09.01.2012
Un vent intégriste en Banlieue ?
Sacrée soirée en banlieue Nord.
Samedi soir. Je quitte mon bureau à 19h 30. Laconique et lessivé.
Route de la Marsa. Des rayures vertes au laser balayent toutes les plaques de voiture et les panneaux de signalisation…

"Hanna Ben Abdeslam Egérie de Lancôme 2012 est bien Tunisienne"
Non ce n’est pas une aurore boréale ni un Green Light du Nord mais peut-être la fatigue qui me joue un tour d’hallucination ou un petit voyou qui s’amuse (avec un stylo laser vert) dans le camion blanc qui me suit et qui ne me lâche pas d’une semelle.
A hauteur du Lac toutes les voitures s’arrêtent. D’un belle Mercedes RS descendent 3 trentenaires en bérets basques à qui il ne manque…qu’une bazooka. Arrêt de la circulation. Arrêt sur image.
Arrivée à Gammarth, avec un voyage dans le temps, avec quatre messieurs.
Un des restos les plus selects ou In… de la Côte. Curieux de le voir attablé farfouillant son ordi. je m’avance vers lui et le salue. C’est un des 3 journalistes tunisiens les plus célèbres de l’année 2011.
Aux quatre personnes que je vais croiser ce soir ma question sera la même. Que pensent-ils de la prise du pouvoir par les urnes du parti islamiste ?
Le premier. Grand et fin disert. Imbus de sois et sûr de lui. Hautain et se voulant populo avec son émission télévisée à très large écoute me répond :
- « Laisser les travailler ! On en parlera dans 6 mois. Ils ont déjà arrêté brillamment la grève de la Manouba en quelques heures et avancent à pas de géant. Je bois ma bière et la vie ne change pas. Donc laissez-les gouverner en paix ! »
- " Si vous avez voté pour Ettakatol, vous avez voté directement pour Enahdha! Quant aux Salafistes extrémistes (ou tenaces) ils ne sont que quelques centaines.... Alors, où est le danger ? Chaque pays a ses radicaux !! "
- Le second, son ami. Profession libérale et nantis : « Bourguiba fut le pire des dictateurs et eux sont démocrates ! Toute autre personne en 1956 aurait fait le même travail que Bourguiba. Il n’a donc aucun mérite.
C’est le parti Enahdha qui a invité le Hamas. Où est le problème ? Peut-être un seul…ils n’ont pas averti l’ambassade palestienne à Tunis ! »
Plus loin, dans un hôtel cossu de Gammarth. Au bar, face à un bel orchestre tunisien d’une jolie chanteuse et d’un guitariste en herbe.
Le premier de mes nouveaux amis du bar. Il vit en Corse depuis 30 ans et veut rentrer et investir au pays. Mais le pouvoir intégriste le freine et pense qu’ils s’en iront très vite car ils ne feront qu’accumuler bêtise sur bêtise. Il espère...
Le second. Jeune industriel de pointe converti dans l’arboriculture : « Ces intégristes nous empoisonneront la vie pendant deux ans au pire et s’en iront très vite. Ils ne sont pas Mandela et sont des revanchards qui en veulent à la Tunisie et aux Tunisiens. Mais, le Tunisien qui a chassé Ben Ali les chassera !!
Un brin de soirée. Entre deux avions. A la sortie tardive du travail. A l’écoute d’une Tunisie qui se perd dans un labyrinthe kafkaïen et crétois, face à une pénible attente du peuple et à la revanche de certains.
En 1697, La jeune épouse éplorée de La Barbe Bleue qui lance à sa sœur le célèbre :
« Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? »
Ce à quoi elle répond dans un premier temps :
« Je ne vois rien que le soleil qui poudroie, et l’herbe qui verdoie » .
…pour gagner du temps, tandis que sa sœur Anne, juchée en haut d’une tour, guette l’arrivée de leurs frères, qui tardent à venir pour empêcher l’exécution, elle ne verrait en 2012 en Tunisie, aucun Soleil qui brille, aucune Union sacrée de la Gauche et du Centre pour les contrecarrer …
L’Histoire est un eternel recommencement ! Ainsi va la vie …
Il est minuit et je laisse mon clavier valser seul sur ses lettres et évoquer ses impressions sur cette soirée insolite avec la rencontre de quatre jeunes Tunisiens issus de deux Mondes si différents !
18:02 Publié dans My Point of View | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : banlieue nord, tunis, ennahdha, extrémisme, liberté
16.01.2011
Face à Machiavel Ben Al Capone
LA RÉVOLUTION DES BRAVES
Ce que la Tunisie est en train de vivre est incroyable et exceptionnel dans notre petite planète bleue !
Un jeune diplôme désabusé de la vie et des injustices administratives s’immole par le feu et tout un pays s’enflamme et affronte polices et milices du dictateur pour libérer le pays. En quatre semaines !
Notre jeunesse découvre soudain une nationalité et un nationalisme : « TUNISIE ».
Bourguiba a sorti le colonisateur français en douceur et n’a pas eu le temps d’insuffler au peuple libéré LE nationalisme.
Ben Ali, a usurpé le pouvoir par un coup d’Etat militaire et n’a pas laissé au peuple l‘occasion de devenir patriote. Il l’a fait entrer dans une religion nouvelle « Le vol et la corruption », par toute sa famille et ses structures étatiques et occultes !
Notre jeunesse éduquée, cultivée, ouverte et courageuse a puisé dans les racines de son histoire s’est lancée dans la rue, en Intifadha, et d’autres ont utilisés le Web et Facebook pour conduire cette révolution, sans peur des balles ni du feu !
Notre jeunesse a écouté le tyran (parole parole… de Dalida) déclarer, il y a quatre jours, qu’il allait créer 300 000 postes de travail en une année (autant que les USA) et a décidé, hier soir, de créer en une seule nuit : 600 000 postes de travail. Ils sont descendus au bas de leurs immeubles ou face à leurs maisons, gourdin en main, malgré le Couvre Feu et l’état de siège, pour stopper les milices sanguinaires laissées actives par Ben Ali !
L’Amérique poursuit deux guerres depuis de longues années, en Afghanistan et en Irak, et échoue aux deux, malgré 500 000 soldats et des milliards de dollars investis!
Sans l’aide de MAM (au nom de Sarko) qui voulait offrir à Ben Ali, la semaine passée, son savoir policier (pour tuer plus de jeunes) et sans aide américaine ou autre, notre jeunesse a levé la tête, bombé le torse et affronté la Rue pour inscrire en lettre de sang « l’INDEPENDANCE DE LA TUNISIE » !
La Tunisie, par un jeune diplômé, immolé devant le Gouvernorat de Sidi Bouzid et par une jeunesse désarmée et assoiffée de liberté, humiliée dans da dignité, affronte à main nue police et milice et a vécu en trois semaines les affres de Gaza et ne s’est pas arrêtée. Hasta la victoria !
A chaque discours de Ben Ali « elle éventrait ses propos » ! Au 3e et dernier discours(en une semaine) elle prend d’assaut les Rues de Tunisie répétant : « Ben Ali dégage » !
Pris de panique, « Machiavel Ben Alcapone », prend la fuite, la queue entre les jambes suivis des 40 voleurs de sa tribu Trabelsite !
Aujourd’hui, trois faits s’imposent :
1/ Cette Révolution des Braves, dite du Jasmin, fera des émules dans un monde arabe et orientale anesthésié par ses dictateurs : de l’Egypte à l’Iran en passant peut-être par l’Algérie, le Maroc, la Lybie el la Jordanie par exemple, pays qui comme l’ex Tunisie de Ben Ali, où les riches sont honteusement plus riches et les pauvres lamentablement plus pauvres!
2/ Il faut avoir le courage de ne pas avoir peur ni de semer la peur ! Avoir le courage de s’unir ! Avoir le courage de continuer la lutte et de stopper les milices, tout en réclamant ouvertures et démocratie tous azimuts !
3/ Il faudrait que notre Tunisie ouvre rapidement ses élections présidentielles, législatives et municipales dans la transparence et aux électeurs de chasser de l’Urne les Diabolitins en herbe ou les Diables déguisés voulant nous conduire dans une nouvelle dictature ! Aucun extrémisme n’aura ni pied ni racine en Tunisie ! Nada ! Jamais !
Foi, gratitude et déférence à notre jeunesse qui saura poursuivre le combat et être digne de notre longue histoire : 3050ans de Carthage et 7060 ans de Capciens par exemple !
VIVE LA TUNISE
VIVE NOTRE JEUNESSE
Continuons notre lutte civilisée dans l’esprit de Bourguiba. Avec courage et abnégation !
12:40 Publié dans My Point of View | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note | Tags : tunisie, tunisia, liberté, révolution
31.03.2010
Voyager après "SEPTEMBER ELEVEN"
Les pays ou le Tunisien peut voyager sans visa
Le SEPTEMBER ELEVEN a définitivement partagé le monde en deux !
Les « autorisés à vivre et à voyager » et « les Autres » qui représentent 80% de la population mondiale !
N’a pas un passeport US, canadien, suisse, australien ou Schengen qui veut, mais qui peut !

Sur la liste des 247 pays et Territoires du CIGV, un citoyen tunisien a aujourd’hui (déjà) la possibilité de visiter une soixantaine de ces 247 pays sans visa ou simplement il aura le droit de demander un visa d’entrée à l’arrivée du pays lointain : Népal ou Maldives par exemple !
Malheureusement, pour d’autres pays, un visa ne suffira pas il en faudra deux ! Oui deux ! Prenons ces cas précis du Groenland ou des DOM (Départements d’Outre Mer) français : il faudra obtenir :
- Un visa Schengen au préalable, puis :
- Un visa DOM TOM ou un visa Groenland (dépendance danoise)
Ne parlons des pays où l’attente d’un visa peut durer 3 mois et où le plus proche Consulat est à 2 ou 3 heures d’avion de la Tunisie ! Visa pour l’Australie par exemple !
AFRIQUE

AMERIQUE




23:00 Publié dans My Point of View | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : visa, visas, vizzzzzzas, prison, liberté
08.04.2008
Périple africain (1)
DAKAR
Capitale de l’A.O.F.

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Dakar. (Janvier 1986). Après une escale d’une heure à Casablanca, notre avion à la gazelle ailée continue son vol Tunis-Dakar dans un ciel bleu et dégagé. Attendu pour la première activité à un congrès africain Kiwanis, je vois à la descente même de la passerelle une pancarte avec ce nom d’organisme...
On me prend rapidement hors des passagers pour me conduire au salon ... Le responsable du PNUD, Salif N’Diaye ne cessant de m’appeler Monsieur Kimanis au lieu de Kiwanis... finit par comprendre « notre » erreur mutuelle. Il ne restait plus qu’à rejoindre le groupe kiwanien qui m’attendait à l’aéroport au grand complet et dans une allégresse bien africaine et amicale. Le charme du voyage ne fait que commencer !
Avant d’attaquer mes deux congrès dakarois, mes amis me proposent la visite de l’île de Gorée, pour pénétrer directement l’âme africaine du pays.
Mon guide de la banque BCEAO range soigneusement sa voiture au parking de cet embarcadère, tout en glissant la pièce à un gamin à l’œil complice et à la main agile...pour retrouver à son retour, les essuie- glaces de la belle Mercedes à leur place !
Dans les parages de ce port que j’ai admiré la veille du haut de l’hôtel indépendance furètent des vendeurs de toutes sortes. Ces parages portuaires sont riches en « rats du port » qui sont des jeunes pseudo- ouvriers qui savent délester certaines marchandises à quai... pour les vendre sur les trottoirs de Dakar. Chacun est gagnant est l’on ferme l’œil ! Le soir, tout le monde se retrouvera au quartier de la « Gueule Tapée ».
Nous sommes ici en pleine péninsule du Cap Vert, sur un éperon rocheux en saillie sur l’Océan Atlantique. A l’emplacement d’un village de pêcheurs fut fondée en 1857 la ville de Dakar, pour devenir d’abord en 1902 capitale de l’A.O.F. (Afrique Occidentale Française), puis en 1958 capitale du Sénégal. Nous y reviendrons.
Une chaloupe embarque quelques deux cents personnes pour une traversée d’une vingtaine de minutes, vers l’île de Gorée.
La seconde guerre mondiale a fait plus de vingt millions de victimes. Mais la traite des esclaves, transitant de cette île de Gorée et des capitales africaines voisines pour le nouveau continent aura fait près de 38 millions de morts et disparus ... et on l’oublie.
Une île microscopique d’un autre monde et âge baigne dans un manteau de calme, d’ombrages fleurie et de quiétude.
Les négriers
A trois kilomètres de Dakar, vivaient 6000 personnes dont 5000 esclaves sur un îlot de 16 hectares. Cet îlot est le patrimoine de millions d’âmes disparues. En 1444 des navigateurs portugais découvrirent ce fortin naturel à forme incurvée.
Un magnifique abri pour mouillage de navires. Les Hollandais suivirent en installant une base navale et en conséquence une plaque tournante importante pour le commerce des esclaves. L’appellation hollandaise de cette île fut Goede Reede (bonne rade), simplifiée en Gorée par la suite. Les Anglais et les Français prirent la relève des Hollandais jusqu’en 1848, date de l’abolition de l’esclavage. Abolition sur papier, hélas, puisque du Golfe Arabique au désert de Mauritanie, l’esclavage végéta encore pour ne pas voir une fin officielle aux confins de ce dernier pays qu’il y a10 ans à peine.
Nous avançons lentement à travers une petite ruelle grimpante. Une grosse dame noire est assise au seuil d’un édifice ocre au jardin fleuri. C’est la responsable de cette abbaye perdue. Les lunettes suspendues au nez, elle lit avec calme et profondeur un récit des siècles passés, ces mêmes siècles qui ont vu ses ancêtres quitter l’île de Gorée sur de macabres négriers.
Nous arrivons enfin à la « Maison des Esclaves », devenue un musée bien vivant. Pour la énième fois de cette semaine, ce noble conservateur noir se lance dans une tragique description de la traite des Nègres qui a fait de Gorée un super Auschwitz ou Dachau... Tous les murs de ce vide musée composé de cachots de toutes sortes sont tapissés de feuilles écrites à la main en hommages aux disparus.
Avec mon guide, je grimpe vers la « Porte de la Mort »... je saute cette porte pour tomber deux mètres plus bas sur de grosses pierres noires que viennent lécher les vagues de l’Océan Atlantique. Ce sont ces mêmes pierres noires qui ont vu se fracasser plus d’un crâne humain à chaque départ de navire vers le continent américain.
Le nègre enlevé de sa contrée lointaine et amené à Gorée, a encore une dernière chance de ne pas aller péniblement croupir, moisir et mourir sur les bateaux négriers, à l’instar du tiers des passagers.Ce nègre préfère se fracasser le crâne sur ces pierres noires qui rougiront l’Atlantique. Cette « Maison des Esclaves » qui a vu partir 600 000 fils d’Afrique, embarqués sur des navires négriers, respire par tous ses pores l’esclavage, la traite, l’indignité, la souffrance, la dégradation, les larmes et la mort.
Charles Quint et le prêtre Las Casas qui, en 1517, lancèrent dans le monde la traite des esclaves noirs, doivent aujourd’hui se retourner dans leur tombe en ayant fait un total de 38 millions de victimes humaines.
On vendait des hommes qu’on prétendait barbares en les troquant contre des produits venus d’Europe, comme les armes,l’alcool, le cuivre, les tissus et certaines pacotilles. Les esclaves qui ne mouraient pas dans leur funèbre cargo arrivaient en Amérique alourdis par leurs chaînes et boulets et amaigris par plus de 60 jours de traversée.
Les crapuleux négriers poussaient le vice à trier les races quottées, à savoir les Yoroubea de l’ouest du Nigeria et de l’est du Bénin ainsi que les Mandingues du Sud Sénégal, de la Gambie et du Mali. Avec ces races, le vil négrier était sûr d’avoir choisit le bon nègre qui partirait en Amérique pour la construction de ce continent nouveau.
@ suivre
15:35 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : dakar, senegal, colonies, afrique, liberté, usa, misere









