10.09.2010

DESTINS DE FEMMES

au Costa Rica

Au Costa Rica, au pied du volcan Arenal, qui tarde ce soir a cracher sa soupe , un clavier qwerty, en pleine jungle tropicale, pour taquiner la muse et attendre la fete du Feu...apres mon long voyage a travers trois continents d un trait et une journee a Santo Domigo, capitale de la Republique dominicaine!

 

Mes deux rencontres de la journee meritent a elles seules tout un roman de 320 pages!

La premiere est Allemande aux yeux emeraude et au coprs elance et muscle

. Helga a 34 ans, saine de corps et d esprit elle decide de lacher son metier de chef Project a Munich dans une grande firme d automobiles et d aller vers son destin: " J ai gagne assez d argent pour faire une pause de dix ans. Avec ma planche a voile je viens surfer un mois au Costa Rica et je vais essayer mon immigration en Nouvelle Zelande ou le surf est Roi!"

 

La seconde n a que 24 ans sur papier. Peut etre deux vies en realite, ou toute une vie deja-

Consuelo, charmante petite blonde aux yeux lagon et au sourire genereux vit au Costa Rica, avec voiture, enfant, homme et chalet---depuis 8 jours et glisse dans la vie comme un marsoin sur rail

A 15 ans elle quitte sa famille bourgeoise romaine et part a Tarrifa, en Espagne, face au Maroc.

Les cours d espagnol sont egrenes de joints nocturnes et une premire glissade dans ce monde fumeux!

Un jeune Algero-portugo-francais ,mecano de metier la charme et l embarque dans son bus bleu.

Trois ans de vie a deux dans un bus en Espagne et en France. Luigi, naitra le jour de son 18e anniversaire, Un camion consomme beaucoup de mazout et il faudra durant des annes savoir " se servir de nuit"dans les citernes de kiosques a essence et le jour essayer de dealer----

Ainsi va la vie jusqu au 1er anniversaire de Luigi.. Adieu les bus, les Roms, les Dealers, le farniente et le Mec qui ne voulait pas de ce fils

Aujourd hui Consuelo est en couple avec Giacomo, un jeune champion italien de plongee profonde, et s adonne avec lui a sa nouvelle passion marine dans les mers lointaines du monde, avec son bebe age de 5 ans dans les bras!

Un premier tournant de vie qui chasse une page qui glissait vers le desastre et qui ouvre peut etre une porte de soleil et de bonheur ...si attendu et merite!

NB LIRE SUITE DU REPORTAGE SUR LA PAGE FACEBOOK de Rached Trimeche  sous STATUT:

http://www.facebook.com/trimeche?v=wall&story_fbid=15...

07.08.2010

Papa! Papa!!

Les frasques de Nan en Namibie

Papa, Papa, peux-tu STP  téléphoner de suite aux Rangers de Namibie et leur donner ma position au National Park ? 
C'est urgent... notre voiture est bloquée et la nuit tombera dans une heure! Dans un parc animalier.... la nuit....avec des éléphants lâchés en liberté… !

nan afr.JPG

.

SMS reçu cet après midi à Hammamet, en fin de sieste dominicale!
Dur, dur de voyager.....

Mon fils voyageur Nan (Wartha mchouma) est en safari en Namibie avec Monica, sa copine allemande.
Un accident de voiture. Une carte de téléphone avec seulement deux euros de crédit, pas de GPS et pas de coordonnées avec sa Lodge insulaire ou hôtel de brousse! Bref la totale !

Seule porte de sortie, pour éviter de passer la nuit avec le lâcher des animaux sauvages.... Un SMS


Une avalanche d'essais téléphoniques à 10 000 Km de distance. Viva Google:


1/ André, l'hôtelier est seul dans son Lodge  et toutes les voitures de ses hôtes ne rentreront qu'à 20h et il est déjà 17h. Plus qu’une heure pour la fermeture du parc animalier et de la tombée de la nuit !
2/ André ne peut contacter les Rangers (police) car ils ont changé de Numéro de téléphone la semaine passée.

Nouvel essai auprès d'un Lodge voisin de leur lieu d'accident: Merci Google alias
CIA*KGB-FBI


- A ce Lodge on ne peut rien faire et ils ne peuvent nous donner le Nr de téléphone des Rangers.
- Un autre essai, auprès d'une agence safari dans les parages: Brenda s'avère coopérative:


1/ Elle note le téléphone du Voyageur accidenté, pourr lui envoyer un SMS et le rassurer
2/ Elle va essayer de tél aux Rangers
3/ Elle met son mari dans une 4*4 et lui demande d'aller cher le couple de voyageurs perdus en brousse africaine

DEJA 20 MINUTES DEPUIS LE 1ER SMS DE NAMIBIE

Le bruit du silence est écrasant et sordide dans cette ancienne colonie allemande d’Afrique australe qui passa en 1915 sous la coupole ou protectorat de l’Afrique du Sud.

Les voisins de Namibie : Angola, Afrique du Sud, Botswana, Zimbabwe et Zambie attendent notre couple de voyageurs bloqués dans ce parc animalier ! Même l’océan Atlantique, bordant 2000 kilomètres de désert de Namib est bien loin ! Mieux vaut ne pas penser à demander du secours à Windhoek la capitale. Que faire ?

Restent également les gris-gris et Bouddha pour appeler les Boschimans, les Khoïsans et les Bantous du pays

Ultime essai: Un tél au chef de police de la région! Son adjoint nous donne son numéro  de portable! Le colonel prend les choses en main, car dit-il :  «  la nuit ils seront dévorés par les animaux sauvages. »

‎27e minute: LES RANGERS SONT SU PLACE AVEC 3 VOITURES!
Oufffff ! Voyager est un métier dit-on! Viva la vida

 

Le truc merveilleux dans ces 27 minutes éternelles de dépannage-Parc-National-Namibie c'est le SECOURS DE KANDY alias Alex:))))
Avec Google Earth, il sait voyager aux quatre coins du monde, en visualisant des images satellite, des cartes, des reliefs ou des bâtiments en 3D.

Il a pu localiser son frère Nan et nous avons pu ainsi donner par téléphone la position exacte à la police (RANGERS) de Namibie
Caramba. Carambita: BAVO KANDY !!

Mon fils vient d'appeler Hammamet de son Lodge namibien! La délivrance ! Merci Bouddha !

Nan tient à savourer chaque instant d'Afrique avant de regagner son Munich de labeur et rigueur allemande... sans brousse, ni éléphants sauvages
Tout est bien qui finit bien et...

Gracias a la vida!

 

26.05.2009

Villa Amalia à Hammamet?

Voyageurs sans bagages

 

« Villa Amalia ». Une jeune belle dame dans le rôle cinématographique d’une femme pianiste, Isabelle Huppert (présidente du Festival de Cannes 2009) surprend son compagnon, Thomas, dans les bras d’une autre. Le même soir, dans la rue, elle retrouve par hasard un ami de longue date, Georges. Cette double surprise va faire basculer sa vie. Elle prépare très rapidement son départ vers une destination inconnue. Elle décide de fuir le compagnon infidèle et commence par vendre tout ce qu’elle a. Maison, actions, voiture et bijoux s’envolent rapidement. Elle fait le vide. Elle n’a plus rien. Si une envie. Une forte envie.

Elle décide de partir à Capri et de vivre une autre vie. Sans souvenirs ni bagages. Voyageuse libre elle enfourche le destin et se laisse caresser par les vagues du hasard, poussée par les alizés de l’aventure.

La vie serait-elle une prison d’objets qui s’entassent ou une liberté d’action dans les sentiers de la planète ? Le bonheur serait-il de capitaliser des biens éphémères ou de semer et cueillir amour et joie de vivre entre berges conviviales, vallées perdues, montagnes ardues, prés bucoliques et rivages azurés ?

 

stup2.jpg

A l’instar du voyageur elle a compris, très tôt, que le destin de l’homme  est lié à sa nouvelle philosophie de la vie : le voyage comme raison d’être. Compte tenu de son destin particulier, le voyageur saura quitter l’éphémère pour aspirer au spirituel, au culturel et à l’imaginaire !

Autre image. Autre monde. Autre planète. Assis en tailleur, sur un très vieux tapis rouge, je suis coincé entre un jeune Bouddhiste en robe orange et au crâne rasé, tenant une longue trompette de deux mètres de long et un second bonze plus âgé, tenant religieusement en main un manuscrit de centaines de pages non cousues ni reliées. Le cadre est magique et l’instant divin. Au cœur de Bodhnath, à Kathmandu, dans une école bouddhiste au cœur de la plus grande stupa du Népal…

 

Une musique sereine, apaisante et envoûtante accompagne un chœur de trente jeunes bouddhistes assis en trois rangées autour d’une allée centrale d’une salle de prière. Je me mets à répéter des mots que je ne comprends pas et me sens déjà emporté vers d’autres cieux et nuages blancs.

Soudain un flash. Une image. Une odeur. Un son. C’était la fin de la guerre du Vietnam et je déambulais mes 18 ans dans un Royaume du bout du monde. Au Laos. A Vientiane, je me revois assis en tailleur avec d’autres bonzes ou prêtres habillés de robes orange safran, belle couleur ambrée due à une cuisson enrichie de coriandre et d’écorces d’oranges.

Mais ici, point de lecture de versets divins. Ici, on fume la pipe. Sans le vouloir je venais de passer une incroyable heure dans une Fumerie publique d’opium ! Dans ma course effrénée de voyageur je n’ai  dû réaliser cela que de nombreuses années plus tard…

Le destin pour le voyageur est souvent le fait d’attraper au vol une idée, un mot, une suggestion, un pressentiment, ou un vol d’avion pardi ! Le destin commence alors à se forger et les chemins à s’ouvrir ! Isabelle Huppert, notre héroïne de « Villa Amalia » n’a-t-elle pas rattrapée le destin du voyageur en suivant son bonhomme de petit chemin en allant à la découverte du monde et se séparant de ses innombrables attaches pesantes et assommantes ?

Ouvert à toutes les données et possibilités le Grand Voyageur fera du voyage un métier. Un sacerdoce. Une croix. Un havre de paix à la richesse inépuisable !

 

Rien n’est réellement nécessaire pour voyager, ni trop de temps, ni trop d’argent. Internet et l’expérience ouvrent des voix royales dans la jungle du si vaste monde et nous offrent des milliers de curiosités à découvrir et à savourer

Le seul et unique frein du voyageur, aujourd’hui en 2009, est à mon avis ce bout de papier qui divise le monde. Qui creuse encore plus les fossés abyssaux entre pays et civilisations. Près de 90% des citoyens du monde ne peuvent se déplacer facilement et ne peuvent visiter librement, sans « passe-frontière », qu’une dizaine de pays des 246 de la liste du CIGV.

 

Passé cet écueil, c’est sans bagages que l’on effectue les plus beaux voyages. On saura alterner buffets de gare, « maisons et châteaux », gîtes ruraux, hôtels Formule Un, chambres d’hôtes, palaces huppés ou « Leading hôtels ». Là n’est pas le plus important.

Dans ce monde d’errance éternelle, l’amour filial sera la clef de sésame et le breuvage dopant qui nous permet de repartir à l’assaut de l’aventure. Encore et encore. Tant que Dieu nous prête vie !

 

Au risque  de déplaire, les Voyageurs, tout comme Georges Brassens, savent bien que : « Non les braves gens n’aiment pas que l’on suive une autre qu’eux »

 

 Mais ils sautent gaiement le rubicond pour s’envoler vers l’aventure. L’aventure est autre et se veut être un autre bagage. Celui d’affronter l’école de la vie, le monde, pour se faire un bagage et pour essayer de pénétrer et d’acquérir des bribes de culture de l’Autre. Cet Autre, notre maître nouveau sera notre ami et notre nouvelle encyclopédie.

 

Ces milliers de personnes croisées, ces centaines de foyers visités et ces dizaines de civilisations rencontrées ne sont-ils pas un don du ciel ? Une encyclopédie à ciel ouvert !

On y rencontre le paysan qui nous apprend la grandeur de l’âme et la richesse du cœur. On croise les brigands qui nous poussent à penser que souvent l’homme n’est ni ange ni démon.

Comment oublier aux Comores ma longue interview de Bob Denard le roi des mercenaires, ou celles des terribles  narcotrafiquants lieutenants de Pablo Escobar, du cartel de Medellin, en Colombie, des passeurs de diamants à Brasilia ou encore des trafiquants d’opium au Swaziland par exemple. Toutes ces aventures forment l’homme et le rendent encore plus ouvert et averti. Des pages enfouies dans ma plus profonde mémoire.

On rencontre également sur les chemins du monde, des sages, des bouddhistes, des shintoïstes, des orthodoxes, des soufistes et d’autres encore qui de la patience nous content la difficulté et vertu et de l’amitié les secrets.

 

D’autres enfin, nous apprendront la compassion. Ils sont déjà à un niveau supérieur de l’humanisme, ils ont appris à accepter l’autre tel qu’il est, à l’image des pieux, des grands, des sages, de Mère Térésa ou de Nan par exemple.

 

Ces « Gens la », comme le dit si bien Brel, sont des voyageurs sans bagages, détachés du matériel et en route vers le détachement et le nirvana. Leur bote secrète est noble et se résume à une phrase : « Seul l’Amour vaincra !».

C’est vrai que pardonner n’est pas toujours facile et oublier encore moins. C’est vrai que l’exemple de Talion est à bannir et celui de Saint-Just à suivre. C’est vrai également que donner son amour, sa compassion et son amitié est déjà le plus gros cadeau que l’on puisse se faire. Un bien être incroyable et une jouissance infinie.

 

Le voyageur sans bagages saura se détacher de la chose pour s’ouvrir à autrui et voler avec vous un instant, un moment de bonheur. Un partage à nul autre pareil !

C’est ce qui nous attend le 4 juin 2009 à Hammamet. Un happening, un congrès, une rencontre de 32 pays, où le seul mot d’ordre se veut : joie de vivre, partage et amitié !

Les azurs de la ville épouseront pour vous les contours dorés des sables fins, la grâce du blanc jasmin, le parfum de la verte menthe, les fruits juteux, le poisson si frais et surtout cette ambiance à nulle autre pareille, dite celle « des soirées de Hammamet » . Là, commence un inlassable nouveau voyage, où la lune fière de sa rondeur, nargue les ours, les étoiles et les nuages.

Soudain, elle saute, elle tressaute, se cache, se dévoile, se joue de vous et va même se mêler aux pignons blancs flottants dans votre verre de thé à la menthe. Elle vous a déjà dans ses bras, si généreux et lunatiques à la fois. Ses effets soporifiques et câlins vous caressent, vous bercent et vous invitent à un autre voyage. Pleine lune à Hammamet.

Bon vent ! Bonne mer ! Bon congrès CIGV !

Rached Trimèche

17.07.2008

Face à 77 chutes d'eau en furie (3)

La jungle argentine

C’était vers la fin des années 70, je m’aventurais dans la jungle argentine, au village de Puerto Iguazú. Mon programme se résumait à me remplir les yeux et à vivre un instant magique face  à une des plus grandes merveilles du monde. Admirer du plus près possible les soixante dix sept gigantesques chutes d’Iguazú. Les chutes les plus spectaculaires de la planète, face auxquelles les trois chutes américo-canadiennes du Niagara semblent être un moustique face à un éléphant.

De 8 heures du matin à 8 heures du soir, je suis passé de l’essoufflement au nirvana en passant par l’extase et la stupéfaction. Des milliers de tonnes d’eau qui se déversent de maintes collines qui engendrent des millions de bulles et de petits nuages transparents.

Arcs en ciel et papillons sont pris au filet de cette nature en furie. Tout cela en petite pirogue, semblable à un simple bout de papier sur l’eau. Tangages et roulis se suivent sans se ressembler. Qu’importe l’éventuel danger pourvu qu’il y ait l’extase. Passer douze heures sous et entre les chutes d’Iguazú est un don de Dieu à nul autre pareil. Après tant d’années passées, chaque goutte de ces trombes d’eau est en moi encore vivante.

Foz Iguazú

Avec une telle débauche au sein de la nature, on oublie le temps, la vie et même le Voyage ! Il est 20 heures. Ma dernière embarcation pour Foz Iguazú vient de partir pour rejoindre le Brésil voisin. A la guerre comme à la guerre, il faudra chercher un gîte de fortune dans cette jungle argentine.

Le hasard, véritable dieu des voyageurs, réveillera en moi ce soir là, une passion enfantine. La philatélie. Haro sur la poste de la jungle. Et comment trouver une poste dans la jungle ? Le hasard ne laisse jamais tomber ses sujets. Il est grand, basané, moustachu et coiffé d’un chapeau gris qui lui cache le regard.  Il tient en bandoulière un vieux fusil d’avant-guerre. Il ouvre sa porte, furax et méfiant, à cet intrus filiforme et souriant. Il interrompt brusquement ma quête de timbre poste pour me lancer dans les mains un curieux objet blanc d’une centaine de grammes, suivi d’un ordre : Suivez-moi  chico !

 

La chance est au rendez-vous. Mon voyage change de rive et aborde de nouveaux rivages. Monsieur le Receveur principal des Postes centrales du village de Puerto Iguazú a décidé de me transformer en aide chasseur. Un volontaire désigné !

Que sera mon séjour dans cette jungle du bout du monde ?

@suivre : Chasse au tigre