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voyage - Page 13

  • Mon interview télévisée, CIGV,lors de l'émission hebdomadaire "Cocktail du Dimanche" sur Tunis 7

    Cliquez sur ce lien pour voir la video de l'interview:

     http://www.youtube.com/watch?v=EOgL2uTcbh4

    L'interview est en tunisien, je suis désolé pour ceux qui ne comprennent pas cette langue.

    Cela parle  (dans mon petit bureau privé de Tunis) du CIGV, de la revue ASTROLABE, de la philosophie du voyage...et...de la parution de mon 6e, et tout dernier ouvrage, "Lettre à ma mère: Maman, Aroussa, Mutti"!

  • PASSAGE DE SIECLE EN BUS

    Am venit, colind, Domn, Domn 

    Je persévère dans mes recherches d’une Saint Sylvestre en famille moldave…

    Les hôtesses de l’hôtel n’osent pas inviter l’unique client encore « inconnu » et les amis de fortune ne sont guère confiants. Je m’apprête à dîner en suisse dans un beau restaurant de la ville « La Taifas »... et cherche à faire une réservation par téléphone.

    Le périple moldave continu : 7e escale !

    Soudain, le hall de l’hôtel retentit d’un vacarme assourdissant. Une quinzaine de jeunes femmes et d’hommes parés de costumes de bal, chapeaux rouges et guirlandes, tenant une page de journal à la main gauche et un verre d’un délicieux champagne moldave à la main droite, m’encerclent rapidement en chantant « Am venit, colind, Domn, Domn ».

    J’en perds mon grec et mon latin ! L’histoire est pourtant fort simple : un écho de presse parle de ce curieux personnage, venu du bout du monde, qui vient visiter son 53e pays d’Europe.

    Artur Pervii, étudiant à Athènes, et le directeur du théâtre de Chisinau sont les deux meneurs du groupe. Rendez-vous est pris à 22 heures. La nuit promet d’être bien blanche sans oublier hélas que je dois être à 6 heures du matin à l’aéroport !

    LAST NIGHT

    Marianne, notre belle hôtesse du Jolly-Alon Hotel, accepte de me conduire au marché des arts. Une centaine d’artistes y exposent leurs œuvres. Les tableaux de maître côtoient les statues de bronze, les colliers d’ambre de la Baltique et les œufs de jade. Un plaisir des yeux et de l’âme. Un moment inoubliable. Il est déjà 21h ! Dans une heure mes joyeux nouveaux amis m’attendent en bus, pour une nuit blanche à Chisinau ! Le temps de bien ranger mes précieux achats artistiques et de prendre une petite douche !

    Quel est donc le programme nocturne du 31 décembre qui changera le siècle?

    Comment passer toute une nuit de fête dans un bus ?

    Où se cachent champagnes et friandises de toutes sortes ?

    Quelles sont les familles qui nous attendent ?

    (à suivre)

  • RENDEZ-VOUS ou KIDNAPPING ?

    Une belle qui se cache !

     

    Je suis face à la statue de Stefan Cel Mare, quand, soudain, une femme d’un âge certain m’apostrophe et me somme de la suivre sur-le-champ…

    C’est la 6e escale du périple moldave !

    Sa fille Irena nous attend. L’occasion est trop belle pour rater une nouvelle aventure. Mon passeport est à l’hôtel et je n’ai sur moi que des petites coupures de lei. Son anglais se limite à deux mots : « I wait for you since 2 hours ! » Un premier tramway, puis un second et même un bus bondé pour arriver face à la faculté des lettres. Sa fille serait donc étudiante ? Que me veut-elle ? La dame rentre dans quatre bâtiments différents et en ressort chaque fois avec une piètre mine ! Point de fille à l’université. J’apostrophe un étudiant chimiste et demande son secours linguistique. Sa réponse est fort simple : « elle vous a attendu toute la journée et sa fille n’est pas au rendez-vous. Ne pouvant joindre sa maison par téléphone, elle vous propose de venir chez elle, à 18 kilomètres d’ici, mais elle vous prévient qu’il n’y a pas de courant électrique et que, dans cette région, les bus s’arrêtent à 19 heures ».

    J’ai beau demander la raison de ce sympathique kidnapping, je n’obtiens pour toute réponse qu’un « voyons faites un effort, venez avec moi !». Mon dernier effort est de prendre le premier bus pour retourner aux pieds du héros moldave Stefan Cel Mare et d’emporter ainsi dans mes valises le souvenir de cette dame, de sa fille, et de ce curieux rendez-vous manqué.

    Je suis vraiment tenté de découvrir cet appât promis et de marcher vers ce kidnapping touristique annoncé ! Mais est-ce une façon de boucler le siècle dans quelques heures à peine ?

    STEFAN CEL MARE

    Je retrouve avec bonheur le leader moldave, vainqueur de quarante batailles, qui trône ce matin sur un piédestal de marbre à l’entrée de ce parc municipal.

    Ils sont encore une dizaine de femmes et d’hommes à flâner autour de la statue du héros  Stefan Cel Mare ou Etienne le Grand qui demeure le principal héros du pays. Il régna quarante-sept ans, de 1456 à 1504, et repoussa les Hongrois, les Polonais, les Tatras et les Turcs. Il construisit des monastères, des écoles et des citadelles, équilibrant les rapports entre la noblesse, la bourgeoisie et la paysannerie. Il envoya sa flotte commercer avec Gênes, Trébizonde et le Caucase.

    D’autres illustres moldaves partagent aujourd’hui le nom des boulevards du pays tels que Alexandru Lapusneanu, Vasile Lupu, Petru Rares et le prince humaniste Constantin Mavrocordat qui libéra les paysans du servage en 1749, ou encore Démètre, le prince érudit qui régna au XIXe siècle. Il parlait sept langues, dressait des cartes et rédigeait même des ouvrages philosophiques et historiques. D’illustres Roumains sont de terre moldave : les poètes Eminescu et Alexandr, les écrivains Asachi et Hasdeu, les fondateurs même de la Roumanie nouvelle, Cuza et Kogälniceanu.

    Depuis trois jours, mon obsession est de passer le réveillon du 31 dans une famille de Chisinau. J’ai passé ma vie à visiter les autochtones et aborigènes de mes 184 pays découverts, et là, en Moldavie, je suis encore plus attiré par ce peuple, noble, pauvre et mystérieux !

    Quand soudain tout bascule ….à la réception de l’hôtel

    (A suivre)

     

  • DES FLEURS ET DES COURONNES MOLDAVES

    450 US$ de PNB par tête et par an

    4e escale moldave! Imaginez une charrette tirée par un bœuf noir et suivie d’une foule toute de noir vêtue. Imaginez dans un cercueil le visage dévoilé de la vieille défunte et vous ferez partie du cortège funèbre. Des fleurs et des couronnes ornent la charrue.

    Le cimetière est sobre et sordide et me rappelle ma guerre de Bosnie-Herzégovine et ses tombes de Sarajevo où gisent des dizaines de jeunes soldats ravis à la fleur de l’âge. Notre retour sera plus long et le chemin des écoliers nous offre d’autres magnifiques paysages à travers une forêt de pins  gigantesques où se lovent, ça et là, de beaux petits chalets tout de rouge vêtus !

    La soirée se termine sur les boulevards de Chisinau. Dans un vieux troquet, la préposée au bar, plantureuse et joviale, nous tend une bière, un canapé de jambon et une salière.

    À chacun sa coutume. Affalés sur leurs tables, les clients semblent causer avec leurs bières, perdus dans de légères vapeurs éthyliques. La nuit ne freine pas le commerce. Pour ce chapelier ayant pignon sur rue, le premier client risque d’être pour demain. Les passants sont calmes et discrets. C’est par contre cette dame qui m’intrigue. Avec un petit balai de 15 cm de haut, elle nettoie le pourtour de son tabouret posé sur le trottoir. C’est son territoire, son échoppe. Elle vend religieusement et stoïquement des graines de tournesol à minuit. Son âge canonique, sa distinction et sa grâce dévoilent son aristocratie perdue. Est-elle Russe Blanche ou veuve de Général ? Je m’attarde à contempler son manège que ne dérange ni le froid ni la misère. Soudain jaillit une belle jeune dame qui s’assoit en tailleur auprès d’elle. C’est sa fille aux lettres savantes. Elle m’explique que par la vente de ces graines noires sa maman triple le produit de sa pension alimentaire. Les 8 dollars deviennent 24 !

    Un peu plus loin, le spectacle est encore plus poignant. À la force de l’âge, cette jeune maman sur le trottoir depuis des heures semble changée en statue de sel.

    Elle porte à bout de bras un beau gilet de laine blanche qu’elle a soigneusement tricoté durant de longues nuits. Pour  5 petits dollars, j’ai le plaisir de la rendre heureuse et de rentrer avec ce beau gilet. La crise économique est réelle !

    Allons voir cela de plus près

    ECONOMIE MOLDAVE en 2001

    La Moldavie est une des premières victimes de la crise russe. Elle est également sous la dépendance économique du grand voisin roumain qui accentue ainsi les faiblesses internes du pays.

    Avec un PNB (Produit National Brut) de 450 US$ (le 1/7 de la Tunisie et le 1/10 de la Malaisie), la Moldavie est classée 149e sur 244 pays. Le salaire moyen est encore de 20 US$ et de 100$ pour ceux qui arrivent à trouver un job dans une compagnie étrangère. La planche de salut reste l’exode vers le voisin roumain où les salaires peuvent alors décupler selon la spécialité. Si les formalités de sortie n’étaient pas aussi draconiennes, près de la moitié de la population quitterait le pays en un jour. Mitoyenne à notre hôtel, l’ambassade d’Allemagne, la seule chancellerie qui délivre des visas Schengen, voit dès 22h une queue se former pour attendre l’ouverture des guichets consulaires le lendemain à 8h ! Sur dix candidats un seul Moldave aura la chance d’obtenir un visa pour l’oxygène et pour la liberté !

    Une terre noire très riche et un climat plus chaud qu’en Ukraine voisine permettent à la Moldavie des rendements céréaliers élevés.

    Le blé, l’orge, la pomme de terre, le maïs, le raisin et le tabac sont les principales productions du pays. Près d’un million de bovins, de porcs et de moutons forment avec 15 millions de poulets le plus gros du cheptel moldave. La désindustrialisation augmente le chômage et les seuls secteurs rentables situés en Transnistrie voisine ferment leurs portes ! Pour comble de malchance la Russie qui absorbe 60% des exportations moldaves est en crise économique et diminue ses importations. Le déficit commercial atteint 20% du PIB et la récession continue !

    Curieux destin pour un pays qui a commencé son existence sous l’eau il y a des millions d’années, comme vient de le révéler la découverte de récifs de corail au nord du pays !

    Violetta, mon guide aux longues tresses blondes, nous attend pour une toute autre découverte…

                                                                  (à suivre)