29.06.2010

Un Ordinateur dans un taxi ?

Des préparatrices endormies

Radio Mosaïque lance un appel demandant aux chauffeurs de taxi de vérifier leur coffre de voiture et si possible ramener le PC (unité centrale) à sa pharmacie...de Ben Arous.PC "oublié" par deux préparatrices dans un taxi parti en flèche face à 3S, à Mont Plaisir!


Un drame kafkaïen ! La société 3 S qui gère les logiciels de notre pharmacie nous demande de lui envoyer l'unité centrale de nos ordinateurs pour vérifier et corriger "un truc important" et que cela ne demanderait qu'une heure de temps!

Deux préparatrices en blouse blanche, prennent cette unité et partent, en taxi jaune, à Montplaisir, pour la livrer aux techniciens!

A l'arrivée l'une s'apprête à payer le chauffeur et l'autre se dirige vers le coffre du taxi pour en retirer le PC!
En quelques secondes le chauffeur de taxi disparaît (avec le PC) laissant les dames « endormies » sur la chaussée!

La Radio nationale, Mosaïque FM et ALLO Taxi lancent des appels à tour de bras pour rechercher ce taxi driver! De 11h à 18h.


La police des 42 500 taxis du Grand Tunis (à la Rue des Juges Menzah VI) est avisée tout comme le syndicat des taxis à Moncef Bey! Aucun résultat !
Nous sommes dans l'impasse, car nous n'avons hélas aucune sauvegarde hors de ce PC!
Et nos données sont colossales...

Voilà qu’un ange descend du ciel. Le président de Radio Mosaïque charge sa charmante speakerine Linde de nous appeler.

Sa voix est non seulement douce mais pleine d’émotion face à ce malheur de 10 000 données médicales précieuses envolées dans la nature face à deux jeunes Rêveuses-étourdies !

Une heure plus tard, avec un léger sanglot elle supplie sur les ondes le chauffeur de taxi en lui expliquant que cette unité centrale ne lui servira à rien mais qu’elle sauvera la vie de milliers de patients.

Il est 18h30 déjà !

Le téléphone sonne sans arrêt avec des amis inquiets, des curieux véreux et des proches catastrophés. Une heure s’écoule en un siècle. Et le siècle prend le chemin abyssal d’un labyrinthe crétois !

La police, la Radio nationale, Allo Taxi et le syndicat des taxistes n’aboutissent à aucun résultat ;

Comment est-ce que notre dynamique police pourrait retrouver un taxi sans numéro ?

les deux rêveuses du lundi n’ont même pensé à relevé le numéro ou même un seul chiffre de ce numéro du taxi, pour permettre d’entamer une quelconque recherche informatique.

Il est 19h.

Le téléphone sonne et une voix me dit :

-«  La Police vous cherche ! »

- « Ah ! bon , j’ai ici, à mes côtés un Lieutenant de police. Que me veut la police et êtes vous la police ? »

- Non, nous ne sommes pas la police, mais Radio Mosaïque qui vous demande d’aller de suite au poste de police de Ben Arous, pour prendre votre « unité centrale retrouvée » que le chauffeur de taxi du matin vient de remettre au poste de police !

Merci Radio Mosaïque. Merci !

Il faudra une bonne dose de patience pour digérer la suite de deux erreurs capitales :

-La simple sauvegarde actualisée par clef USB. A ne plus jamais négliger !

-Vivre avec des Collaboratrices qui n’on montré aucun signe de tristesse, de compassion ni de honte…. Ni d’amour vis-à-vis de leur gagne pain, de leur officine !

L'école de la vie!

01.07.2008

NON AUX TAXIS CACOPHONIQUES

Un taxi sur autoroute

Ne voulant déranger ni chauffeur, ni accompagnateur, à 6h du matin, pour aller à l’aéroport de Tunis-Carthage, je prends un taxi !

Il est jeune, baraqué et camouflé par de grosses lunettes noires. Le taxi a trois portes branlantes mais se veut propre en début de journée. Le trajet n’est que de 15 minutes, d’El Menzah VI à Tunis-Carthage…

Soudain, le vacarme du silence est envahit par une voix rauque et langoureuse. A ma demande de baisser légèrement le volume de la radio, le chauffeur prend une cassette l’enfile dans sa radio et augmente le volume ! La voix de la radio fait place à des psaumes religieux.

A ma nouvelle demande de baisser le volume il double la dose derechef ! A ma troisième demande il freine sec sur l’autoroute et me dit que face aux paroles de Dieu il faut s’incliner et écouter !

Face à mon insistance courtoise de baisser légèrement le volume son verdict fut net et sans appel :

- « Vous écoutez sans parler ou vous quittez mon taxi ! »

Je quitte le taxi en pleine autoroute et me livre au flots de voitures rutilantes et pressées qui n’ont que faire d’un passager armé d’une valise qui doit attraper son Vol !

Non, je ne peux accepter le dictat d’une cassette de radio, d’un chauffeur à l’esprit enturbanné et d’une dictature matinale dans un pays de liberté !

Non, à ce commandement du matin, à ce chauffeur d’un autre âge et d’une autre ère et encore non et non à la « non courtoisie » vis-à-vis du client.

Quant à vouloir projeter sa foi par mégaphone matinal n’est peut-être pas le meilleur moyen de l’exprimer !

La foi tout comme la sexualité par exemple sont des domaines intimes et privés à ne pas trop exposer ! La noblesse de la foi est par essence et définition sa discrétion.

La communion avec Dieu est directe et n’a guère besoin de passer par la foule.


Le hasard grand seigneur me trouvera rapidement un taxi pour attraper de justesse mon avion vers un autre monde…

09.10.2007

Chez le Président (2)

Ahhh L'Aaafrique!

 .

Le voyage somalien se pousuit...Seconde escale!  Elle est là, à Hargeisa,  face à moi sur le tarmac de l’aéroport, belle dans la nudité de son regard. Farouche dans ses habits noirs. Effrayante par son kalachnikov porté à bout de bras. Je revis un instant ma guerre du Rwanda…et….

 

Je retrouve alors dans un coin de mémoire ces belles Tutsi langoureuses et longilignes, au pays des montagnes, la Suisse de l’Afrique, victime d’un génocide sans pareil, qui emporta à coup de machettes 500 000 êtres vivants en 100 jours à peine.

La guerre la plus horrible que la planète ait connue avec le plus monstrueux génocide en un temps si court

61e8f12401af36799679dcc94db92420.jpgMa belle Tutsi soulève langoureusement un coin de son voile noir qui lui cachait un œil vif et malicieux. Elle accepte généreusement mon invitation : mon bras autour de sa taille pour immortaliser l’instant face à ma petite caméra. Etant face au seul étranger de l’aéroport, elle oublie cette parenthèse ou familiarité et me somme de la suivre immédiatement, dans la bâtisse d’en face. J’ai beau lui lancer des « capitaine » et des « colonel » à tour de bras, rien n’y fait.

Dans un « broken english », elle me demande, pour la 10ème fois, où est mon visa et je réponds, pour la 10ème fois, que je n’avais pas de visa et que je suis prêt à l’acheter sur le champ.

Commence alors une palabre sans fin, digne de l’Afrique de toujours où 1 et 1 peuvent peut-être faire deux. Le problème est simple, ils sont trois officiers de police ou de sécurité à sortir un formulaire et un stylo pour me proposer chacun un visa à un prix différent.

Finalement, le marché est emporté par la belle Tutsi qui me vend son visa à 25 US dollars, en papier vert trébuchant et non sonnant.

01172c36fe6498a572f76ddbad59bdc6.jpgCinq jours plus tard, dans ma chambre d’hôtel de Djibouti, après une journée passée dans les entrailles d’un volcan éteint, situé au cœur de la mère des failles, la Riftvalley , je découvrirai que le reçu de la dame portait un autre nom de passager. Elle m’avait fourgué le reçu du touriste précèdent.


HOTEL AMBASSADOR


L’occasion est trop belle pour la trentaine de personnes, agglutinées à la porte de l’aéroport : chacun propose au voyageur solitaire, contre vingt ou trente dollars, de l’accompagner en taxi à son hôtel Ambassador. Excédé par ce nouveau marchandage, je retourne vers ma Tutsi préférée pour lui demander la distance qui m’éloigne de l’hôtel Ambassador.

 

Son regard s’habille de malice et de coquetterie. Elle me prend par le bras et me demande de la suivre tout en déposant dans une guérite sa lourde arme à feu. Dans les bras de mon colonel de fortune, je traverse cette foule comme un poisson dans l’eau et me trouve face à un petit bus blanc, tout propre tout neuf. Le nom magique qui barde sa portière est l’explication de l’énigme : Ambassador, l’hôtel que j’ai réservé envoie son bus à l’aéroport pour ramener l’unique client de la journée. La réservation a donc bien marchée. Et le vrai voyage commence.

Il n’est que 20 heures. Le tour de village fait, le dîner consommé et le téléviseur fermé, l’ennui m’accable, l’aventure me démange et la curiosité de connaître ce pays hors du temps monte mon taux d’adrénaline au septième ciel.

A la réception de l’hôtel, le concierge me fait répéter trois fois de suite ma question pourtant simple. Je demandais tout simplement l’adresse de la Présidence de la République.

Finalement, c’est le chauffeur du bus de l’aéroport, tout enchanté par cette idée, qui se propose de me conduire sur-le-champ à la Présidence de la République. Quatre kilomètres de routes et de lacets macabres, noirs et déserts aboutissent à une large muraille blanche et fissurée.

Un nouveau voyage commence enfin. Face au palais, un policier nous arrête. Il est petit, mal fringué, surtout mal luné et refuse obstinément de comprendre notre question. Un deuxième policier vient au secours du premier et nous intime l’ordre de ne pas ouvrir la portière de notre bus, d’arrêter le moteur et d’éteindre la lumière. Un troisième policier, un peu plus grand, plus viril et beaucoup plus méchant, nous demande de préciser l’heure de notre rendez-vous avec le Président de la République. C ’est finalement un quatrième policier qui a le réflexe de nous demander si on avait vraiment rendez-vous avec le président de la république ?

 Il a le mérite et l’intelligence de pousser la grille du palais et de demander du renfort. Emmitouflé dans trois châles colorés et une veste grise en fourrure, le lieutenant de service me pose une seule question en parfait anglais : « pourquoi voulez-vous voir le Président ? ».

La réponse est tout aussi sobre : « dites-lui qu’il a parfaitement raison d’avoir instauré depuis dix ans la république de Somaliland et je que je souhaite l’interviewer pour que le monde puisse apprécier cet acte libérateur d’une Somalie en guerre ».

A peine ma phrase achevée, qu’un ordre sec est donné à mon chauffeur pour passer enfin la grille du palais…
  

                                                        A suivre