LE VOYAGE DE DIDON
Grande Voyageuse devant l’Eternel elle demeure pleine de mystères ! On la croyait brune, très brune. Elle est bien blanche. On la croyait porter des cheveux courts. Elle les porte bien longs et en douces tresses brunes. On la croyait maigrichonne. Elle est d’allure sportive, musclée et dotée d’un regard aussi langoureux qu’assassin…2823 années se sont déjà écoulées et la légende de Didon est toujours aussi poignante et aussi mystérieuse. La dame de Tyr parcourt, avec ce Blog voyageur, un autre voyage. Une page de vie.

A Tyr, Pygmalion succède à son père Mutto Roi de Phénicie. Il monte sur le trône du père et pour éloigner sa princesse de sœur Elyssa et avoir le pouvoir absolu, il assassinera son mari Sicharbas.
Adulée, courtisée et aimée Elyssa assiste horrifiée à la mort de son époux et à la prise du trône paternel par son frère. Une nuit blanche, sous le ciel libanais éclairé d’une pleine lune pousse Elyssa et sa sœur Anna à prendre une rapide décision ! Toute de noir vêtue elle défait sa lourde tresse, avale d’un trait un jus amer et tonifiant et se déploie langoureusement devant sa glace. Effrayée par la dureté de son propre regard elle est réconfortée dans sa décision. Le calme de sa sœur et de ses six servantes sont un geste d’acquiescement au silencieux et assourdissant programme ! Personne n’en parle. Tout le monde devine le dessein de la Princesse déesse !
Plus de trente hommes sont déjà au port de Tyr. Le ciel est déjà zébré d’une première rayure jaune.
L’astre solaire pousse les flots sans peine et pointe à l’horizon
Tout va vite. Très vite ! Elyssa est à bord du bateau avec toute sa petite cour. Anne la sœur fidèle ne peut retenir un flot de larmes face à l’image du père-roi Mutto et du frère sanguinaire Pygmalion. Le devoir du sang et l’honneur de la famille la poussent à épouser sans réfléchir le dessein d’Elyssa. L’exode. Le long Voyage !
Au mois d’avril, la grande Bleue, cette « Mare Nostrum » dite Mer Méditerranée fait également honneur à la belle Elyssa et maîtrise l’ardeur de ses vagues. L’embarcation prend le large, sans tangage ni roulis. 24 heures de paix et de sérénité passent bien vite. Seul le bruit du silence égrené par le clapotis des vagues et le grincement des rames meublent l’horizon…les jours passent aussi vite que les nuits et la tête d’Elyssa échafaude plan sur plan.
Soudain, l’amiral de fortune crie haut et fort: « barre à gauche !» et fonce sur une terre grise et verte à la fois.
Quid de cette terre ?
(à suivre)