08.04.2008

Périple africain (1)

DAKAR

Capitale de l’A.O.F.

 

 

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 .

Dakar. (Janvier 1986). Après une escale d’une heure à Casablanca, notre avion à la gazelle ailée continue son vol Tunis-Dakar dans un ciel bleu et dégagé. Attendu pour la première activité à un congrès africain Kiwanis, je vois à la descente même de la passerelle une pancarte avec ce nom d’organisme...

 

 

On me prend rapidement hors des passagers pour me conduire au salon ... Le responsable du PNUD, Salif N’Diaye ne cessant de m’appeler Monsieur Kimanis au lieu de Kiwanis... finit par comprendre « notre » erreur mutuelle. Il ne restait plus qu’à rejoindre le groupe kiwanien qui m’attendait à l’aéroport au grand complet et dans une allégresse bien africaine et amicale. Le charme du voyage ne fait que commencer !

 

Avant d’attaquer mes deux congrès dakarois, mes amis me proposent la visite de l’île de Gorée, pour pénétrer directement l’âme africaine du pays.

Mon guide de la banque BCEAO range soigneusement sa voiture au parking de cet embarcadère, tout en glissant la pièce à un gamin à l’œil complice et à la main agile...pour retrouver à son retour, les essuie- glaces de la belle Mercedes à leur place !

Dans les parages de ce port que j’ai admiré la veille du haut de l’hôtel indépendance furètent des vendeurs de toutes sortes. Ces parages portuaires sont riches en « rats du port » qui sont des jeunes pseudo- ouvriers qui savent délester certaines marchandises à quai... pour les vendre sur les trottoirs de Dakar. Chacun est gagnant est l’on ferme l’œil ! Le soir, tout le monde se retrouvera au quartier de la « Gueule Tapée ».

Nous sommes ici en pleine péninsule du Cap Vert, sur un éperon rocheux en saillie sur l’Océan Atlantique. A l’emplacement d’un village de pêcheurs fut fondée en 1857 la ville de Dakar, pour devenir d’abord en 1902 capitale de l’A.O.F. (Afrique Occidentale Française), puis en 1958 capitale du Sénégal. Nous y reviendrons.

Une chaloupe embarque quelques deux cents personnes pour une traversée d’une vingtaine de minutes, vers l’île de Gorée.

La seconde guerre mondiale a fait plus de vingt millions de victimes. Mais la traite des esclaves, transitant de cette île de Gorée et des capitales africaines voisines pour le nouveau continent aura fait près de 38 millions de morts et disparus ... et on l’oublie.

Une île microscopique d’un autre monde et âge baigne dans un manteau de calme, d’ombrages fleurie et de quiétude.

Les négriers

A trois kilomètres de Dakar, vivaient 6000 personnes dont 5000 esclaves sur un îlot de 16 hectares. Cet îlot est le patrimoine de millions d’âmes disparues. En 1444 des navigateurs portugais découvrirent ce fortin naturel à forme incurvée.


Un magnifique abri pour mouillage de navires. Les Hollandais suivirent en installant une base navale et en conséquence une plaque tournante importante pour le commerce des esclaves. L’appellation hollandaise de cette île fut Goede Reede (bonne rade), simplifiée en Gorée par la suite. Les Anglais et les Français prirent la relève des Hollandais jusqu’en 1848, date de l’abolition de l’esclavage. Abolition sur papier, hélas, puisque du Golfe Arabique au désert de Mauritanie, l’esclavage végéta encore pour ne pas voir une fin officielle aux confins de ce dernier pays qu’il y a10 ans à peine.

Nous avançons lentement à travers une petite ruelle grimpante. Une grosse dame noire est assise au seuil d’un édifice ocre au jardin fleuri. C’est la responsable de cette abbaye perdue. Les lunettes suspendues au nez, elle lit avec calme et profondeur un récit des siècles passés, ces mêmes siècles qui ont vu ses ancêtres quitter l’île de Gorée sur de macabres négriers.

Nous arrivons enfin à la « Maison des Esclaves », devenue un musée bien vivant. Pour la énième fois de cette semaine, ce noble conservateur noir se lance dans une tragique description de la traite des Nègres qui a fait de Gorée un super Auschwitz ou Dachau... Tous les murs de ce vide musée composé de cachots de toutes sortes sont tapissés de feuilles écrites à la main en hommages aux disparus.

Avec mon guide, je grimpe vers la « Porte de la Mort »... je saute cette porte pour tomber deux mètres plus bas sur de grosses pierres noires que viennent lécher les vagues de l’Océan Atlantique. Ce sont ces mêmes pierres noires qui ont vu se fracasser plus d’un crâne humain à chaque départ de navire vers le continent américain.

Le nègre enlevé de sa contrée lointaine et amené à Gorée, a encore une dernière chance de ne pas aller péniblement croupir, moisir et mourir sur les bateaux négriers, à l’instar du tiers des passagers.Ce nègre préfère se fracasser le crâne sur ces pierres noires qui rougiront l’Atlantique. Cette « Maison des Esclaves » qui a vu partir 600 000 fils d’Afrique, embarqués sur des navires négriers, respire par tous ses pores l’esclavage, la traite, l’indignité, la souffrance, la dégradation, les larmes et la mort.

Charles Quint et le prêtre Las Casas qui, en 1517, lancèrent dans le monde la traite des esclaves noirs, doivent aujourd’hui se retourner dans leur tombe en ayant fait un total de 38 millions de victimes humaines.

On vendait des hommes qu’on prétendait barbares en les troquant contre des produits venus d’Europe, comme les armes,l’alcool, le cuivre, les tissus et certaines pacotilles. Les esclaves qui ne mouraient pas dans leur funèbre cargo arrivaient en Amérique alourdis par leurs chaînes et boulets et amaigris par plus de 60 jours de traversée.

Les crapuleux négriers poussaient le vice à trier les races quottées, à savoir les Yoroubea de l’ouest du Nigeria et de l’est du Bénin ainsi que les Mandingues du Sud Sénégal, de la Gambie et du Mali. Avec ces races, le vil négrier était sûr d’avoir choisit le bon nègre qui partirait en Amérique pour la construction de ce continent nouveau.

@ suivre

30.07.2007

Une croix blanche (8)

hôpital 

mISERE, DETRESSE

ET 

abdication

 .

Cette matinée est à marquer d’une croix blanche. Dans ma vie de bourlingueur, de voyageur et d’aventurier, j’ai croisé plus d’une fois madame misère, à l’instar de ma première léproserie à l’âge de vingt ans à l’île de Moorea, au large de Tahiti.  Un choc qui, à ce jour, me fait trembler d’effroi et de peine.

Ces mains transformées en menottes, ces jambes en cul de jatte et ces visages en parchemin déformé, formèrent et hantèrent durant de longues années mes cauchemars.

Ce matin, notre guide des Affaires étrangères nous dépose à l’hôpital régional de Bissau. Ici la misère humaine dépasse hélas la fiction pour sombrer dans la réalité. Imaginez une ancienne caserne portugaise aux murs épais et délabrés où la forêt vierge a envahi chaque pouce de terrain. Imaginez des salles- hangars où le seul luxe offert aux malades est une banquette branlante des années cinquante. Imaginez une odeur pestiférée qui pénètre vos narines, envahit vos poumons et s’incruste à tout jamais dans vos neurones. Imaginez des centaines de patients jonchés à même le sol face à ces bâtiments trop pleins. Le premier s’arc-boute à sa mère, le second s’attache à son père, le troisième aux yeux rouges de fièvre et au teint blafard abandonne sa tête sur un tronc d’arbre. Le spectacle est saisissant et chaque cas humain est une horrible page de vie. Une misère noire dans un pays bien noir où les noirs loin d’être rois sont les sujets de sa majesté Maladie.

Arrive monsieur Juanito, un stéthoscope autour du cou. Sa blouse fut, un jour, blanche, son regard a dû briller un soir et son sourire est hélas resté au vestiaire de l’hôpital.

Monsieur le directeur de l’hôpital commence une visite en allemand châtié, ancien diplômé de la DDR (ancienne république de l’Allemagne de l’Est), il croule aujourd’hui sous la chape de la honte, de l’oubli et de la maladie. Comment oublier, dans la salle B, le trésor du docteur Juanito. Là, trône au centre d’une pièce grise les trois instruments les plus modernes de cet hôpital de Bissau : un vieil appareil de radiographie, deux stéthoscopes jeunes de dix ans et une balance roverbal pour peser je ne sais quelle famine. Où sont les scanners, IRM, échographes et simples chaises roulantes qui meublent, aujourd’hui, la totalité des hôpitaux des pays qu’on appelle occidentaux ?

Pedro, un rachitique malade de 40 ans tourne de l’œil devant nous et s’affale à même le sol.

Son regard est révulsé et sa maigreur moribonde. L’infirmière bien en chair toute de rouge vêtue lui jette un regard réprobateur et l’enjambe sans autre formalité. Moi-même, qui suis pourtant habitué à tant de misère humaine et aux malades que je côtoie dans ma profession, je me retiens de ne pas succomber à la nausée, à l’étourdissement et aux cris de rage vis-à-vis des responsables du pays qui gardent secret le pétrole qui serait pourtant le grand bienvenu.

Puissent un jour les Grands voyageurs du monde rassembler un demi million de dollars et les confier par exemple à notre cher Cigéviste et chirurgien bénévole le professeur Nardo Jardina. Nardo, qui a l’expérience des hôpitaux africains saura quitter pour un certain temps ses douces cliniques de Bologne, attraper ce vœu au vol et honorer peut-être l’espoir des Grands voyageurs, de doter Bissau d’une clinique nouvelle qui sauverait peut être des centaines, voire des milliers de vies humaines.

Par la voie d’Astrolabe, Nardo cet SOS t’es lancé ! Pense à notre campagne pour le Tsunami où nous avons récolté 78 000 euros en quelques jours à peine…

 

à suivre: Un curieux Resto-couloir-jardin-

23.01.2007

DES FLEURS ET DES COURONNES MOLDAVES

450 US$ de PNB par tête et par an

4e escale moldave! Imaginez une charrette tirée par un bœuf noir et suivie d’une foule toute de noir vêtue. Imaginez dans un cercueil le visage dévoilé de la vieille défunte et vous ferez partie du cortège funèbre. Des fleurs et des couronnes ornent la charrue.

Le cimetière est sobre et sordide et me rappelle ma guerre de Bosnie-Herzégovine et ses tombes de Sarajevo où gisent des dizaines de jeunes soldats ravis à la fleur de l’âge. Notre retour sera plus long et le chemin des écoliers nous offre d’autres magnifiques paysages à travers une forêt de pins  gigantesques où se lovent, ça et là, de beaux petits chalets tout de rouge vêtus !

La soirée se termine sur les boulevards de Chisinau. Dans un vieux troquet, la préposée au bar, plantureuse et joviale, nous tend une bière, un canapé de jambon et une salière.

À chacun sa coutume. Affalés sur leurs tables, les clients semblent causer avec leurs bières, perdus dans de légères vapeurs éthyliques. La nuit ne freine pas le commerce. Pour ce chapelier ayant pignon sur rue, le premier client risque d’être pour demain. Les passants sont calmes et discrets. C’est par contre cette dame qui m’intrigue. Avec un petit balai de 15 cm de haut, elle nettoie le pourtour de son tabouret posé sur le trottoir. C’est son territoire, son échoppe. Elle vend religieusement et stoïquement des graines de tournesol à minuit. Son âge canonique, sa distinction et sa grâce dévoilent son aristocratie perdue. Est-elle Russe Blanche ou veuve de Général ? Je m’attarde à contempler son manège que ne dérange ni le froid ni la misère. Soudain jaillit une belle jeune dame qui s’assoit en tailleur auprès d’elle. C’est sa fille aux lettres savantes. Elle m’explique que par la vente de ces graines noires sa maman triple le produit de sa pension alimentaire. Les 8 dollars deviennent 24 !

Un peu plus loin, le spectacle est encore plus poignant. À la force de l’âge, cette jeune maman sur le trottoir depuis des heures semble changée en statue de sel.

Elle porte à bout de bras un beau gilet de laine blanche qu’elle a soigneusement tricoté durant de longues nuits. Pour  5 petits dollars, j’ai le plaisir de la rendre heureuse et de rentrer avec ce beau gilet. La crise économique est réelle !

Allons voir cela de plus près

ECONOMIE MOLDAVE en 2001

La Moldavie est une des premières victimes de la crise russe. Elle est également sous la dépendance économique du grand voisin roumain qui accentue ainsi les faiblesses internes du pays.

Avec un PNB (Produit National Brut) de 450 US$ (le 1/7 de la Tunisie et le 1/10 de la Malaisie), la Moldavie est classée 149e sur 244 pays. Le salaire moyen est encore de 20 US$ et de 100$ pour ceux qui arrivent à trouver un job dans une compagnie étrangère. La planche de salut reste l’exode vers le voisin roumain où les salaires peuvent alors décupler selon la spécialité. Si les formalités de sortie n’étaient pas aussi draconiennes, près de la moitié de la population quitterait le pays en un jour. Mitoyenne à notre hôtel, l’ambassade d’Allemagne, la seule chancellerie qui délivre des visas Schengen, voit dès 22h une queue se former pour attendre l’ouverture des guichets consulaires le lendemain à 8h ! Sur dix candidats un seul Moldave aura la chance d’obtenir un visa pour l’oxygène et pour la liberté !

Une terre noire très riche et un climat plus chaud qu’en Ukraine voisine permettent à la Moldavie des rendements céréaliers élevés.

Le blé, l’orge, la pomme de terre, le maïs, le raisin et le tabac sont les principales productions du pays. Près d’un million de bovins, de porcs et de moutons forment avec 15 millions de poulets le plus gros du cheptel moldave. La désindustrialisation augmente le chômage et les seuls secteurs rentables situés en Transnistrie voisine ferment leurs portes ! Pour comble de malchance la Russie qui absorbe 60% des exportations moldaves est en crise économique et diminue ses importations. Le déficit commercial atteint 20% du PIB et la récession continue !

Curieux destin pour un pays qui a commencé son existence sous l’eau il y a des millions d’années, comme vient de le révéler la découverte de récifs de corail au nord du pays !

Violetta, mon guide aux longues tresses blondes, nous attend pour une toute autre découverte…

                                                              (à suivre)

18.01.2007

MOLDAVIA (2)

Ni Rom ni Gitans

Une voiture privée des années cinquante, d’origine russe, noire comme du vieux charbon, se faufile dans les ruelles sombres qui séparent la ville de l’aéroport. Puis les avenues  se font plus larges, les arbres majestueux, les façades plus « époque de Tsars » et un rai de lumière diffuse sous certains porches.

À l’orée d’une forêt, deux jeunes soldats arrêtent notre véhicule et nous ouvrent bien vite la barrière de bois rouge. C’est enfin le Jolly-Alon. Le sourire de Marianne qui se frotte les yeux de sommeil et d’incrédulité me remet de bonne humeur. Mon baluchon rapidement jeté sur mon lit et ma veste chaude enfilée, je dévale l’escalier pour rejoindre la sortie. Deux jeunes gardes taciturnes me barrent l’entrée et me ramènent vers Marianne. Douce et quelque peu intimidée, elle fait tout pour me dissuader. La raison du Voyageur ignore souvent la raison et le discours de ma nouvelle amie n’aura pas d’effet. Pour préserver ma vie, il est impérativement recommandé de ne pas sortir seul après 22 heures et surtout de ne pas traverser le parc  d’en face. Traversant à pas rapides ce parc majestueux et chantant à tue-tête, je me retrouve rapidement sur un grand boulevard où je retrouve  un zeste de Minsk en Biélorussie et un parfum sordide de Kiev en Ukraine, by night. Ce que l’URSS a pu construire d’augustes bâtisses, de grands boulevards et d’arcs de triomphe dans ce pays !

La ville n’est pas déserte. Elle est drapée d’une lumière voilée et d’un froid glacial. Soudain, un rire nerveux et enfantin me surprend. Ils sont dix ou même quinze. Ils ont moins de 12 ans et sont assis à même le sol.  

Les pupilles en mydriase et le nez rouge leur donnent un air de jeunes ivrognes. Ce n’est ni le gin ni la vodka qui les émèchent mais une sordide et curieuse bouteille de plastique blanche. Ce ne sont ni Rom ni des Gitans mais de jeunes Moldaves pauvres et abandonnés. En « sniffant » la colle, ils oublient la misère de leurs douze ans ! Les histoires de la télévision sont bien des réalités. Hélas.

Plus loin, une baraque de 2 m2 vend de froides saucisses et des graines de tournesol éclairées par une lampe à huile. Plus loin encore, je suis hélé par un jeune soldat de 20 ans. Sa chaude « chapska » et son manteau de laine épaisse ne cachent ni son gros furoncle au cou, ni la misère qui hante son regard, ni encore sa solde de 20 US$ par mois, à l’instar des ouvriers du pays. Il quémande une cigarette à un non-fumeur. Quand la chance fait défaut... Deux autres soldats chétifs et hirsutes montent la garde devant une façade baroque par ce froid de canard. Une grande plaque de bronze indique l’ambassade de Hongrie.

Près d’une heure de marche à vive allure et je retraverse mon parc en évitant les drogués et leurs lames alertes !

HISTOIRE MOLDAVE

La dynastie moldave ou le Bessarab s’étend sur la rive ouest du Dniestr (Nistru) qui le sépare de l’Ukraine et portait, au gré du temps, entre 1367 et 1944, le nom de Bessarabie.  

Ce pays s‘étend jusqu’à la rive de l’autre fleuve de la région, le Prout, qui la sépare de la Roumanie. Au XIVe siècle les Turcs s’emparent de la Bessarabie et l’occupent jusqu’en 1812, date de son premier rattachement à la Russie par le traité de Bucarest. Potemkine le célèbre ami de Catherine La Grande, redonne à la Moldavie son ancien nom de Bessarabie.

Quarante ans plus tard la Roumanie voisine occupe le pays. En 1878 la guerre russo-turque donnera le jour à une très brève indépendance puis à une fusion de la Bessarabie avec la Roumanie. C’est l’époque d’Eminescu, le Goethe moldave (1840-1879) dont la statue est aujourd’hui à l’entrée du parc principal de la capitale et qui rassemble les amoureux de Chisinau sous son regard amusé.

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, le pays fera partie de la République fédérée d’Ukraine, qui perdra le Nord de la Bessarabie en 1940. C’est ce qu’attendait la Roumanie pour reprendre ce petit pays et la Transnistrie pendant quatorze autres années et le céder enfin à l’URSS. Ce ballottage historique d’un pays enclavé se termine par une indépendance étriquée en 1991. Pour le malheur de ce petit pays de 33 700 Km2 et de 4,3 millions d’habitants, les russophones déclarent la région de Transnistrie autonome, tout comme la Gagaouzie qui se sépare de la République de Moldavie qui perd ainsi son nom de Bessarabie. 200 000 habitants peuplent les 1 800 Km2 de la Gagaouzie et parlent turc tout en étant chrétiens. A Komrat la capitale, un gouvernement déclare en 1990 une république autonome au grand dam de la République de Moldavie ainsi amputée. Le même scénario se répète au sud-est avec la Transnistrie et ses 750 000 habitants vivant sur 5 000 Km2 qui s’autoproclame république de la rive gauche du Dniestr. Un pays créé de toutes pièces par les Russes, comme de partout sur l’ancien territoire de l’URSS : les guerres de Tchétchénie, du Nagorny-Karabach, le Nakhitchevan, etc.

Nous voilà donc avec une Moldavie sans tête ni pieds et trois gros problèmes: plus de passage au Sud vers la mer Noire, au nord la Gagaouzie dans la région des Carpates et au sud-est cette turbulente Transnistrie, le tristement célèbre bastion du 14e régiment russe, qui se proclame indépendante et tue l’industrie moldave.

Ainsi dépecée, la Moldavie vit par la grâce de Dieu, la force de ses chefs et par la présence certaine d’une forte maffia (dite russe) qui détient plus d’un pouvoir dans un pays habitué à près de 70 ans de soumission et d’obéissance!

Tout cela explique l’usage du roumain et du russe comme langues véhiculaires du pays. Le dit moldave n’est autre que le roumain et le gagaouze est une langue turque avec des caractères grecs. Le flux et le reflux de l’histoire ne sont pas étrangers à ce mélange linguistique. Ce même mélange donne, du point de vue physionomique, une beauté féminine qui a peu de concurrents dans cette partie du monde. Imaginez un pays un peuple à 65% d’origine roumaine, 25% russe, 3% gagaouze et 2% bulgare et vous comprendrez que les dames Moldaves sont ont le port fier et altier, le sourire permanent et une simplicité qui confine à l’élégance et à l’amabilité !

Allons maintenant à la découverte de l’Autre, de l’aborigène, de l’autochtone, ses us et ses coutumes si lointaines….en passant par les caves de Cricova !

(A suivre)