criblé d’une rafale de mitraillette et il aura eu le courage de se défendre avec un pistolet dans chaque main continuant à tirer comme il l’a toujours fait.

Le roi du cartel de Medellin, Pablo Escobar vient d’être enfin arrêté en Novembre 1993 par la police colombienne alors que sa famille est refoulée le jour même de l’aéroport de Francfort en Allemagne.

Le roi de Medellin est mort le jour où le cartel de Cali s’éveille.

R.T.

Extrait d’ouvrage: “Edith: la femme aux semelles de vent”.

 

 

 

 

18:30 Publié dans Le Voyage, Le voyageur | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : voyage, trafic, cocaine, avion, bogota, colombie, exploration

31.12.2006

La cocaïne si convoitée (3)

Le cartel de Medellin

Edith constate avec angoisse que le cartel contrôlerait 75% de la vente de cocaïne aux U.S.A. en faisant un bénéfice annuel de près de quatre milliards de dollars. Toute l’industrie de transformation colombienne ne rapporte pas la moitié des revenus de la drogue. La corruption sera alors plus aisée, ce qui fait dire à Escobar qu’il est à la tête d’une armée de cent mille hommes.

Cette guerre à mort et sans merci fera exploser un avion d’Avianca au dessus  de Bogota, détruira le siège du D.A.S. (police politique) et plus d’un édifice de décision.

C’est la mort du “ Mexicain”, Rodriguez Gacha, parrain de Medellin, qui prononce la traque policière.

Le cartel de Medellin ne forme plus qu’une seule doléance, la non extradition aux Etats-Unis.

Aujourd’hui, c’est le père Rafael Herreros qui sert d’intermédiaire pour amadouer et sécuriser Pablo Escobar. Le parrain accepte sa reddition et choisira le site de sa prison qu’il construira selon ses vœux.

En Suisse, une telle issue paraîtrait impossible, mais en Colombie il s’agit de sauver l’honneur de l’homme et ensuite le droit de la Nation.

Installé dans sa très confortable prison, entouré des meilleurs de ses garde-corps  et proches conseillers, Pablo Escobar, par sa reddition, met fin à cette traque infernale. Il pourra continuer à gérer ses affaires avec ses collaborateurs zélés et n’aura plus à tirer pour se protéger.

Quant à l’Etat colombien, il aura enfin arrêté le roi de la pègre. A la colombienne.

CINQ KILOS DE COCAINE

Allongée sur un transat blanc matelassé, à l’ombre d’un palmier géant, moulée dans un fin paréo pavoisé de fleurs bleues, Edith sirote sa noix de coco parfumée au rhum.

En 72 heures de Colombie, Edith a déjà de quoi écrire un best-seller. Ce soir, son avion la ramènera en Europe. Elle aura vécu une insolite page d’histoire colombienne. La reddition de Pablo Escobar.

Fouettée et caressée par une légère brise elle délaisse sa noix de coco pour déguster sa juteuse et suave papaye.

- Dernier appel aux passagers de Paris, sur le vol d’Air France.

A l’aéroport de Bogota, Edith dépose son petit cognac et s’apprête à faire ses adieux à Daniel son confrère, qu’elle n’a pas quitté une seule heure depuis trois jours.

Soudain arrive cet élégant Monsieur aux fines moustaches, lunettes d’écaille, costume blanc en lin et chaussures luisantes en vernis. Sa démarche assurée, gestes posés et regard fuyant laissent Edith perplexe...

 (Suite et fin en 2007 !)

17:40 Publié dans Le Voyage, Le voyageur | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note | Tags : voyage, cocaine, découvertes, passion, femmes, peur, trafiquants de drogue

28.12.2006

PABLO ESCOBAR et ÉDITH (2)

 Pablito à Medellin

 

Plus que jamais Edith décide de se pencher sur le sort et les traces de Pablo Escobar, le roi des bandits et narcotrafiquants de Colombie. Sa vie est une légende !

Pablo, dit Pablito, quitte très jeune le village d’Envigado pour s’installer avec ses parents à la périphérie de Medellin. Fidèle à l’adage de Colombie, il saura vous démunir de vos chaussettes en gardant vos chaussures aux pieds.

Cet agile jeune voleur trouvera un petit commerce, bien lucratif, en vendant les pierres tombales pillées la veille aux cimetières.

De vol en vol, les bijoux et les voitures seront le gagne-pain de Pablo, et la justice ne tarde pas à ficher déjà notre héros.

En participant à vingt ans, au rapt d’un industriel de Medellin, il gagne une part de rançon suffisante pour acheter un  petit lot de cocaïne.

Pablo confesse dans ses mémoires qu’il avait rencontré un “Ricain” dans une boîte de Medellin, qui avait un avion et qui voulait acheter de la cocaïne. Sans meurtre et sans sang, les nouveaux associés prospèrent en affaires.

Cinq ans plus tard, en 1975, Pablo Escobar est arrêté par les douanes, transportant dans les pneus d’un camion, 39 kg de cocaïne pure. Pablo est vite relâché faute de preuves et les deux inspecteurs chargés de l’affaire sont assassinés.

A sa sortie de prison, Pablo apprend que les deux principaux narcotrafiquants et mafiosi de Medellin viennent de tomber.

LE F.B.I. N’EST PAS LOIN

Le pouvoir est à prendre.

Le billet vert américain vient à son aide pour gagner ce trône de Medellin.

Bien qu’argenté et beau parleur, Pablo Escobar se voit refuser par exemple l’entrée du très sélect club “Campestre” de la haute société de Medellin.

Cet affront le pousse à vouloir étendre de plus en plus son trafic de cocaïne, à gérer plus de champs de pavots, à entretenir toute une flottille d’avions bimoteurs qui sauront trouver les aéroports de poche de pays voisins où la poudre sera écoulée. Se présentant un jour comme député dans une campagne électorale, il affrontera le député Lara Bonilla. Ce dernier dénoncera le narcotrafiquant fraîchement élu et fera tout pour lui ôter l’immunité parlementaire dont il bénéficie.

Le scandale est amplifié par la brigade américaine des stupéfiants et par le F.B.I.. L’homme est à extrader vers les U.S.A.. Cette extradition sera la première et plus grande hantise de Pablo Escobar.

Devenu Ministre de la justice, Bonilla déchaîne une lutte sans merci contre Escobar.

En cette année 1984, Bonilla est descendu froidement par les tueurs d’Escobar, qui bascule alors dans la clandestinité.

Une lutte sans merci contre le gouvernement et la presse se déchaîne durant sept ans.

Vivant dans un luxe inouï, entouré de voitures de collection et de chevaux de haras, Pablo Escobar vit néanmoins dans l’exil le plus forcé.

Habité par la hantise d’une extradition vers les U.S.A., Pablo qualifie ce pays de kidnappeur et défend sa théorie selon laquelle sa cocaïne pure est bien moins dangereuse que les dérivés américains : le “crack” “l’ice” et le “crank”.

Mais les milliers de personnes au service d’Escobar ne peuvent lui assurer quiétude et tranquillité.

C’est que la mise est forte. Le cartel de Medellin contrôlerait 75% de la vente de cocaïne aux U.S.A. en faisant un bénéfice annuel de près de quatre milliards de dollars.

Cet argent est vite blanchi dans les chaînes de banques, de pharmacies, d’industries ou de taureaux de combat.

A ce stade Edith veut encore savoir ! Tout savoir !Elle se croit vivant dans une série de films policiers ! LA réalité en Colombie dépasse la fiction

Elle veut contacter des hommes proches de Pablo Escobar et vivre ainsi une expérience unique !

Comment s’y prendra-t-elle ?

 

(à suivre)

 

14:30 Publié dans Le Voyage, Le voyageur | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note | Tags : Colombie, voyage, voyageurs, bandits, mafia, amérique latine, drogue

24.12.2006

EDITH EN COLOMBIE

ÉDITH 

Á LA POURSUITE D’ESCOBAR

Lausanne. (1994). Le réveil à quartz à cristaux liquides lumineux indique bien en chiffres rouges 4h15 du matin à Pully, en Suisse. Qui peut bien être ce farfelu ou inquisiteur qui téléphone en pleine nuit? A la cinquième sonnerie, Edith se décide à décrocher son téléphone nacré.

- Buenos dias Edith, c’est Daniel Samper de Bogota.

_ Daniel, tu es fou, tu me réveilles en pleine nuit, qu’y a-t-il ?

- Excuse-moi, je n’ai pas fait attention au décalage horaire, mais il y a un événement  très important qui pourrait t’intéresser.

Mon journal, “El Tiempo” t’envoie un billet d’avion “Prepaid” que tu trouveras dans quelques heures à l’aéroport de Genève.

 - Mais enfin, de quoi s’agit-il ?

- Te souviens-tu de notre ami feu Lara BONILLA assassiné par Pablo Escobar? Une page d’histoire vient d’être tournée en Colombie.

 

Arrive ! Tu sauras la suite à Bogota.

Sous sa douche tiède puis froide, Edith se prélasse en se frictionnant avec son gel douche à odeur de pin. Devant son miroir, elle maquille légèrement ses beaux yeux verts en amande encore boursouflés puis, sous un habile mouvement de séchoir électrique, elle brosse ses fins cheveux châtains.

Edith essaie de revivre l’année 1973, où elle découvrit Bogota pour la première fois en compagnie d’un jeune confrère, Daniel Samper, bras droit de Santos junior, directeur d”El Tiempo”, le grand journal colombien.

Les blanches Alpes se font déjà minuscules. Bien calée dans son fauteuil de classe Affaires, Edith survole Genève en direction de Paris pour rattraper à 10H30, la correspondance de Bogota.

Quelle folie, la voilà à nouveau repartie en cavale. Elle repense à Bogota, cette capitale colombienne haut perchée, à 2630 m d’altitude, où les rues ou “calles” sont découpées au couteau avec des angles on ne peut plus droit.

Dans cette ville de 3,5 millions d’habitants, toutes les rues parallèles à la montagne (Est) sont appelées “Carreras”, et portent des numéros ascendants. Perpendiculairement à ces rues , viennent d’autres rues ou “calles” numérotées de la même façon.

Ces rues portent comme à New York des numéros et non pas des noms et facilitent ainsi la reconnaissance des lieux.

Le Museo del Oro et sa verte émeraude de 324 carats, le rouge Hilton de quarante étages et surtout l’immeuble de la compagnie aérienne nationale Avianca défilent clairement dans sa mémoire.

Edith est encore sous le charme du Señor Barvo qui l’a reçue dans son cossu salon de l’immeuble “Seguras” où siège la compagnie Avianca. Accompagnée de Fernando Lopez, fils de l’ancien Président de Colombie, elle découvrit chez le patriarche d’Avianca, un battant sans pareil. Trois autres visites en Colombie firent d’Edith une spécialiste de ce pays en ébullition constante.

A  TRAVERS BOGOTA