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enclave

  • MOLDAVIE (3)

    les Caves de CRICOVA

    Le voyage moldave continu. 3e escale.

    Tot ce matin, déambulant de rue en rue, je me retrouve dans un petit musée à deux étages. La paysannerie porte ici ses lettres de noblesse. Dans ce froid pays, le paysan moldave a dû se plier à la nature et aux intempéries. Les nombreux outils largement exposés ici témoignent de cette rude époque.

     Mais mon esprit est ailleurs ce matin. Je rêve de visiter les caves de Cricova. Le premier taxi me demande une fortune et le second un trésor de guerre. Je me rabats sur la guerre routière « Straschenn ». Imaginez un souk avec des centaines d’étals divers, une foule chargée de ballots de toutes sortes et des camionnettes ZIL ou Lada des années cinquante et vous êtes au quartier de la gare. Chaque minibus, quitte à attendre deux heures de plus, ne part qu’avec le plein de passagers. Perdu dans cette cohue en allégresse, je me retrouve nez à nez avec cette déesse venue de je ne sais où ! Ses beaux yeux verts, sa taille de guêpe et son mètre soixante-quinze sont cachés dans une belle fourrure des montagnes des Carpates. Violetta Zamisnaia ne déroge pas à la loi culturelle et parle un français parfait. Habile, elle amadoue de suite un chauffeur de taxi qui nous prend à son bord pour six malheureux petits dollars.

    Le paysage devient féerique. Des lacs enclavés entre les collines sont bordés de majestueux sapins dorés qui s’entremêlent en formant un chapelet bucolique qui n’attend que le chevalet d’un artiste ! La route montagneuse se fait plus raide et l’asphalte fait place à une boue gluante. Le drame de cette région est hélas fort simple : il a fait très froid au début de décembre et le gel a été si fort que les rameaux d’arbres ont cédé sous le poids de la glace amoncelée. Que dire des poteaux électriques et des lignes haute tension. Tout est brisé et jonche tristement le sol. Le pays est sinistré et seule la ville de Chisinau est en partie « réparée » pour le nouvel an.

    Là, dans une vaste clairière, s’ouvrent les portes d’un cloître du XVIIIe siècle.

    Deux heures de visite guidée par un prêtre en soutane noire, ceint d’un gros cordon blanc. Les fresques rivalisent de beauté avec les icônes et les tableaux rupestres jouxtent ceux des apôtres et de la cène. Les caves de vin du monastère garderont hélas en cette période de fêtes leur mystère.

    À 30 kilomètres de Chisinau, les caves de Cricova forment 70 kilomètres de tunnels et détiennent ainsi le record mondial de longueur. Ces tunnels permettent une parfaite conservation des millions de litres de vin qui permirent à la Moldavie de produire 25 % des vins soviétiques. Outre ces bons vins de Cricova, le pays produit le Cothar, un cru de qualité et un excellent mousseux qui du champagne connaît tous les charmes et secrets en arborant avec fierté une étiquette noire « Bessarabia »... à 5$ la bouteille !

    À la sortie du cloître, un spectacle saisissant nous fige sur place.

    (à suivre)